β-D-glucane fongique
Examen biologique : Parasitologie et mycologie. Le β-D-glucane est un constituant de la paroi de Candida, Aspergillus, Pneumocystis jiroveci et de plusieurs autres champignons; le dosage sérique est utilisé comme aide au diagnostic des infections fongiques invasives. Un résultat positif n’est pas spécifique d’une candidose invasive et suggère la possibilité d’une infection fongique invasive; il doit être interprété dans le contexte clinique et avec d’autres éléments diagnostiques.
À quoi sert cet examen
Le dosage sérique du β-D-glucane est approuvé comme examen complémentaire des cultures pour le diagnostic des infections fongiques invasives [s1].
Le β-D-glucane est un constituant de la paroi de Candida, Aspergillus, Pneumocystis jiroveci et de plusieurs autres champignons [s1].
Le β-D-glucane peut être utilisé comme marqueur d’aide au diagnostic des infections fongiques invasives; dans la méta-analyse de Karageorgopoulos et al., l’analyse portait sur des échantillons de sérum ou de plasma [s5].
Le terme LOINC 93812-6 correspond à la présence de 1,3 beta glucan dans le sérum et est classé comme observation qualitative/ordinale [s3].
Seuils de décision et gravité
| Cadre [s2] | Matrice [s2] | Seuil documenté [s2] | Condition documentée [s2] |
|---|---|---|---|
| Définition EORTC/MSGERC de maladie fongique invasive probable [s2] | Sérum [s2] | ≥80 ng/L (pg/mL) [s2] | Détecté dans au moins 2 échantillons sériques consécutifs, après exclusion d’autres étiologies [s2] |
Le consensus EORTC/MSGERC précise que deux résultats sériques de β-D-glucane ≥80 ng/L sont utiles pour la définition d’une maladie probable dans un contexte clinique approprié, après exclusion d’autres infections fongiques invasives [s2].
Le seuil EORTC/MSGERC ci-dessus est un critère de définition dans le cadre documenté et ne constitue pas un intervalle de référence universel pour toutes les méthodes, matrices ou populations [s2].
Interprétation
Un résultat positif au β-D-glucane n’est pas spécifique d’une candidose invasive; il suggère la possibilité d’une infection fongique invasive [s1].
Dans l’étude de Pickering et al. utilisant le test Fungitell sur des échantillons de sérum et de plasma de donneurs sains et de patients avec hémocultures positives pour levures ou bactéries, les performances par patient rapportées pour les trois groupes étaient une sensibilité de 93,3 %, une spécificité de 77,2 %, une valeur prédictive positive de 51,9 % et une valeur prédictive négative de 97,8 % [s6].
Dans la méta-analyse d’Onishi et al., pour les infections fongiques invasives, la sensibilité groupée était de 80 % (intervalle de confiance à 95 % : 77–82 %), la spécificité groupée de 82 % (intervalle de confiance à 95 % : 81–83 %) et l’aire sous la courbe ROC résumée de 0,88 (intervalle de confiance à 95 % : 0,82–0,93); l’hétérogénéité était significative [s4].
Facteurs qui faussent le résultat
La principale limite décrite par l’IDSA est le risque de faible spécificité et de résultats faussement positifs, particulièrement dans les populations de soins intensifs [s1].
Les causes de résultats faussement positifs citées par l’IDSA comprennent les infections systémiques à bactéries Gram positif ou Gram négatif, certains antibiotiques tels que l’amoxicilline-acide clavulanique intraveineuse, l’hémodialyse, la colonisation fongique, l’administration d’albumine ou d’immunoglobulines, l’utilisation de compresses chirurgicales ou d’autres matériaux contenant du glucane, ainsi que la mucite ou d’autres altérations de la muqueuse gastro-intestinale [s1].
L’IDSA indique que la spécificité peut être améliorée en exigeant des résultats positifs consécutifs plutôt qu’un seul résultat, mais que la fausse positivité reste une limite importante lorsque ces facteurs sont fréquents dans la population testée [s1].
Dans l’étude de Pickering et al., des concentrations d’hémoglobine de 588 mg/dL, de bilirubine de 72 mg/dL et de triglycérides de 466 mg/dL étaient celles associées à 20 % d’interférence dans l’évaluation du test Fungitell; ces valeurs appartiennent aux conditions expérimentales de cette étude [s6].
Sources
- Pappas PG et al.. Clinical Practice Guideline for the Management of Candidiasis: 2016 Update by the Infectious Diseases Society of America (2016)
- Donnelly JP et al.. Revision and Update of the Consensus Definitions of Invasive Fungal Disease From the European Organization for Research and Treatment of Cancer and the Mycoses Study Group Education and Research Consortium (2026)
- Regenstrief Institute / LOINC Committee. LOINC 93812-6 1,3 beta glucan [Presence] in Serum (2026)
- Onishi A et al.. Diagnostic accuracy of serum 1,3-β-D-glucan for Pneumocystis jiroveci pneumonia, invasive candidiasis, and invasive aspergillosis: systematic review and meta-analysis (2011)
- Karageorgopoulos DE et al.. Beta-D-glucan assay for the diagnosis of invasive fungal infections: a meta-analysis (2011)
- Pickering JW et al.. Evaluation of a (1->3)-beta-D-glucan assay for diagnosis of invasive fungal infections (2005)