Revue de presse sanitaire · 24 octobre 2026
Alerte dermatologique : Le mélanome acral, ce cancer insidieux trop souvent confondu avec une simple verrue
Souvent méconnu du grand public, le mélanome lentigineux acral est une forme rare de cancer cutané qui se développe sur des zones inattendues : la paume des mains, la plante des pieds ou sous les ongles. En raison de sa localisation et de son apparence parfois trompeuse, ce type de mélanome est fréquemment confondu à tort avec une verrue, une callosité, une mycose ou un simple hématome. Ce retard diagnostique initial pèse lourdement sur le pronostic des patients.
Par Africa Medical Data
Reconnaître les signes d'alerte : Quand faut-il s'inquiéter ?
Les experts soulignent la nécessité d'une vigilance accrue face à toute lésion inhabituelle des extrémités. Plusieurs signaux d'alarme doivent motiver une consultation dermatologique rapide :
L'apparition d'une nouvelle tache (macule ou plaque) sur la plante du pied ou la paume de la main présentant une asymétrie, des contours irréguliers et plusieurs teintes (noir, bleu, rouge).
Une lésion persistante qui change rapidement d'aspect, devient nodulaire, démange, saigne, s'ulcère ou provoque des douleurs.
Une lésion amélanotique (sans couleur prononcée) simulant un cor ou une verrue plantaire mais qui ne guérit pas malgré les soins habituels.
Au niveau des ongles, la présence d'un pigment sous-unguéal formant une bande longitudinale irrégulière, associée à une dystrophie de l'ongle ou à une extension de la pigmentation sur la peau environnante (connu sous le nom de signe de Hutchinson).

Les erreurs à éviter absolument
Face à une lésion plantaire ou palmaire persistante, il ne faut jamais appliquer de traitements kératolytiques, de cryothérapie, de curetage ou de remèdes anti-verrues sans avis médical. Ces gestes inadaptés risquent de brûler ou de modifier l'aspect de la lésion, retardant ainsi considérablement le diagnostic d'un éventuel mélanome.
Le diagnostic de certitude repose impérativement sur un examen dermatologique muni d'une dermoscopie, suivi d'une confirmation par analyse histopathologique (biopsie ou exérèse). En raison de la complexité anatomique de ces zones, une relecture des cas difficiles par un dermatopathologiste expérimenté est vivement conseillée pour évaluer précisément l'épaisseur de la tumeur (indice de Breslow).
Une prise en charge thérapeutique modernisée
Le traitement de première intention d'une lésion localisée repose sur une exérèse chirurgicale minutieuse planifiée pour préserver la fonction plantaire et guidée par l'épaisseur de Breslow. Une discussion en réunion pluridisciplinaire permet d'évaluer l'opportunité d'une stadification, notamment par biopsie du ganglion sentinelle.
Pour les stades avancés, métastatiques ou à haut risque, la prise en charge a connu des avancées majeures ces dernières années, s'éloignant des protocoles historiques obsolètes. Les recommandations internationales actuelles intègrent l'utilisation des immunothérapies (telles que le pembrolizumab ou le nivolumab) ainsi que des thérapies ciblées par inhibiteurs de BRAF et MEK lorsque les analyses moléculaires mettent en évidence une mutation spécifique (comme BRAF V600).
Une surveillance rigoureuse et une prise en charge précoce restent les meilleures armes pour contrer la dangerosité de ce cancer cutané.
Sources
- Étude clinique et revue bibliographique (PMC10882087)
- Recommandations de l'ESMO pour le mélanome cutané
- Publications et revues spécialisées (Annals of Oncology)
- Programme National de Lutte contre le Cancer (NCI PDQ
- Directives de l'American Academy of Dermatology (AAD)
- Base de données biomédicales (StatPearls / NCBI)
- Base de données dermatologiques (DermNet NZ)