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AMH (hormone anti-müllérienne)

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. L’AMH est une glycoprotéine dimérique produite par les cellules de Sertoli et de la granulosa; le dosage sérique est utilisé notamment pour évaluer la réserve ovarienne fonctionnelle et, chez l’homme, dans l’exploration de certaines situations de développement sexuel et de fonction gonadique. Les résultats dépendent fortement de la méthode et de la plateforme, car les immunodosages AMH ne sont pas complètement harmonisés; les intervalles et décisions analytiques d’un laboratoire ne sont donc pas directement transposables à une autre méthode.

À quoi sert cet examen

L’AMH est synthétisée par les cellules de la granulosa des petits follicules en croissance et sa concentration sérique est corrélée au nombre de follicules en croissance; elle est ainsi utilisée comme marqueur de la réserve ovarienne fonctionnelle [s2].

  • Chez la femme, le dosage peut contribuer à l’évaluation de la réserve ovarienne fonctionnelle et à l’estimation de la réponse ovarienne à une stimulation contrôlée; la revue clinique souligne toutefois une valeur limitée pour prédire à elle seule une grossesse évolutive [s2].
  • Chez l’homme, l’AMH est utilisée dans l’exploration de troubles du développement sexuel et de la fonction gonadique [s1].
  • Le dosage est également étudié dans des contextes pédiatriques et dans l’évaluation de fonctions gonadiques masculines; les intervalles doivent alors être partitionnés selon l’âge, le sexe et la méthode [s1,s7,s8].

Valeurs de référence

L’intervalle du laboratoire, établi pour sa méthode, sa plateforme et sa population, prévaut. Les valeurs publiées ci-dessous ne sont pas interchangeables entre méthodes d’immunodosage AMH [s1,s2,s3].

PopulationMéthodeValeur ou intervalle rapportéContexte de l’étude
Hommes adultes normozoospermiques [s7]Immunodosage automatisé sandwich par chimiluminescence [s7]Médiane 43,5 pmol/L; intervalle central des percentiles 2,5–97,5: 16,4–90,3 pmol/L [s7]Étude rétrospective monocentrique; 578 hommes adultes normozoospermiques [s7]

Les études disponibles ici montrent une variabilité interindividuelle et des profils liés à l’âge, mais ne fournissent pas un intervalle féminin adulte universel applicable à toutes les plateformes; un intervalle féminin doit être celui du laboratoire et de la méthode utilisés [s1,s2,s6].

Chez l’enfant, les valeurs doivent être lues dans un intervalle spécifique à l’âge, au sexe et à la plateforme. Dans une cohorte de 1 702 filles saines âgées de 0 à 12 ans mesurées sur Beckman Access 2, l’étude a établi des intervalles par année d’âge; l’abstract rapporte notamment les médianes et intervalles interquartiles suivants [s8].

Population et âgeMéthodeMédianeIntervalle interquartile
Filles saines, 9 ans [s8]Immunodosage automatisé par chimiluminescence Beckman Access 2 [s8]4,45 ng/mL [s8]2,58–6,90 ng/mL [s8]
Filles saines, 12 ans [s8]Immunodosage automatisé par chimiluminescence Beckman Access 2 [s8]1,98 ng/mL [s8]1,05–3,46 ng/mL [s8]

Dans la même étude, la médiane augmentait depuis la naissance jusqu’à un pic à 9 ans puis diminuait à 12 ans; cette dynamique ne remplace pas les intervalles pédiatriques complets du laboratoire [s8].

