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Alerte sanitaire · 4 octobre 2026

Épidémiologie & Diagnostic : Risque de faux positifs au mpox dans les zones à forte transmission en RDC

Une étude multicentrique menée en République Démocratique du Congo (RDC) remet en question la seule fiabilité des tests PCR à valeur Ct élevée pour le diagnostic du mpox. Dans les zones d'épidémie active et de forte charge virale environnementale, le risque de faux positifs exige une réévaluation combinant profil clinique et sérologie.

Par Africa Medical Data

Les limites de la PCR et le piège des valeurs Ct élevées

L'analyse des prélèvements effectués sur plusieurs sites épidémiologiques clés en RDC (notamment Kinshasa, Goma, Kamituga et Uvira) met en évidence un risque significatif de surdiagnostic du mpox. Alors que la réaction en chaîne par polymérase (PCR) constitue l'outil de référence pour confirmer l'infection, des valeurs de Cycle Threshold (Ct) égales ou supérieures à 40 présentent une faible concordance clinique et un risque important de représenter des faux positifs.

Dans les zones d'endémie ou de transmission intense, la présence de traces d'ADN viral dans l'environnement peut entraîner des contaminations de surface ou la détection de fragments viraux non infectieux chez des patients consultant pour d'autres pathologies éruptives.

L'importance des signes cliniques majeurs et du statut sérologique

Pour différencier les infections réelles des faux positifs, l'étude démontre l'importance d'associer les résultats moléculaires aux caractéristiques cliniques spécifiques du patient :

  • Signes cliniques prédictifs : La présence de adénopathies (ganglions enflés), de lésions anogénitales ainsi que de lésions sur les paumes des mains ou la plante des pieds augmente significativement la probabilité d'une véritable infection à mpox.

  • Apport de la sérologie : Le statut sérologique des patients et la mesure de la charge virale (valeurs Ct plus basses) permettent de consolider le diagnostic chez les cas suspects présentant des manifestations atypiques.

Confusion avec d'autres affections éruptives (Varicelle et Rougeole)

Un autre facteur critique identifié réside dans la confusion diagnostique avec d'autres maladies éruptives très fréquentes en Afrique centrale, telles que la varicelle (varicella-zoster virus) et la rougeole. En l'absence de confirmation biologique rigoureuse, de nombreuses éruptions fébriles sont imputées à tort au mpox, ce qui fausse les statistiques de transmission épidémique et entraîne une prise en charge inadaptée.

Recommandations pour la surveillance en santé publique

Face à ces constats, les chercheurs préconisent d'adapter les protocoles de surveillance et de diagnostic :

  1. Révision des seuils de décision PCR : Reconsidérer l'interprétation des résultats de PCR dont les valeurs Ct sont élevées ($Ct \ge 40$), en exigeant un contrôle biologique ou une confrontation clinique systématique.

  2. Algorithme diagnostique combiné : Intégrer un score clinique fondé sur la localisation des lésions et l'élimination des diagnostics différentiels (varicelle, rougeole).

  3. Optimisation des ressources médicales : Éviter l'isolement injustifié de patients non infectés afin de préserver les capacités d'accueil des structures sanitaires en période de flambée épidémique.

Sources

  1. The Lancet. Infectious diseases (1 septembre 2026)