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Antibiogramme par diffusion en gélose

Examen biologique : Microbiologie bactérienne. La diffusion en disques est une méthode in vitro standardisée qui mesure la sensibilité d’une bactérie à des agents antimicrobiens par le diamètre des zones d’inhibition autour des disques déposés sur une gélose inoculée. Le diamètre obtenu est interprété avec les tableaux de breakpoints du standard retenu et ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic.

À quoi sert cet examen

Le test sert à mesurer in vitro la sensibilité d’un isolat bactérien à plusieurs agents antimicrobiens sélectionnés [s3,s6].

Il est indiqué lorsque la sensibilité ne peut pas être prédite de façon fiable à partir de l’identité de l’organisme seul, notamment pour des espèces susceptibles de présenter une résistance aux agents couramment utilisés [s3].

La méthode est largement utilisée en laboratoire de microbiologie parce qu’elle est peu coûteuse, relativement simple et adaptable à de nombreuses espèces bactériennes et combinaisons d’antimicrobiens [s6,s7].

L’OMS présente ces techniques standardisées comme particulièrement pertinentes pour la détection de la résistance dans les contextes où les ressources de laboratoire sont limitées [s4].

Le résultat doit être interprété avec les breakpoints et la terminologie du référentiel choisi; selon EUCAST, les catégories sont sensible à dose usuelle (S), sensible à exposition augmentée (I) ou résistant (R) [s1].

Valeurs de référence

Élément [s1]Résultat attendu ou usage [s1]
Nature du résultat [s6]Résultat catégoriel fondé sur le diamètre de chaque zone d’inhibition autour du disque [s1,s6]
Catégorisation [s1]S, I ou R selon les breakpoints cliniques applicables à l’organisme et à l’agent testé [s1,s3]
Valeur de référence générale [s3]Aucune plage universelle: les diamètres et les règles d’interprétation dépendent de la combinaison bactérie–antimicrobien et du standard utilisé [s1,s3]
Unité de lecture [s5]Diamètre de zone enregistré en millimètres (mm) dans le protocole OMS consulté [s5]
Règle de laboratoire [s1,s3]Le laboratoire doit appliquer un protocole standardisé et les tables de breakpoints correspondantes; le laboratoire assume la responsabilité du compte rendu final [s1,s3]

Seuils de décision et gravité

Aucun seuil chiffré n’est renseigné dans cette fiche: les breakpoints varient selon l’espèce, l’agent antimicrobien et le référentiel adopté, et doivent être lus dans la table à jour correspondante [s1,s3].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Milieu et épaisseur: le manuel EUCAST prescrit une gélose Mueller–Hinton d’une profondeur de 4,0 ± 0,5 mm; la surface doit être sèche, car l’humidité peut produire des bords de zones flous ou un voile dans les zones [s2].
  • Inoculum: une suspension à 0,5 McFarland est utilisée dans la méthode EUCAST; un inoculum plus dense réduit les zones d’inhibition et un inoculum plus léger les augmente [s2].
  • Délai de préparation: la suspension doit idéalement être utilisée dans les 15 minutes et toujours dans les 60 minutes selon le manuel EUCAST [s2].
  • Ensemencement et dépôt: les disques doivent être appliqués dans les 15 minutes suivant l’inoculation; une attente prolongée peut permettre la croissance de l’organisme et réduire artificiellement les diamètres [s2].
  • Contact du disque: le disque doit adhérer uniformément à la gélose et ne doit plus être déplacé après contact, car la diffusion commence immédiatement [s2,s5].
  • Nombre et espacement des disques: il faut limiter le nombre de disques pour éviter le chevauchement des zones et permettre une mesure fiable [s2].
  • Conditions du protocole: l’OMS indique que le milieu, la taille de l’inoculum, le temps et la température d’incubation ainsi que d’autres facteurs environnementaux peuvent modifier le résultat; dans son protocole pour Haemophilus influenzae, un pH de 7,2–7,4 et une profondeur d’agar de 3–4 mm sont spécifiés [s5].
  • Contrôle qualité: les zones de la souche de contrôle doivent être dans les limites attendues avant de poursuivre la lecture; l’OMS recommande aussi un contrôle avec chaque nouveau lot de milieu et chaque nouveau lot de disques [s5].
  • Variabilité opérateur: la lecture des zones, la densité de l’inoculum et l’ensemencement de la plaque influencent la précision et l’exactitude; l’étude de Hombach et collaborateurs a examiné la standardisation photométrique et l’ensemencement automatisé [s8].
  • Disques et limites: une perte de puissance des disques diminue les diamètres; la méthode ne mesure pas directement la concentration minimale inhibitrice (CMI) et peut prendre plus de temps que des systèmes automatisés [s2,s6].

Sources

  1. European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing (EUCAST). Disk Diffusion and Quality Control (2026)
  2. European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing (EUCAST). EUCAST Disk Diffusion Method for Antimicrobial Susceptibility Testing, Version 13.0 (2025)
  3. Clinical and Laboratory Standards Institute (CLSI). M02: Performance Standards for Antimicrobial Disk Susceptibility Tests, Fourteenth Edition (2024)
  4. World Health Organization. Manual for the laboratory identification and antimicrobial susceptibility testing of bacterial pathogens of public health importance in the developing world (2003)
  5. World Health Organization; Perilla MJ et al.. Manual for the laboratory identification and antimicrobial susceptibility testing of bacterial pathogens of public health importance in the developing world, Chapters 1–5 (2003)
  6. Gajic I et al.. Antimicrobial Susceptibility Testing: A Comprehensive Review of Currently Used Methods (2022)
  7. Clinical and Laboratory Standards Institute Methods Development and Standardization Working Group. The Continued Value of Disk Diffusion for Assessing Antimicrobial Susceptibility in Clinical Laboratories (2018)
  8. Hombach M et al.. Standardization of Operator-Dependent Variables Affecting Precision and Accuracy of the Disk Diffusion Method for Antibiotic Susceptibility Testing (2015)