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Alpha-1-antitrypsine

Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. L’alpha-1-antitrypsine (AAT) est une glycoprotéine circulante, principalement produite par les hépatocytes, qui inhibe notamment l’élastase des neutrophiles et protège le parenchyme pulmonaire. Le dosage sérique/plasmatique quantitatif est une première étape d’évaluation d’un déficit en AAT; une concentration basse ne suffit toutefois pas à établir le génotype ni, à elle seule, le diagnostic complet, qui repose sur la mise en évidence d’une concentration basse associée à un variant pathogène de SERPINA1 ou à une protéine fonctionnellement déficiente. Le déficit est associé surtout à l’emphysème/COPD, à la bronchiectasie, à la maladie hépatique, à la panniculite nécrosante et, plus rarement, à la granulomatose avec polyangéite; l’association biologique ou clinique ne constitue pas à elle seule un diagnostic.

À quoi sert cet examen

**Indications**: Indiqué chez tout adulte ayant une BPCO/COPD ou une obstruction fixe des voies aériennes, quel que soit l’âge ou l’ethnicité; à envisager dans l’emphysème précoce ou sans facteur de risque, la bronchiectasie inexpliquée, une maladie hépatique chronique inexpliquée, la cholestase/ictère de l’enfant, la panniculite nécrosante, la granulomatose avec polyangéite et chez les apparentés à risque après conseil génétique. Le dosage sert au dépistage ciblé et à l’orientation; les apparentés doivent idéalement bénéficier d’une caractérisation génétique, car le dosage seul ne caractérise pas le risque. [s2,s4,s5]

**Préparation**: Aucune préparation particulière ni jeûne n’est requis pour le dosage AAT selon MedlinePlus. Informer le prescripteur d’une infection/inflammation récente, d’une grossesse ou d’un traitement œstrogénique, car ces situations peuvent modifier la concentration. Pour la qualité du résultat, suivre les consignes de prélèvement, séparation, conservation et transport du laboratoire exécutant; éviter un prélèvement très lipémique ou hémolysé lorsque cela est possible. [s2,s3]

Dosage quantitatif de la concentration d’AAT dans le sérum ou le plasma, principalement pour rechercher un déficit héréditaire en AAT et orienter la confirmation par phénotypage/protéotypage ou génotypage de SERPINA1. Il peut aussi contribuer à l’évaluation d’une maladie hépatique inexpliquée ou d’une maladie pulmonaire compatible, mais ne mesure ni l’activité antiprotéasique fonctionnelle ni le génotype. [s2,s4,s5]

Valeurs de référence

  • **Interprétation valeurs**: Rapporter toujours la valeur, l’unité, le type d’échantillon, la méthode et l’intervalle de référence du laboratoire. Ne pas convertir ou comparer directement des valeurs provenant de méthodes, calibrateurs ou unités différents. [s3]
ContexteIntervalleLimitePopulationSource
Intervalles publiés20–53 µmol/L, soit environ 100–220 mg/dLIntervalle descriptif, non un seuil diagnostique universel; l’intervalle du laboratoire exécutant prévaut.Adultes; dosage par néphélométrie, valeurs usuelles GeneReviews[s5]
Intervalles publiésM/M 1,00–2,73 g/L; M/S 0,84–2,25 g/L; M/Z 0,61–1,56 g/L; S/S 0,49–1,81 g/L; S/Z 0,42–1,08 g/L; Z/Z 0,15–0,57 g/L; M/Null 0,47–1,30 g/L; Null 0 g/LPlages phénotype-associées, non intervalle de référence général et non à appliquer à un enfant ou à un autre système analytique sans validation.Plages à 95% rapportées par une fiche NHS selon phénotype, sans détail complet de population ni de méthode sur la fiche[s6]
  • **Interprétation**: Utiliser exclusivement l’intervalle pédiatrique du laboratoire exécutant. Chez le nourrisson ou l’enfant avec cholestase, ictère ou maladie hépatique, interpréter avec le bilan hépatique et confirmer par analyse de SERPINA1/protéine; l’emphysème de l’enfant est extrêmement rare. [s2,s5]
  • **Limites**: Les données pédiatriques sont moins robustes et les concentrations peuvent varier avec l’âge, l’inflammation et le statut hépatique; une valeur isolée ne permet pas de prédire l’évolution hépatique ou pulmonaire. [s4,s5]
  • **Plage**: Aucune plage pédiatrique universelle exploitable n’est retenue ici. GeneReviews rapporte des taux sériques normaux adultes d’environ 100–220 mg/dL par néphélométrie et indique que les tendances par variant chez l’enfant sont similaires à celles de l’adulte, mais cela ne constitue pas un intervalle pédiatrique validé pour chaque âge, sexe, méthode et population. [s5]