Interprétation

Dans l’étude brésilienne de validation de l’AMH Gen II, la concentration d’AMH chez les femmes diminuait progressivement avec l’augmentation de l’âge; cette relation décrit une tendance de population et ne constitue pas un seuil diagnostique individuel [s6].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Deux immunodosages AMH automatisés comparés à l’AMH Gen II ont montré des précisions et des biais différents selon l’essai; dans l’étude de van Helden et al., les précisions intra-série et intermédiaire étaient respectivement de 0,9–1,9 % et 2,5–6,5 % pour un essai, et de 0,9–3,6 % et 4,4–10,7 % pour l’autre, avec une corrélation de Pearson de 0,991, un biais de 0,003 ng/mL et une pente de 0,97 [s3].
  • Dans une comparaison de 178 échantillons sériques, les trois nouveaux immunodosages étaient corrélés au dosage Gen II (R > 0,9 pour chaque comparaison), mais les concentrations étaient significativement plus élevées avec l’essai Ansh Labs et plus basses avec l’essai Roche; les résultats différaient aussi entre sérum frais et sérum congelé-décongelé, avec une différence de faible amplitude pour les méthodes Beckman-Coulter et Roche [s4].
  • L’AMH est mesurée par ELISA ou immunodosage automatisé, mais la conception des anticorps, la détection d’isoformes et l’absence d’harmonisation complète peuvent créer un biais systématique entre plateformes; les résultats d’un suivi doivent donc, autant que possible, rester comparables avec la même méthode [s1].
  • Les immunodosages AMH peuvent subir des interférences liées aux anticorps hétérophiles, aux protéines sériques, aux médicaments ou métabolites, à l’hémolyse, à la lipémie et à l’hyperprotéinémie; l’interférence par la biotine dépend du format biotine–streptavidine utilisé [s1].
  • Dans la revue analytique, une interférence du complément a été décrite pour l’ancienne version non modifiée de l’AMH Gen II, surtout dans des échantillons frais, avec des concentrations faussement basses; les plateformes automatisées Beckman Access et Roche Elecsys n’étaient pas affectées dans les comparaisons citées [s1].
  • Dans l’étude brésilienne sur l’AMH Gen II, la sensibilité analytique était de 0,02 ng/mL et la sensibilité fonctionnelle de 0,2 ng/mL; les coefficients de variation intra-essai étaient de 5,2–9,0 % et inter-essai de 4,6–7,8 % selon la concentration et le niveau étudiés [s6].
  • Dans l’étude brésilienne, aucune différence d’AMH n’a été observée entre utilisatrices et non-utilisatrices de contraceptifs hormonaux, entre fumeuses et non-fumeuses, ou entre femmes obèses et non obèses; chez les hommes, l’AMH était négativement corrélée à l’indice de masse corporelle (r = −0,3; p = 0,008) [s6].
  • Pour la stabilité pré-analytique, une étude sur 26 participants mesurée avec le kit chimiluminescent Access AMH a observé une meilleure stabilité du sérum que du plasma lors des congélations-décongélations; la température ambiante était la condition la moins adaptée, avec une diminution significative dans le sérum et le plasma, tandis qu’à 4 °C la diminution concernait le plasma mais pas le sérum dans cette étude [s5].
  • La revue clinique souligne que le taux de décroissance de l’AMH avec l’âge varie entre les femmes et que les facteurs endogènes et exogènes influençant la concentration sérique restent incomplètement définis [s2].

Sources

  1. Rivak Punchoo; Sachin Bhoora. Variation in the Measurement of Anti-Müllerian Hormone – What Are the Laboratory Issues? (2021)
  2. Loes M. E. Moolhuijsen; Jenny A. Visser. Anti-Müllerian Hormone and Ovarian Reserve: Update on Assessing Ovarian Function (2020)
  3. Josef van Helden; Ralf Weiskirchen et al.. Performance of the two new fully automated anti-Müllerian hormone immunoassays compared with the clinical standard assay (2015)
  4. Raymond Li; Benancy P. C. Wong; Wai-Ki Ip et al.. Comparative evaluation of three new commercial immunoassays for anti-Müllerian hormone measurement (2016)
  5. Radana Vrzáková; Václav Šimánek; Ondřej Topolčan et al.. The Stability of the Anti-Müllerian Hormone in Serum and Plasma Samples under Various Preanalytical Conditions (2023)
  6. Renata Reis Woloszynek; Luciana Pinto Brito; Marcelo C. Batista et al.. Validation of an immunoassay for anti-Müllerian hormone measurements and reference intervals in healthy Brazilian subjects (2014)
  7. Hamza Benderradji; Anne-Laure Barbotin; M. Leroy-Billiard et al.. Defining Reference Ranges for Serum Anti-Müllerian Hormone on a Large Cohort of Normozoospermic Adult Men Highlights New Potential Physiological Functions of AMH on FSH Secretion and Sperm Motility (2022)
  8. Jin Wang; Ting Yao; Xinxin Zhang et al.. Age-specific reference intervals of serum anti-Müllerian hormone in Chinese girls (2021)