Revue de presse sanitaire · 24 octobre 2026
Épidémie de virus Bundibugyo : Une percée structurale majeure éclaire la résistance et le traitement de la souche 2026
L'épidémie de maladie à virus Bundibugyo (BDBV) qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda connaît une propagation rapide, ayant atteint plus de 7 733 cas enregistrés pour un taux de létalité d'environ 48 %. Face à l'absence de vaccins ou de traitements antiviraux spécifiques homologués, une étude scientifique publiée en préprint le 23 octobre 2026 par l'équipe d'Amin Addetia, David Veesler, Kei Sato et un consortium international apporte un éclairage crucial sur l'architecture de la glycoprotéine (GP) du virus circulant et sur l'efficacité des anticorps thé
Par Africa Medical Data
Décoder la glycoprotéine de la souche 2026
La glycoprotéine de surface (GP) des filovirus est la clé d'entrée du virus dans les cellules hôtes et constitue la cible privilégiée des anticorps neutralisants ainsi que du développement vaccinal. En raison de la forte divergence génétique entre les différentes espèces d'ebolavirus, la mise au point de contre-mesures croisées représente un défi scientifique majeur.
Dans cette étude, les chercheurs ont réussi à concevoir et à produire un trimère d'ectodomaine GP stabilisé en conformation de préfusion, basé sur un isolat clinique collecté en mai 2026 en RDC. L'introduction de mutations stabilisatrices ciblées (notamment L579P, K588F et W615L) a permis de multiplier par plus de 21 les rendements de production recombinante tout en préservant l'intégrité antigénique et l'homogénéité structurale du trimère.
L'analyse structurale par Cryo-Microscopie Électronique

À l'aide de la cryo-microscopie électronique (cryo-EM) à haute résolution (3,2 Å), l'équipe a pu résoudre la structure tridimensionnelle de ce trimère lié au fragment Fab de l'anticorps à large spectre EBOV-515. Cette analyse détaillée révèle que l'anticorps neutralise le pathogène selon un triple mécanisme :
Il piège la glycoprotéine dans sa conformation de préfusion.
Il entrave le clivage de la coiffe glycanique.
Il crée un encombrement stérique direct qui empêche l'interaction de la GP avec son récepteur cellulaire intracellulaire essentiel, NPC1.
L'étude a également cartographié les mutations spécifiques introduites dans la souche 2026 par rapport aux isolats historiques de 2007 et 2012, telles que la substitution R506S située au niveau du site antigénique de la boucle de fusion. Bien que ces variations modifient légèrement l'environnement local, les analyses démontrent que la majorité des anticorps conservent leur liaison.
Une lueur d'espoir thérapeutique confirmée in vitro
L'évaluation d'un large panel d'anticorps monoclonaux par résonance plasmonique de surface et par des tests de neutralisation sur pseudovirus apporte des résultats particulièrement rassurants. L'isolat BDBV de 2026 conserve une sensibilité prononcée face aux anticorps neutralisants majeurs évalués.
Plus spécifiquement, ADI-15878 (un composant du cocktail thérapeutique expérimental MBP134) et REGN3479 (ou maftivimab, l'un des composants du cocktail Inmazeb approuvé contre le virus Ebola Zaire) neutralisent efficacement le pseudovirus BDBV 2026 avec des concentrations inhibitrices comparables, voire supérieures, à celles observées sur les souches antérieures. Ces données précliniques renforcent et justifient scientifiquement les récents protocoles cliniques soutenus par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC pour évaluer l'efficacité de ces traitements chez les patients.
Sources
- bioRxiv (23 octobre 2026)