Androstènedione
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. L’androstènedione (A4) est un stéroïde précurseur produit par les glandes surrénales et les gonades; elle peut être convertie en testostérone et en œstrogènes dans les tissus périphériques. Son interprétation dépend de l’âge, du sexe, du stade pubertaire, de la ménopause et de la méthode analytique; les intervalles ci-dessous sont ceux des populations et méthodes des études citées, et non un intervalle universel.
À quoi sert cet examen
Chez l’enfant, le dosage sérique d’A4 complète l’évaluation de la stéroïdogenèse lorsqu’un trouble stéroïdien est suspecté, notamment dans les syndromes hyperandrogéniques et les hyperplasies congénitales des surrénales classique ou non classique. [s3]
Dans une cohorte de 86 femmes ayant un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et de 43 témoins appariées sur l’âge et l’indice de masse corporelle, le dosage simultané de l’A4 et de la testostérone par spectrométrie de masse a été étudié pour caractériser l’excès androgénique et son association au risque métabolique. [s2]
Dans une série de 1205 femmes adressées pour dosage des androgènes, l’analyse simultanée de l’A4, de la testostérone et de la DHEAS a apporté des profils biochimiques pouvant orienter les investigations ultérieures des causes non liées au SOPK; cette étude ne transforme pas ces profils en diagnostic individuel. [s1]
Chez les femmes saines, l’A4 est produite en quantités presque égales par les ovaires et les surrénales; dans le SOPK, la revue citée rapporte une contribution ovarienne prédominante, l’androstènedione étant produite à près de 60 % par les ovaires, le reste étant surtout produit par les surrénales. [s6]
Valeurs de référence
| Population et méthode [s1] | A4 [s1] | Unité [s1] | Nature de la donnée [s1] |
|---|---|---|---|
| Femmes préménopausées, population locale de référence; A4 mesurée par spectrométrie de masse en tandem [s1] | 0,9–7,5 [s1] | nmol/L [s1] | Intervalle de référence local, 5e–95e centiles [s1] |
| Femmes postménopausées, population locale de référence; A4 mesurée par spectrométrie de masse en tandem [s1] | 0,4–2,9 [s1] | nmol/L [s1] | Intervalle de référence local, 5e–95e centiles [s1] |
| Femmes préménopausées saines de la cohorte témoin de l’étude SOPK; A4 mesurée par LC-MS/MS [s2] | 1,4–7,4 [s2] | nmol/L [s2] | Percentiles 2,5–97,5 d’une cohorte féminine saine non sélectionnée [s2] |
| Femmes préménopausées saines; médiane obtenue par LC-MS/MS [s4] | 810 [s4] | ng/L [s4] | Médiane rapportée; ce n’est pas un intervalle de référence [s4] |
| Femmes postménopausées saines; médiane obtenue par LC-MS/MS [s4] | 360 [s4] | ng/L [s4] | Médiane rapportée; ce n’est pas un intervalle de référence [s4] |
| Hommes sains; médiane obtenue par LC-MS/MS [s4] | 440 [s4] | ng/L [s4] | Médiane rapportée; ce n’est pas un intervalle de référence [s4] |
Une étude LC-MS/MS plus récente a analysé des sérums de 2458 sujets sains âgés de 0,17 mois à 77 ans et a établi des intervalles de référence détaillés selon le sexe et l’âge, de la naissance à l’âge adulte avancé; l’abstract consulté ne fournit pas les bornes numériques de l’A4. [s5]
Les intervalles de référence sont liés à la population, à l’âge, au sexe et à la méthode; le laboratoire doit donc faire foi pour l’intervalle applicable à sa méthode. [s1,s3,s5]
| Population [s3] | Préparation du sérum [s3] | Médiane (3e–97e centile) [s3] | Unité [s3] |
|---|---|---|---|
| Filles nées à terme, ≤2 mois [s3] | Sérum non extrait [s3] | 3,8 (1,1–7,5) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons nés à terme, ≤2 mois [s3] | Sérum non extrait [s3] | 5,6 (0,5–10,1) [s3] | nmol/L [s3] |
| Enfants nés à terme, 2–4 mois [s3] | Sérum non extrait [s3] | 1,4 (1,2–2,6) [s3] | nmol/L [s3] |
