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Revue de presse sanitaire · 23 octobre 2026

France: Allègement des conditions de prescription des inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) : Le point sur la décision de l'ANSM

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a officialisé une évolution réglementaire majeure concernant la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques. À compter du 22 octobre 2026, les conditions de prescription et de renouvellement de cinq inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) sont assouplies afin de fluidifier le parcours de soins des patients.

Par Africa Medical Data

1. Fin de l'exclusivité hospitalière pour l'instauration du traitement

Jusqu'alors, la prescription initiale et le suivi annuel de ces molécules devaient impérativement être initiés en milieu hospitalier par des praticiens hospitaliers spécialistes (rhumatologues, dermatologues, hépato-gastro-entérologues, internistes, allergologues ou pédiatres).

Désormais, ces mêmes spécialistes, qu'ils exercent en ville ou à l'hôpital, sont habilités à initier et à renouveler les traitements pour l'ensemble de leurs indications validées en rhumatologie, gastro-entérologie, dermatologie et allergologie (notamment la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme psoriasique, la spondylarthrite ankylosante, la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn, la dermatite atopique, la pelade ou l'artérite à cellules géantes).

2. Les molécules concernées

Cinq spécialités pharmaceutiques de la classe des JAKi sont englobées par cette mesure :

  • Xeljanz (tofacitinib)

  • Olumiant (baricitinib)

  • Rinvoq (upadacitinib)

  • Jyseleca (filgotinib)

  • Cibinqo (abrocitinib)

3. Justification de la mesure et maintien d'une vigilance renforcée

Cette réévaluation, menée en concertation avec les conseils nationaux professionnels (CNP) et les associations de patients, s'appuie sur l'expérience acquise et le profil de sécurité consolidé de ces classes thérapeutiques depuis leurs premières autorisations.

Néanmoins, l'ANSM rappelle que les JAKi continuent de faire l'objet d'une double surveillance nationale et européenne en raison de risques d'effets indésirables graves :

  • Troubles cardiovasculaires majeurs ;

  • Infections opportunistes et graves ;

  • Risques de perforations intestinales ;

  • Survenue de tumeurs malignes.

Conformément aux recommandations européennes, l'utilisation de ces traitements reste encadrée par des restrictions d'emploi chez les patients à haut risque — notamment les personnes âgées de 65 ans et plus, les patients présentant des antécédents cardiovasculaires athérosclérotiques ou des facteurs de risque de cancer —, pour lesquels les JAKi ne doivent être prescrits qu'en l'absence d'alternative thérapeutique appropriée.

4. Outils de réduction des risques (MARR)

Pour accompagner les cliniciens de ville dans cette nouvelle organisation, les mesures additionnelles de réduction des risques demeurent pleinement en vigueur, incluant :

  • Une brochure d'information pour les professionnels de santé détaillant les consignes de prescription et de surveillance ;

  • Une carte patient à conserver par l'intéressé pour informer tout intervenant de santé en cas de prise en charge urgente.

Sources

  1. ANSM (France) (22 octobre 2026)