Africa Medical DataUne plateforme de santé pour tous

Aldolase

Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. L’aldolase sérique mesure l’activité d’une enzyme de la glycolyse présente surtout dans le muscle, le foie et le cerveau. Elle peut soutenir l’évaluation d’une atteinte musculaire ou hépatique, mais n’est ni spécifique d’un tissu ni suffisante pour diagnostiquer seule une myopathie. La créatine kinase est généralement plus sensible et spécifique pour l’atteinte musculaire; une aldolase élevée avec CK normale peut toutefois se voir dans un sous-groupe de myosites, notamment lorsque des fibres musculaires en régénération sont atteintes.

À quoi sert cet examen

  • **Indications**: Exploration complémentaire d’une faiblesse musculaire proximale, de myalgies ou d’une suspicion de myopathie [s1].
  • Myosite ou dermatomyosite suspectée avec CK normale ou disproportionnée, en particulier si les symptômes et les autres données sont concordants [s2].
  • Suivi sélectionné d’une maladie musculaire ou d’une myopathie déjà caractérisée, en complément de la clinique et des autres marqueurs; pas comme test autonome [s1,s3].
  • Dans la sclérodermie systémique, une aldolase élevée peut justifier une surveillance clinique rapprochée, mais le seuil >9 U/L de l’étude n’est pas une indication générale ni un diagnostic [s3].
  • **Préparation**: Suivre l’instruction du laboratoire; selon UCSF/A.D.A.M., un jeûne de 6 à 12 heures et l’absence d’exercice vigoureux pendant 12 heures peuvent être demandés [s1].
  • Signaler l’exercice récent, les symptômes, les traitements et toute maladie hépatique ou musculaire; ne pas arrêter un médicament sans consigne médicale [s1].
  • Pour un protocole comparable à la cohorte de sclérodermie, l’étude imposait 72 heures de repos et un jeûne nocturne, mais cela ne constitue pas une exigence universelle [s3].

Dosage enzymatique quantitatif utilisé comme examen complémentaire dans l’exploration d’une faiblesse ou de myalgies, pour rechercher une lésion musculaire et, selon le contexte, une atteinte hépatique. L’enzyme catalyse une étape de la glycolyse; son activité circulante reflète une libération tissulaire, mais la distribution dans le foie et le cerveau limite la spécificité musculaire [s1,s2].

Valeurs de référence

IntervalleLimitesMethodePopulationTypeUnité
2,5–10 U/LNe constitue pas un intervalle universel et ne remplace pas celui du laboratoire exécutant [s1].Non précisée sur la page UCSF/A.D.A.M.Adultes; la page signale une légère différence hommes-femmes sans fournir de sous-intervalles dans le contenu luIntervalle publié à visée éducativeU/L; équivalent publié 0,02–0,13 µkat/L
Limite supérieure 7 U/LCette limite est celle du fabricant/essai de la cohorte et ne doit pas être utilisée comme plage locale générale [s3].Aldolase A mesurée par méthode enzymatique, kit Randox adapté sur Synchron CX-4; repos 72 h et jeûne nocturne [s3]137 adultes atteints de sclérodermie systémique sans faiblesse proximale initiale; plasma; FranceLimite supérieure utilisée dans une cohorte, pas intervalle universelU/L

Seuils de décision et gravité

  • **Lecture du résultat**: **Cible thérapeutique**: Aucune cible thérapeutique universelle de l’aldolase n’est établie dans les sources lues; une variation peut aider au suivi dans un contexte connu, mais ne remplace pas l’évaluation clinique [s1,s3].
  • **Principe**: Interpréter avec les symptômes, l’examen de force, la CK, les transaminases, la LDH et, si indiqué, l’imagerie, l’électromyographie ou les auto-anticorps. L’aldolase élevée soutient une atteinte tissulaire mais n’identifie pas seule le tissu ni la cause [s1,s2].
  • **Seuil décisionnel**: Dans une cohorte française de sclérodermie systémique, >9 U/L prédisait une myopathie liée à la sclérodermie dans les trois ans avec sensibilité 89 %, spécificité 67 %, AUROC 0,80 et HR ajusté 10,3 (IC95% 2,3–45,5). Ce seuil est spécifique à cette population, à l’essai et à cet objectif prédictif; ce n’est pas un seuil général de diagnostic de myosite [s3].
  • **Seuil diagnostique**: Aucun seuil unique de l’aldolase seule ne confirme une myosite ou une autre maladie. Une association à un diagnostic doit être explicitement distinguée d’une preuve causale [s2,s3].

Interprétation

Une activité augmentée peut accompagner une lésion du muscle squelettique, la dermatomyosite, la polymyosite, certaines dystrophies musculaires et parfois une fasciite à éosinophiles; des élévations sont aussi décrites dans des atteintes hépatiques et d’autres lésions tissulaires [s1,s2]. Une élévation isolée avec CK normale est possible dans certaines myosites et peut refléter une atteinte préférentielle de cellules musculaires immatures ou en régénération, mais elle reste une association biologique et non un diagnostic [s2].

Facteurs qui faussent le résultat

  • La page UCSF indique qu’un exercice vigoureux peut modifier le résultat et conseille, si le prescripteur le demande, de l’éviter pendant 12 heures; elle mentionne aussi un jeûne possible de 6 à 12 heures [s1].
  • La cohorte de sclérodermie a standardisé 72 heures de repos et un jeûne nocturne; cette préparation de recherche n’est pas automatiquement une exigence de routine [s3].
  • La masse musculaire et le stade de régénération influencent la relation aldolase/CK; dans certaines dystrophies, l’élévation devient moins marquée quand la masse musculaire diminue [s2].
  • Le sexe peut contribuer à de petites différences selon la source et la méthode; aucune correction locale ne doit être inventée [s1].
  • **Limites**: L’aldolase est largement distribuée, notamment dans le foie et le cerveau; une élévation n’est donc pas spécifique du muscle [s2].
  • La CK est généralement plus sensible et spécifique pour la maladie musculaire, mais une CK normale n’exclut pas toutes les myosites; l’aldolase peut alors apporter un signal complémentaire [s2].
  • Les intervalles publiés ne sont pas interchangeables entre méthodes, plateformes, populations et unités; le résultat doit être confronté à la plage du laboratoire exécutant [s1,s3].
  • Les données disponibles ne permettent pas d’établir des performances chez une population congolaise ou africaine, ni de déduire une disponibilité locale [s1,s2,s3].
  • Les sources lues ne documentent pas une liste exhaustive d’interférences médicamenteuses; ne pas inventer de suspension de traitement et suivre les instructions du prescripteur/laboratoire [s1].

Sources

  1. UCSF Health / A.D.A.M.. Aldolase blood test (2025)
  2. Livia Casciola-Rosen, John C. Hall, Andrew L. Mammen, Lisa Christopher-Stine, Antony Rosen. Isolated elevation of aldolase in the serum of myositis patients: a potential biomarker of damaged early regenerating muscle cells (2012)
  3. Cécile Tolédano, Murielle Gain, Adrien Kettaneh et al.. Aldolase predicts subsequent myopathy occurrence in systemic sclerosis (2012)