Seuils de décision et gravité

**Lecture du résultat**: Une concentration basse est un signal d’alerte, non un diagnostic isolé. Confirmer par génotypage au minimum des allèles S et Z, protéotypage/phénotypage ou séquençage élargi en cas de discordance, valeur très basse ou suspicion d’allèle rare/nul. Une concentration peut chevaucher plusieurs génotypes et une inflammation peut la rehausser; corréler avec CRP, fonction hépatique, fonction respiratoire et exposition tabagique. [s1,s3,s4,s5] Distinguer: intervalle de référence = distribution de sujets de référence; seuil décisionnel = valeur orientant une investigation; seuil de déficit sévère/protecteur <11 µmol/L ou environ <57 mg/dL; cible thérapeutique éventuelle = question distincte, non fournie par ce dosage isolé. [s1,s5]

Interprétation

Une concentration diminuée peut s’observer dans un déficit héréditaire de SERPINA1, notamment avec des allèles Z, S/Z, autres allèles déficitaires ou allèles nuls, mais aussi dans une insuffisance/maladie hépatique, un syndrome néphrotique ou certaines pertes protéiques. Elle doit être confirmée par protéotypage/phénotypage et/ou génotypage; la concentration seule ne distingue pas de manière fiable les génotypes qui se chevauchent. [s1,s3,s4,s5]

Une valeur augmentée est le plus souvent une réponse de phase aiguë à une inflammation ou infection; elle peut aussi être augmentée pendant la grossesse ou sous contraceptifs/œstrogènes. Une valeur normale ou élevée dans ce contexte n’exclut donc pas un déficit héréditaire, en particulier si la suspicion clinique est forte. [s3]

Facteurs qui faussent le résultat

AAT est une protéine de phase aiguë: infection, inflammation, grossesse et œstrogènes/contraceptifs peuvent augmenter sa concentration et masquer partiellement un déficit; la CRP peut aider à contextualiser le résultat. Une maladie hépatique et un syndrome néphrotique peuvent abaisser la concentration indépendamment d’un déficit héréditaire. Le tabagisme, les fumées, poussières et expositions professionnelles n’augmentent pas nécessairement le dosage mais accélèrent le risque pulmonaire chez les sujets déficitaires. [s1,s3,s5]

**Limites**: Limites préanalytiques: hémolyse, lipémie et cycles répétés congélation-décongélation; la lipémie peut créer une diffusion lumineuse parasite en néphélométrie. Limites analytiques: différences de calibrateur, méthode, unités et intervalle de référence; la revue systématique note que le standard, le kit ou l’analyseur sont souvent insuffisamment documentés. La diffusion radiale peut surestimer la concentration et manquer certains hétérozygotes. Limites biologiques: réponse de phase aiguë, grossesse, maladie hépatique et syndrome néphrotique. Limites diagnostiques: AAT normale n’exclut pas une variante dysfonctionnelle, une variante rare ou un déficit partiellement masqué; le dosage ne remplace pas l’étude de SERPINA1. [s3,s4,s5]

Sources

  1. Feitosa PHR et al.. Recommendations for the diagnosis and treatment of alpha-1 antitrypsin deficiency (2024)
  2. National Library of Medicine; MedlinePlus. Alpha-1 Antitrypsin Testing: MedlinePlus Medical Test (2026)
  3. Ruiz-Duque B et al.. Methodologies for the Determination of Blood Alpha1 Antitrypsin Levels: A Systematic Review (2021)
  4. Sandhaus RA et al.. The Diagnosis and Management of Alpha-1 Antitrypsin Deficiency in the Adult (2016)
  5. Stoller JK, Hupertz V, Aboussouan LS. Alpha-1 Antitrypsin Deficiency (2023)
  6. North Bristol NHS Trust. Alpha-1 antitrypsin fact sheet for Primary Care (2026)