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Aluminium sérique

Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le dosage de l’aluminium sérique est un biomarqueur de l’exposition systémique et de la surcharge aluminique; il est utilisé notamment pour le dépistage ou le suivi de patients hémodialysés à risque et pour la surveillance de l’usure d’implants métalliques. Les valeurs dépendent fortement de la population, de la méthode et du risque de contamination du prélèvement; l’intervalle validé par le laboratoire réalisant l’analyse prévaut.

À quoi sert cet examen

Le sérum est le principal biomarqueur biologique de la toxicité aluminique; le dosage est utile pour rechercher une intoxication possible, notamment chez les personnes ayant une insuffisance rénale ou une hémodialyse, et pour surveiller une exposition liée à un implant métallique. [s1,s3]

Chez les patients hémodialysés, la surveillance sérique contribue à repérer une exposition provenant d’un dialysat contaminé ou de médicaments contenant de l’aluminium; le rapport CDC décrit la baisse rapide des concentrations après suppression d’une source de contamination du circuit de dialyse. [s2,s4]

Pour une exposition chronique, notamment professionnelle ou environnementale, le dosage urinaire est recommandé comme complément plus sensible; le présent examen reste le dosage sérique de l’aluminium. [s1]

Valeurs de référence

L’intervalle de référence propre au laboratoire, à sa méthode et à sa population prévaut. Les repères ci-dessous proviennent de populations et de méthodes différentes et ne doivent pas être interchangeables. [s1,s6]

Population et type de valeur [s1,s6]Aluminium sérique [s1,s5,s6]Contexte et limites [s1,s5,s6]
Guide de référence pour le sérum; population et méthode non universelles [s1]<10 µg/L (<0,37 µmol/L) [s1]Repère fourni pour aider les laboratoires à établir ou vérifier leurs valeurs; il ne remplace pas la validation locale. [s1]
Adultes sains non exposés ne prenant pas d’antiacides; n=21; moyenne, écart-type et étendue [s6]0,06 µmol/L; écart-type 0,03; étendue 0,02–0,13 µmol/L [s6]Dosage par spectrométrie d’absorption atomique électrothermique avec correction de fond Zeeman; l’étude a estimé une limite supérieure de référence à 0,1 µmol/L. [s6]
Volontaires sains; n=10; moyenne ± écart-type [s5]2,0 ± 0,4 µg/L [s5]Valeur descriptive d’une étude de méthode chez des volontaires sains, et non intervalle universel. [s5]
Patients hémodialysés; repère de référence adulte rapporté par la revue [s1]<60 µg/L (2,23 µmol/L) [s1]Repère spécifique aux patients dialysés cité par la revue; il diverge du repère général sérique <10 µg/L et doit rester associé au contexte de dialyse. [s1]

Le rapport CDC indique que la valeur basale au début de la dialyse devrait être <20 µg/L selon les recommandations NKF-KDOQI; il rapporte aussi qu’une toxicité peut survenir au-delà de 60 µg/L. Ces seuils sont contextuels et ne constituent pas un intervalle général pour tout adulte. [s2]

Seuils de décision et gravité

Chez les patients hémodialysés, le rapport CDC interprète une concentration sérique basale <20 µg/L comme le repère NKF-KDOQI cité et indique qu’une toxicité peut survenir au-delà de 60 µg/L. [s2]

Dans l’étude rétrospective de 16 ans, une concentration sérique ≥60 µg/L était classée comme faux positif non indicatif de toxicité chronique si un autre prélèvement réalisé dans les 45 jours était <20 µg/L; cette règle est une règle de confirmation propre à l’étude et ne doit pas être généralisée sans le protocole local. [s4]

La revue de laboratoire rapporte également un seuil sérique <20 µg/L (0,74 µmol/L) recommandé par la Société espagnole de néphrologie chez les patients hémodialysés. La coexistence de ce repère et du seuil <60 µg/L cité pour les patients dialysés montre que les seuils dépendent de la recommandation, de la population et de l’objectif du dosage. [s1]

Interprétation

Une concentration élevée est compatible avec une accumulation liée à une insuffisance rénale ou à l’hémodialyse, notamment en cas de dialysat contaminé ou d’exposition à des médicaments contenant de l’aluminium. [s1,s2,s3]

Une exposition professionnelle ou environnementale et l’usure d’un implant métallique peuvent aussi augmenter l’aluminium mesuré dans le sérum; l’interprétation doit tenir compte de l’exposition et du matériel implanté. [s1,s3]

Dans l’événement décrit par le CDC, les concentrations sériques de 10 patients hémodialysés étaient de 16–237 µg/L (médiane 92 µg/L) en décembre 2007, puis de 9–53 µg/L (médiane 20 µg/L) après retrait des pompes contaminantes; aucun signe clinique attribuable n’avait été observé dans cette série. [s2]

Facteurs qui faussent le résultat

La contamination préanalytique est le principal problème de la mesure des éléments traces. Les tubes et instruments en contact avec l’échantillon doivent être exempts d’aluminium; les tubes spécifiques pour éléments traces sont recommandés et le verre doit être évité. [s1]

Si le matériel ne peut pas être garanti sans aluminium, la revue recommande une décontamination par lavage à l’acide nitrique à 10 % pendant 12–24 heures, puis des rinçages répétés à l’eau ultrapure. [s1]

Après coagulation, le sérum est centrifugé 10 minutes à 1 000–1 200 g dans un récipient fermé pour limiter la contamination ou l’évaporation; il peut être conservé dans un tube correctement fermé 14 jours à 4 °C ou congelé pour une analyse ultérieure. [s1]

La méthode analytique influence la comparabilité: l’ICP-MS est décrite comme la méthode de choix pour les spécimens biologiques, tandis que la spectrométrie d’absorption atomique électrothermique a été utilisée dans les études historiques. [s1,s5,s6]

La région géographique, les habitudes alimentaires, l’environnement professionnel, le mode de vie, la fonction rénale, les médicaments contenant de l’aluminium et les implants peuvent modifier la concentration; l’âge et le sexe n’étaient pas associés à une différence significative dans l’étude australienne citée par la revue, mais les populations et méthodes ne sont pas uniformes. [s1]

Sources

  1. Sonia Pérez San Martín; Josep Miquel Bauçà; Eduardo Martinez-Morillo. Determination of aluminum concentrations in biological specimens: application in the clinical laboratory (2022)
  2. T. P. Ryan; L. L. McElwain; T. D. Murphy; et al.. Elevated Serum Aluminum Levels in Hemodialysis Patients Associated with Use of Electric Pumps — Wyoming, 2007 (2008)
  3. StatPearls Publishing; article Aluminum Toxicity. Aluminum Toxicity (2024)
  4. Ron B. Schifman; Daniel R. Luevano. Aluminum Toxicity: Evaluation of 16-Year Trend Among 14 919 Patients and 45 480 Results (2018)
  5. P. C. D’Haese; F. L. Van de Vyver; F. A. de Wolff; M. E. De Broe. Measurement of aluminum in serum, blood, urine, and tissues of chronic hemodialyzed patients by use of electrothermal atomic absorption spectrometry (1985)
  6. Sinikka Valkonen; Antero Aitio. Analysis of aluminium in serum and urine for the biomonitoring of occupational exposure (1997)