| Enfants nés à terme, 4–12 mois [s3] | Sérum non extrait [s3] | 0,4 (0,3–1,0) [s3] | nmol/L [s3] |
| Enfants nés à terme, ≤2 mois [s3] | Sérum extrait par solvant organique [s3] | 3,1 (0,5–7,6) [s3] | nmol/L [s3] |
| Filles ≥1 an, Tanner I, 1–5 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 0,3 (0,3–1,0) [s3] | nmol/L [s3] |
| Filles ≥1 an, Tanner I, 5–8 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 1,1 (0,3–2,7) [s3] | nmol/L [s3] |
| Filles ≥1 an, Tanner I, >8 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 2,7 (1,2–4,7) [s3] | nmol/L [s3] |
| Filles, Tanner II–III [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 4,0 (1,8–10,1) [s3] | nmol/L [s3] |
| Filles, Tanner IV–V [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 6,2 (3,1–10,9) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons ≥1 an, Tanner I, 1–5 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 0,3 (0,3–0,5) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons ≥1 an, Tanner I, 5–9 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 1,3 (0,3–2,8) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons ≥1 an, Tanner I, >9 ans [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 1,2 (0,3–4,9) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons, Tanner II–III [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 3,5 (2,3–6,7) [s3] | nmol/L [s3] |
| Garçons, Tanner IV–V [s3] | Méthode RIA de l’étude [s3] | 5,6 (3,0–9,5) [s3] | nmol/L [s3] |
Dans cette étude pédiatrique, l’A4 restait basse après 4 mois jusqu’à l’âge de 5 ans, puis augmentait avec l’âge chronologique et le stade de Tanner; les concentrations les plus élevées étaient observées aux âges péripubertaires. [s3]
L’étude LC-MS/MS de Kushnir et al. a établi des intervalles chez les enfants de 6 mois à 17 ans; les concentrations d’A4 étaient les plus basses à 2–3 ans, et les concentrations adultes étaient atteintes au stade de Tanner 3 chez les filles et aux stades 4–5 chez les garçons. [s4]
Seuils de décision et gravité
| Statut défini dans l’étude [s1] | Femmes préménopausées (<50 ans), A4 [s1] | Femmes postménopausées (>50 ans), A4 [s1] | Unité [s1] |
|---|---|---|---|
| Intervalle de référence [s1] | 0,9–7,5 [s1] | 0,4–2,9 [s1] | nmol/L [s1] |
| Excès léger [s1] | 7,6–11,5 [s1] | 3,0–7,9 [s1] | nmol/L [s1] |
| Excès intermédiaire [s1] | 11,6–16,5 [s1] | 8,0–12,9 [s1] | nmol/L [s1] |
| Excès sévère [s1] | >16,5 [s1] | ≥13,0 [s1] | nmol/L [s1] |
Ces niveaux ont été définis arbitrairement par les auteurs, séparément avant et après la ménopause, à partir de leur expérience clinique et des intervalles locaux; ils ne constituent donc pas un seuil universel ni un seuil diagnostique individuel. [s1]
Interprétation
La revue sur les causes de l’excès androgénique rapporte qu’une insuffisance surrénalienne primaire est associée à une déficience sévère de la DHEA, de l’A4 et des androgènes actifs; cette association ne suffit pas à établir un diagnostic à partir de l’A4 seule. [s1]
Dans la cohorte de 1205 femmes, l’A4 était augmentée dans les 15 cas de carcinome corticosurrénalien; chez les femmes préménopausées, l’hyperplasie congénitale des surrénales représentait 59 % des causes d’un excès sévère d’A4. [s1]
Dans cette même cohorte, l’excès isolé d’A4 était le profil le plus fréquent chez les femmes postménopausées atteintes de SOPK; l’interprétation reposait sur le profil combiné A4–testostérone–DHEAS et non sur l’A4 isolée. [s1]
Dans l’étude sur le SOPK, 86 patientes et 43 témoins ont été étudiées; les patientes SOPK avaient des androgènes sériques plus élevés que les témoins, et dans le sous-groupe SOPK l’A4 sérique était positivement corrélée à l’indice d’androgènes libres et à l’excrétion totale des métabolites androgéniques. [s2]
