Aldostérone urinaire
Examen biologique : Fonction rénale et urines. L’aldostérone urinaire quantitative mesure l’excrétion d’aldostérone, souvent sur un recueil de 24 h après charge sodée orale comme élément d’un test de confirmation dans l’évaluation de l’hyperaldostéronisme primaire. Les seuils publiés dépendent du protocole, de l’apport sodé, des médicaments et de la méthode; les études décrivent des résultats variables et non interchangeables, qui ne constituent pas une plage universelle pour un dosage isolé.
À quoi sert cet examen
Le dosage quantitatif d’aldostérone urinaire est décrit comme une mesure de l’excrétion sur 24 h après charge sodée orale, parmi les tests de confirmation utilisés dans l’évaluation de l’hyperaldostéronisme primaire; il s’inscrit dans le cadre des recommandations cliniques Endocrine Society sur cette affection [s1,s2,s6].
Une étude rétrospective monocentrique a également évalué l’excrétion urinaire de 24 h après perfusion saline chez des patients avec hyperaldostéronisme primaire et fonction rénale préservée; son objectif portait sur la prédiction du sous-type, et non sur l’établissement d’un intervalle de référence général [s3].
Seuils de décision et gravité
| Population et protocole [s2,s4] | Résultat rapporté [s2,s4] | Portée et limite [s2,s4] |
|---|---|---|
| Étude prospective de personnes hypertendues évaluées pour un hyperaldostéronisme primaire suspecté; charge sodée orale suivie d’une collecte urinaire de 24 h, 49 personnes incluses dans l’analyse [s2] | Une aldostérone urinaire ≥19 nmol/jour était associée à une sensibilité de 96 %; une valeur ≥92 nmol/jour était associée à une spécificité de 96 % [s2] | Seuils évalués dans cette étude par comparaison avec le test de perfusion saline; ils ne définissent pas une plage de référence universelle [s2]. |
| Même étude prospective; échantillons répétés et comparaison au test de perfusion saline [s2] | La zone de 19 à 92 nmol/jour était une zone grise; 45 % des personnes avaient des résultats restant dans cette zone pour tous les échantillons fournis [s2] | Une proportion importante des résultats était indéterminée dans ce protocole; l’étude rapporte aussi une variabilité intra-individuelle marquée [s2]. |
| Étude rétrospective chez 583 personnes avec hypertension essentielle et 259 avec hyperaldostéronisme primaire; collecte urinaire de 24 h sous alimentation habituelle, sans supplémentation sodée, groupe sans médicament antihypertenseur [s4] | Seuil optimal rapporté pour le groupe sans médicament : 9,57 µg/24 h; sensibilité 79,4 %, spécificité 88,6 % [s4] | Seuil propre à la cohorte rétrospective et à l’alimentation habituelle, et non à une épreuve de charge sodée orale; ne pas le substituer aux seuils d’un autre protocole [s4]. |
| Même étude rétrospective; groupe recevant des médicaments antihypertenseurs [s4] | Seuil optimal rapporté : 8,41 µg/24 h; sensibilité 75,8 %, spécificité 79,4 % [s4] | Résultat spécifique au contexte médicamenteux et à la cohorte étudiée; ce seuil n’est pas interchangeable avec celui d’un test de suppression standardisé [s4]. |
Les seuils ci-dessus proviennent de populations, d’apports sodés et de protocoles différents; ils ne sont pas des intervalles de référence généraux. L’interprétation doit tenir compte de la méthode, du protocole effectivement réalisé et de l’intervalle fourni par le laboratoire exécutant [s1,s2,s3,s4].
Facteurs qui faussent le résultat
- La collecte complète de 24 h et la constance de l’apport sodé influencent l’interprétation; une étude souligne la difficulté d’obtenir une collecte fiable et un apport oral comparable entre patients [s3].
- Dans une étude de répétabilité après charge sodée orale, les différences intra-individuelles entre mesures s’étendaient de 1 à 88 % (médiane 31 %), ce qui limite l’interprétation d’un résultat isolé [s2].
- Dans une étude rétrospective, une polythérapie antihypertensive était associée à des concentrations urinaires plus faibles; les seuils optimaux variaient selon l’exposition médicamenteuse [s4]. Ces observations décrivent une influence possible et ne constituent pas une consigne d’arrêt de traitement.
- Une étude d’interférence sur urine de 24 h a évalué un immunodosage compétitif automatisé Liaison : les concentrations de sodium jusqu’à 200 mmol/L ne gênaient pas la quantification, tandis que celles supérieures à 486 mmol/L entraînaient une interférence négative. Cette observation est propre à la méthode testée; les auteurs recommandent de mesurer le sodium urinaire avant l’aldostérone pour prévenir un résultat faussement bas [s5].
- Dans une étude hospitalière, l’aldostérone urinaire était mesurée par radio-immunodosage; les auteurs signalent que les réactions non spécifiques ou croisées peuvent réduire la fiabilité et évoquent la spectrométrie de masse comme méthode susceptible de limiter ces interférences [s3].
Sources
- Gail K. Adler; Michael Stowasser; Ricardo R. Correa; Nadia Khan; Gregory Kline; Michael J. McGowan; Paolo Mulatero; M. Hassan Murad; Rhian M. Touyz; Anand Vaidya; Tracy A. Williams; Jun Yang; William F. Young; Maria-Christina Zennaro; Juan P. Brito. Primary Aldosteronism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2025)
- J. Ceral; E. Malirova; M. Ballon; M. Solar. The role of urinary aldosterone for the diagnosis of primary aldosteronism (2014)
- Hiroki Kaneko; Hironobu Umakoshi; Yuki Ishihara; Kazutaka Nanba; Mika Tsuiki; Toru Kusakabe; Noriko Satoh-Asahara; Akihiro Yasoda; Tetsuya Tagami. Reassessment of Urinary Aldosterone Measurement After Saline Infusion in Primary Aldosteronism (2020)
- Mei You; Xin Li; Huandong Zhao; Zhongping Bai; Yushuang Liu; Qing Zhou; Qiang Li; Ruomei Yang; Hexuan Zhang; Hongbo He; Zhiming Zhu; Zhencheng Yan. Diagnostic performance of 24-hour urinary aldosterone for primary aldosteronism in patients with or without discontinuation of antihypertensive medications (2025)
- Marta Lucía Aldea; Jaume Barallat; María A. Martín; I. Rosas; M. C. Pastor; M. L. Granada. Sodium interference in the determination of urinary aldosterone (2016)
- Chiara Sabbadin; Francesco Fallo. Hyperaldosteronism: Screening and Diagnostic Tests (2016)