Bilirubine totale
Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. Dosage sanguin de la bilirubine totale, qui reflète la somme analytique des fractions conjuguée et non conjuguée et aide à évaluer l’ictère, la fonction hépatobiliaire, la cholestase et l’hémolyse. Il s’interprète avec l’âge, le contexte clinique, les fractions directe/indirecte et les autres tests hépatiques; un résultat anormal est une association biologique et ne constitue pas, à lui seul, le diagnostic d’une maladie.
À quoi sert cet examen
**Indications**: Ictère ou suspicion de maladie hépatique, cholestase ou obstruction biliaire; surveillance d’une maladie hépatobiliaire connue; recherche d’une hyperbilirubinémie liée à l’hémolyse; évaluation de l’efficacité d’un traitement et surveillance de l’ictère néonatal. [s1,s2]
Le résultat total inclut les fractions conjuguée et non conjuguée. La bilirubine directe inclut la bilirubine conjuguée et la bilirubine delta liée à l’albumine; elle ne doit donc pas être assimilée sans réserve à la seule bilirubine conjuguée. [s1,s3]
**Préparation**: Le jeûne n’est pas une exigence universelle du dosage. Le prescripteur peut demander un jeûne ou des consignes particulières selon les analyses associées; ne pas interrompre un médicament sans avis clinique. [s2]
Éviter, si possible, un prélèvement traumatique et l’exposition à la lumière; signaler l’âge gestationnel/postnatal, les médicaments et les traitements en cours, car ils influencent l’interprétation et la décision néonatale. [s1,s3]
La bilirubine provient surtout du catabolisme de l’hème; le foie la capte, la conjugue puis l’excrète dans la bile. Le dosage total sert à rechercher ou surveiller un ictère, une maladie hépatocellulaire ou biliaire, une cholestase et une production accrue liée à l’hémolyse. [s1,s2]
La bilirubine totale est souvent suffisante pour l’évaluation initiale, mais la fraction directe/conjuguée et les tests associés sont nécessaires lorsque l’on doit distinguer mécanisme préhépatique, hépatocellulaire ou posthépatique. [s1,s3]
Valeurs de référence
| Intervalle | Limites | Methode | Population | Unité |
|---|---|---|---|---|
| 1–20 µmol/L | Intervalle harmonisé de référence, non seuil diagnostique, non cible thérapeutique; la méthode, la population et le laboratoire peuvent modifier les bornes. [s1] | Spectrophotométrie; spécimen sanguin/plasma ou sérum selon le laboratoire | Adulte; intervalle publié par le Royal College of Pathologists of Australasia | µmol/L |
| 0,3–1,0 mg/dL (5,1–17 µmol/L) | Valeur de synthèse à ne pas transposer comme plage universelle; elle diffère des catalogues institutionnels et n’est ni un seuil de traitement ni un seuil diagnostique. [s3] | Sérum; méthode non spécifiée dans la page | Adultes/âgés/enfants dans une synthèse clinique secondaire | mg/dL et µmol/L |
Seuils de décision et gravité
**Lecture du résultat**: L’intervalle de référence du laboratoire exécutant fait foi. Un intervalle de référence décrit une distribution dans une population et ne doit pas être confondu avec un seuil diagnostique, un seuil décisionnel ou une cible thérapeutique. Pour la bilirubine totale adulte, aucune cible thérapeutique générale ne s’applique; pour le nouveau-né, les seuils de photothérapie sont décisionnels, âge-dépendants et liés au risque clinique. [s1,s2]
L’ictère devient habituellement visible lorsque la bilirubine totale approche 2–3 mg/dL, mais la visibilité clinique n’est pas un seuil de diagnostic et ne remplace pas le dosage. Une bilirubine normale peut encore se voir dans certaines cirrhoses, au début d’une insuffisance hépatique fulminante ou lors de métastases hépatiques jusqu’à un stade avancé. [s1,s3]
Interpréter avec bilirubine directe/indirecte, ASAT, ALAT, phosphatases alcalines, gamma-GT, albumine, temps de prothrombine/INR et, si une hémolyse est suspectée, hémogramme, réticulocytes, LDH et haptoglobine. Le profil biologique oriente une hypothèse; il n’établit pas seul l’étiologie. [s1,s2,s3]
Interprétation
Une bilirubine totale basse est généralement sans signification clinique isolée. Elle peut être observée avec certains médicaments, mais doit être interprétée avec le contexte et la méthode plutôt que comme un diagnostic. [s2]
Une élévation totale peut résulter d’une production accrue (hémolyse ou érythropoïèse inefficace), d’un défaut de captation ou de conjugaison, d’une atteinte hépatocellulaire, d’une cholestase ou d’une obstruction biliaire. Elle peut être non conjuguée, conjuguée ou mixte; le dosage total seul ne localise pas la cause. [s1,s3]
Une élévation isolée prédominant sur la fraction non conjuguée est compatible, selon le contexte, avec un syndrome de Gilbert ou une hémolyse; une élévation conjuguée est fréquente dans l’atteinte hépatocellulaire et l’obstruction biliaire. Ces profils sont des associations et doivent être confirmés par les fractions, l’examen et les autres analyses. [s1,s3]
Chez le nouveau-né, l’ictère physiologique est fréquent, mais une hyperbilirubinémie importante ou prolongée expose à une neurotoxicité; les décisions de traitement sont fondées sur des seuils âge-en-heures et le risque clinique, non sur l’intervalle adulte. [s2]
Facteurs qui faussent le résultat
L’âge, le sexe, la prématurité, l’âge postnatal en heures chez le nouveau-né, la maladie intercurrente, le jeûne, l’exercice et certains médicaments peuvent modifier la bilirubinémie ou son interprétation. Dans le syndrome de Gilbert, le jeûne, le stress, l’effort ou la maladie peuvent majorer transitoirement la fraction non conjuguée. [s2,s3]
Une hémolyse de prélèvement, la lipémie et l’exposition à la lumière peuvent fausser le résultat; l’hémoglobine peut inhiber la réaction diazo et donner une bilirubine faussement basse. Des médicaments qui concurrencent la liaison à l’albumine ou le transport hépatique peuvent aussi influencer le résultat. [s3]
**Limites**: La bilirubine totale est sensible mais peu spécifique: une valeur élevée associe de nombreuses causes hématologiques, hépatiques, médicamenteuses et biliaires. Le test isolé ne diagnostique ni une hépatite, ni une obstruction, ni une hémolyse. [s2,s3]
Les intervalles varient selon l’âge, la population, la méthode, le réactif et le laboratoire. Les échantillons fortement hémolysés peuvent devoir être rejetés; la lumière, la lipémie et certains médicaments peuvent produire des résultats trompeurs. [s3]
Sources
- Royal College of Pathologists of Australasia (RCPA). Bilirubin (2026)
- U.S. National Library of Medicine, MedlinePlus. Bilirubin Blood Test (2026)
- Bishnu Prasad Devkota; éd. Sridevi Devaraj. Bilirubin: Reference Range, Interpretation, Collection and Panels (2025)