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Antithrombine antigène

Examen biologique : Hématologie. L’antithrombine antigène mesure la quantité de protéine antithrombine dans le plasma; elle contribue surtout à distinguer une déficience quantitative de type I d’une anomalie qualitative de type II après un résultat fonctionnel abaissé. L’interprétation dépend de la méthode, de la population et du laboratoire; l’intervalle de référence local fait foi.

À quoi sert cet examen

L’antithrombine est une protéine plasmatique anticoagulante qui inhibe notamment la thrombine et les facteurs IXa et Xa; sa déficience est associée à un risque accru de thrombose veineuse [s1].

Le dosage est demandé notamment devant des thromboses répétées ou lorsqu’un traitement anticoagulant semble ne pas agir comme attendu [s2].

  • L’antigène quantifie la protéine, indépendamment de son activité fonctionnelle, et complète donc un dosage fonctionnel abaissé [s3].
  • Une activité abaissée avec antigène abaissé est compatible avec une déficience quantitative de type I; une activité abaissée avec antigène souvent conservé oriente vers une anomalie qualitative de type II, sans constituer à elle seule un diagnostic [s3,s4].
  • Un résultat bas doit être interprété avec le contexte clinique et les causes acquises; une confirmation sur un prélèvement ultérieur est recommandée avant de conclure à une déficience persistante [s4].

Valeurs de référence

Population [s3]Analyte et contexte de méthode [s3]Intervalle de référence usuel [s3]Interprétation pratique [s3]
Adultes [s3]Antithrombine, activité ou antigène selon la méthode utilisée [s3]80–120 IU/dL [s3]Repère général rapporté par l’ISTH; l’intervalle du laboratoire local, établi pour sa méthode et sa population, fait foi [s3]

Les valeurs en IU/dL ne sont pas converties ici en une autre unité, car aucune conversion vérifiée n’a été lue dans les sources retenues [s3].

Les données africaines retrouvées concernent l’activité de l’antithrombine, et non un intervalle d’antigène spécifiquement validé; elles sont donc présentées séparément et ne remplacent pas l’intervalle du laboratoire local pour l’antigène [s5].

Population étudiée [s5]Mesure et méthode rapportées [s5]Résultat numérique [s5]Limite d’utilisation pour l’antigène [s5]
155 donneurs de sang sains nigérians, 18–65 ans [s5]Activité plasmatique d’ATIII; l’abstract décrit une technique d’immuno-essai [s5]Moyenne 91,2 ± 14,2 %; intervalle de référence 62,8–119,6 % [s5]Donnée d’activité dans une population de donneurs; non interchangeable avec un intervalle d’antigène [s5]

Une plage numérique d’antigène spécifique à l’enfant n’a pas été retrouvée dans les sources retenues; il faut utiliser les intervalles pédiatriques validés par le laboratoire [s3,s6].

Les recommandations ISTH demandent d’utiliser des références pédiatriques jusqu’à l’âge de 6 mois; l’étude pédiatrique consultée montre que l’activité totale de l’antithrombine est significativement réduite chez le nouveau-né, mais elle ne fournit pas ici une plage numérique d’antigène à appliquer [s3,s6].

Seuils de décision et gravité

Contexte [s3]Valeur ou repère [s3]Nature et prudence d’interprétation [s3]
Déficience de type I suspectée [s3]Antigène et activité souvent <70 IU/dL [s3]Repère diagnostique rapporté, pas seuil critique universel ni intervalle de référence local [s3]
Rapport activité/antigène lorsque l’activité est abaissée [s3]Un rapport typiquement ≤0,7 peut s’observer dans une déficience de type II [s3]Seuil dépendant du réactif, de l’équipement et de la mutation; le laboratoire doit établir son propre intervalle [s3]

Les sources retenues ne donnent pas de seuil critique universel ni de cible thérapeutique pour l’antithrombine antigène; ces catégories ne doivent pas être confondues avec l’intervalle de référence [s3].

Interprétation

Un antigène abaissé avec une activité abaissée est compatible avec une déficience quantitative de type I; une déficience héréditaire ne doit être retenue qu’après exclusion des causes acquises et confirmation du résultat [s3,s4].

  • Diminution de production: insuffisance hépatique aiguë, cirrhose ou malnutrition [s1].
  • Pertes ou consommation accrues: syndrome néphrotique, coagulation intravasculaire disséminée et autres coagulopathies de consommation [s1,s2].
  • Autres contextes associés à un résultat abaissé dans les sources: transplantation de moelle osseuse et traitement par héparine; le contexte et la méthode doivent être vérifiés [s2,s4].

Une concentration supérieure à l’intervalle de référence n’est pas interprétable isolément; MedlinePlus cite notamment l’usage de stéroïdes anabolisants, l’hémophilie, la transplantation rénale et un faible taux de vitamine K parmi les situations associées à une antithrombine III élevée [s2].

Ces associations ne constituent pas un diagnostic et doivent être confrontées à la méthode, à l’intervalle local et au contexte clinique [s2].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Les méthodes d’antigène comprennent notamment ELISA, immunoélectrophorèse en fusée, immunodiffusion radiale et méthodes immunoturbidimétriques; les résultats ne sont pas nécessairement interchangeables entre méthodes [s3].
  • Une méthode d’agglutination au latex peut donner un antigène faussement abaissé pendant la grossesse [s3].
  • Les recommandations conseillent de répéter l’exploration plus de 4 semaines après la résolution d’une maladie et en l’absence d’anticoagulant interférent lorsqu’un résultat fonctionnel est bas [s3].
  • La thrombose récente, la chirurgie, la coagulation intravasculaire disséminée, une dysfonction hépatique, la protéinurie et l’héparine peuvent abaisser l’antithrombine; ces causes acquises doivent être exclues avant de conclure à une déficience héréditaire [s3,s4].
  • Certains médicaments peuvent modifier le résultat; ils ne doivent pas être arrêtés ou réduits sans avis du prescripteur [s2].

Sources

  1. Eric Hsu; Leila Moosavi. Biochemistry, Antithrombin III (2023)
  2. MedlinePlus; Warren Brenner (mise à jour médicale). Antithrombin III blood test (2026)
  3. Elizabeth M. Van Cott; Christelle Orlando; Gary W. Moore; Peter C. Cooper; Piet Meijer; Richard Marlar; Subcommittee on Plasma Coagulation Inhibitors. Recommendations for clinical laboratory testing for antithrombin deficiency; Communication from the SSC of the ISTH (2020)
  4. Kandice Kottke-Marchant; Alexander Duncan. Antithrombin deficiency: issues in laboratory diagnosis (2002)
  5. Vincent Oluseye Osunkalu; Okezie Obasi Kanu; Felix Ngwuli. Antithrombin III: Plasma Activity and Reference Range Among Nigerian Blood Donors (2015)
  6. V. Karlaftis; G. Sritharan; C. Attard; J. Corral; P. Monagle; V. Ignjatovic. Beta (β)-antithrombin activity in children and adults: implications for heparin therapy in infants and children (2014)