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Alerte sanitaire · 3 octobre 2026

Épidémie d'Ébola à virus Bundibugyo en RDC : Plus de 6 700 cas confirmés et un bilan mortel franchissant la barre des 3 200 décès

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à la plus vaste épidémie d'Ébola de son histoire. Provoquée par l'espèce Bundibugyo, la maladie continue de s'étendre dans l'est du pays sur fond de crise humanitaire et sécuritaire, atteignant désormais six provinces et menaçant la stabilité sanitaire régionale.

Par Africa Medical Data

Un bilan sanitaire critique et une expansion géographique continue

Selon le dernier bulletin épidémiologique de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) daté du 10 septembre 2026, la situation sanitaire liée au virus Bundibugyo s'est considérablement aggravée en RDC. Au 7 septembre 2026, le pays recensait un cumul de 6 757 cas confirmés et 3 267 décès, soit un taux de létalité brut de 48,3 %. À ce jour, 1 590 patients ont pu guérir.

L'épidémie touche désormais 61 zones de santé réparties sur six provinces :

  • Ituri : Épicentre de l'épidémie avec 5 406 cas confirmés à elle seule.

  • Nord-Kivu : Deuxième province la plus touchée avec 1 066 cas, enregistrant un taux de létalité particulièrement élevé de 65,4 %. La zone de santé de Kayna est la dernière à avoir notifié des cas.

  • Tshopo, Haut-Uélé, Bas-Uélé et Sud-Kivu complètent la liste des provinces affectées.

À l'échelle internationale, l'épidémie a donné lieu à des cas d'importation ou de transmission transfrontalière, notamment en Ouganda (20 cas confirmés et 2 décès) et en France (1 cas), tandis que deux patients diagnostiqués en RDC ont été transférés et traités en Allemagne.

Un contexte humanitaire explosif qui entrave la riposte

La propagation du virus est gravement amplifiée par les conditions socio-économiques et sécuritaires dans l'est de la RDC. La région est confrontée à des conflits armés récurrents et au déplacement massif de populations — l'Ituri héberge à elle seule environ un million de personnes déplacées internes, dans un contexte où plus de 26 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire aiguë.

L'accès limité à l'eau potable, à l'assainissement et aux structures de santé dans les camps de déplacés et les sites miniers informels complique le dépistage précoce, l'isolement des malades et le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections. De plus, le suivi de plus de 24 700 contacts répertoriés représente un défi logistique colossal pour les équipes de réponse sur le terrain.

Urgence médicale et recherche clinique

Contrairement à la souche Zaïre, il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique homologué contre le virus Bundibugyo. Face à cette impasse :

  • Essai clinique thérapeutique : L'essai randomisé « PARTNERS », lancé début juillet 2026 dans cinq centres de prise en charge en Ituri, a déjà enrôlé plus de 300 patients pour tester des molécules expérimentales.

  • Vaccination ciblée : L'OMS et le Groupe stratégique consultatif d'experts (SAGE) ont recommandé l'utilisation du vaccin Ervebo dans le cadre strict de protocoles de recherche. Au 6 septembre, plus de 2 000 professionnels de santé et agents de première ligne avaient été vaccinés dans six zones de santé.

Un risque très élevé au niveau national

L'OMS évalue le risque sanitaire comme très élevé au niveau national en RDC, élevé pour les pays frontaliers, et faible au niveau mondial. Bien que l'organisation déconseille toute restriction sur les voyages ou le commerce international, elle insiste sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique aux points de passage transfrontaliers et d'intensifier la coordination régionale pour freiner la dynamique de contamination.

Sources

  1. Organisation mondiale de la Santé (10 septembre 2026)