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Acide hippurique urinaire

Examen biologique : Fonction rénale et urines. L’acide hippurique urinaire est étudié comme biomarqueur d’exposition au toluène, mais son interprétation est limitée par un bruit de fond physiologique et alimentaire et par une spécificité insuffisante, en particulier aux faibles expositions. Il ne constitue pas une plage de référence clinique universelle: les résultats doivent être interprétés selon le contexte d’exposition, le protocole de prélèvement et la méthode du laboratoire.

À quoi sert cet examen

L’acide hippurique est un métabolite urinaire du toluène. Son dosage a été utilisé en biomonitoring professionnel pour contribuer à l’évaluation d’une exposition au toluène [s2,s3].

Ce marqueur manque de spécificité : une concentration urinaire ne permet pas, à elle seule, d’attribuer l’acide hippurique au toluène ni de conclure à un diagnostic [s1,s2,s5].

Dans les études professionnelles, le prélèvement a notamment été réalisé en fin de poste; cette pratique correspond aux protocoles étudiés et ne constitue pas une consigne universelle de prélèvement [s1,s6].

Interprétation

Une concentration urinaire plus élevée peut être compatible avec une exposition au toluène, mais aussi avec un apport alimentaire ou une autre origine physiologique de l’acide hippurique; elle ne permet donc pas d’identifier seule la source [s1,s2,s3].

La consommation de thé vert ou de café peut augmenter l’acide hippurique urinaire et entraîner une surestimation du biomarqueur lors du suivi de faibles expositions au toluène [s4].

Facteurs qui faussent le résultat

L’acide hippurique est présent dans l’urine en dehors d’une exposition professionnelle au toluène, et les concentrations de fond diffèrent entre personnes; cela réduit la spécificité du dosage [s1,s3,s5].

Des aliments et boissons contenant des benzoates ou leurs précurseurs peuvent contribuer à l’excrétion d’acide hippurique. Le thé et le café sont également rapportés comme sources d’interférence pour le biomonitoring du toluène [s1,s2,s4].

Le moment du prélèvement par rapport au poste de travail influe sur l’association observée entre exposition et résultat urinaire : une étude professionnelle a trouvé une relation en fin de poste, mais pas pour des prélèvements différés [s6].

L’acide hippurique urinaire est moins performant que l’acide benzylmercapturique dans une étude comparative comme indicateur d’exposition professionnelle au toluène, notamment pour distinguer les faibles expositions; ce constat dépend de l’étude et ne définit pas une méthode diagnostique [s5].

Sources

  1. Katharina Oginawati ; Annisa Artsani Hanif Anka ; Septian Hadi Susetyo ; Sri Awalia Febriana ; Ikeu Tanziha ; Cita Rosita Sigit Prakoeswa. Urinary hippuric acid level as a biological indicator of toluene exposure on batik workers (2021)
  2. Aldrin Robson Lima. Toluene: correlation between occupational exposure limits and biological exposure indices (2023)
  3. A. Löf ; E. Wigaeus Hjelm ; A. Colmsjö ; B. O. Lundmark ; A. Norström ; A. Sato. Toxicokinetics of toluene and urinary excretion of hippuric acid after human exposure to 2H8-toluene (1993)
  4. Masahiro Munaka ; Takahiko Katoh ; K. Kohshi ; Satomi Sasaki. Influence of tea and coffee on biomonitoring of toluene exposure (2009)
  5. O. Inoue ; E. Kanno ; K. Kasai ; H. Ukai ; S. Okamoto ; M. Ikeda. Benzylmercapturic acid is superior to hippuric acid and o-cresol as a urinary marker of occupational exposure to toluene (2004)
  6. E. De Rosa ; G. B. Bartolucci ; M. Sigon ; R. Callegaro ; L. Perbellini ; F. Brugnone. Hippuric acid and ortho-cresol as biological indicators of occupational exposure to toluene (1987)