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Revue de presse sanitaire · 20 octobre 2026

Analyse approfondie : Connaissance d'Ebola et acceptation du vaccin en République démocratique du Congo

Publié en octobre 2026 sur medRxiv, l'article dirigé par Sydney Merritt, Jason Kindrachuk et Anne W. Rimoin fournit une radiographie précieuse des perceptions et de l'acceptabilité de la vaccination contre Ebola à travers l'ensemble des 26 provinces de la République démocratique du Congo (RDC). Cette étude revêt une importance stratégique majeure alors que le pays fait face à une flambée épidémique historique liée au virus Bundibugyo (BDBV).

Par Africa Medical Data

1. Méthodologie et profil de la cohorte nationale

  • L'étude repose sur une analyse transversale menée entre décembre 2023 et février 2024 auprès de 5 062 participants adultes ayant répondu de manière complète à l'enquête (sur 5 226 contacts initiaux).

  • L'échantillon couvre l'ensemble des 26 provinces de la RDC, avec une forte représentation des professionnels de santé (HCWs), qui constituaient la cible principale de l'enquête (55,4 % des répondants).

  • L'âge médian des participants était de 42 ans (écart interquartile : 35-51), avec une prédominance masculine (79,4 %), et une répartition équilibrée entre milieux urbains (50,4 %) et ruraux (49,6 %).

2. Adhésion nationale et disparités provinciales marquées

  • À l'échelle nationale, l'acceptabilité globale du vaccin contre Ebola s'établit à 79,0 % (3 998 répondants favorables), tandis que 884 participants n'ont exprimé aucun intérêt et 180 ont déclaré ne pas connaître la maladie.

  • L'adhésion varie de manière significative selon les provinces ($p < 0.05$). Les taux les plus élevés sont observés dans les provinces de la Tshuapa (92,1 %), du Haut-Uélé (92,0 %), de la Mongala (90,8 %) et du Haut-Katanga (90,5 %).

  • À l'inverse, les taux les plus faibles se concentrent dans le Kongo Central (47,6 %) et le Sud-Ubangi (55,2 %).

  • Dans les provinces les plus lourdement touchées par l'épidémie actuelle de Bundibugyo (Ituri, Nord-Kivu et Haut-Uélé), l'acceptation dépasse le seuil des 75 %.

  • Concernant la connaissance de la maladie, la province du Sankuru se distingue par la proportion la plus élevée de répondants déclarant ignorer l'existence d'Ebola (35,4 %), signalant un besoin crucial d'information ciblée.

3. Déterminants sociodémographiques et comportementaux de l'acceptation

  • Profession : Les professionnels de santé affichent le taux d'adhésion le plus élevé (85,0 %), alors que les leaders religieux (60,7 %) et les personnes sans emploi (62,9 %) enregistrent les taux les plus bas.

  • Zone géographique : Les résidents des zones rurales présentent une acceptabilité significativement supérieure à celle des citadins (82,6 % contre 75,4 %, $p < 0.05$).

  • Historique vaccinal : L'acceptation du vaccin Ebola est fortement corrélée à l'adhésion vaccinale antérieure : elle atteint 81,7 % chez les personnes ayant déjà reçu un vaccin contre la COVID-19, contre seulement 61,2 % chez les non-vaccinés contre la COVID-19.

  • État de santé : Les personnes ne déclarant aucune affection chronique ou immunosuppression affichent une adhésion supérieure (80,2 %) comparativement aux patients présentant des comorbidités (68,4 %).

4. Implications pour la riposte sanitaire

  • Alors que la RDC déploie 70 000 doses de vaccin ERVEBO (dont 20 000 réservées à l'essai clinique de Phase 3 BRAVO pour les travailleurs de première ligne et 50 000 pour le personnel soignant) pour évaluer la protection croisée contre le virus Bundibugyo, ces données soulignent la nécessité d'une stratégie de terrain décentralisée.

  • Les campagnes de vaccination et de sensibilisation ne peuvent ignorer les disparités provinciales et les poches de méfiance ou de méconnaissance (telles que relevées au Kongo Central ou au Sankuru), sous peine de compromettre l'efficacité opérationnelle des interventions d'urgence.

Sources

  1. medRxiv (19 octobre 2026)