Dans cette étude SOPK, les phénotypes avec A4 élevée avaient une excrétion androgénique totale supérieure à celle du groupe A4/testostérone normales; la dysglycémie augmentait selon le phénotype androgénique, de 0 % dans le groupe A4/testostérone normales, à 14 % avec A4 élevée et testostérone normale, puis à 25 % avec A4 et testostérone élevées. [s2]
La revue sur le SOPK et les troubles surrénaliens indique que l’A4 basale peut être élevée à la fois dans le SOPK et dans l’hyperplasie congénitale des surrénales non classique; elle ne doit donc pas être utilisée seule pour les distinguer. [s6]
Facteurs qui faussent le résultat
Dans l’étude pédiatrique, les prélèvements étaient réalisés entre 8 h et 9 h; les filles postménarchées étaient prélevées au début de la phase folliculaire, aux jours 3 à 5, et les enfants ne recevaient pas de traitement stéroïdien ou autre traitement au moment de l’étude. [s3]
Les échantillons hémolysés n’étaient pas traités dans l’étude pédiatrique; les sérums étaient conservés à −20 °C en évitant les cycles de congélation-décongélation. [s3]
Chez les nouveau-nés, la concentration mesurée dans le sérum non extrait était supérieure à celle du sérum après extraction; l’étude conclut qu’une extraction par solvant doit être envisagée à cette période pour limiter l’effet de stéroïdes interférents. [s3]
L’étude pédiatrique précise que les immunodosages peuvent être affectés par la réactivité croisée d’autres stéroïdes, tandis que la LC-MS/MS est décrite comme plus sensible, spécifique et exacte pour l’A4; les résultats ne sont donc pas directement transposables entre méthodes. [s3]
Dans l’étude LC-MS/MS de Kushnir et al., l’extraction portait sur 200 µL de sérum ou de plasma avec un étalon interne marqué par isotope; la limite de quantification de l’A4 était de 10 ng/L et l’imprécision totale de chaque analyte était inférieure à 11,2 %. [s4]
Dans l’étude de 1205 femmes, les valeurs d’A4 et de testostérone étaient mesurées par LC-MS/MS, et l’excès biochimique était défini au-dessus de l’intervalle normatif local spécifique de l’âge; les auteurs indiquent que l’utilisation des méthodes analytiques et des intervalles locaux est déterminante pour l’interprétation. [s1]
Sources
- Yasir S. Elhassan; Jan Idkowiak; Karen Smith; Miriam Asia; Helena Gleeson; Rachel Webster; Wiebke Arlt; Michael W. O’Reilly. Causes, Patterns, and Severity of Androgen Excess in 1205 Consecutively Recruited Women (2018)
- Michael W. O’Reilly; Angela E. Taylor; Nicola J. Crabtree; Beverly A. Hughes; Farfia Capper; Rachel K. Crowley; Paul M. Stewart; Jeremy W. Tomlinson; Wiebke Arlt. Hyperandrogenemia Predicts Metabolic Phenotype in Polycystic Ovary Syndrome: The Utility of Serum Androstenedione (2014)
- María Gabriela Ballerini; Virginia Gaido; María Eugenia Rodríguez; Ana Chiesa; María Gabriela Ropelato. Prospective and Descriptive Study on Serum Androstenedione Concentration in Healthy Children from Birth until 18 Years of Age and Its Associated Factors (2017)
- Mark M. Kushnir; Takara Blamires; Alan L. Rockwood; William L. Roberts; Bingfang Yue; Evrim Erdogan; Ashley M. Bunker; A. Wayne Meikle. Liquid chromatography-tandem mass spectrometry assay for androstenedione, dehydroepiandrosterone, and testosterone with pediatric and adult reference intervals (2010)
- Hanne Frederiksen; Trine Holm Johannsen; Stine Ehlern Andersen; Jørgen Holm Petersen; Alexander Siegfried Busch; Marie Lindhardt Ljubicic; Margit Bistrup Fischer; Emmie N. Upners; Casper P. Hagen; Katharina M. Main; Lise Aksglaede; Niels Jørgensen; Line Lund Kårhus; Allan Linneberg; Anna-Maria Andersson; Christa E. Flück; Anders Juul. Sex- and age-specific reference intervals of 16 steroid metabolites quantified simultaneously by LC-MS/MS in sera from 2458 healthy subjects aged 0 to 77 years (2024)
- Mert Yesiladali; Melis G. K. Yazici; Erkut Attar; Fahrettin Kelestimur. Differentiating Polycystic Ovary Syndrome from Adrenal Disorders (2022)