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Céruloplasmine

Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. La céruloplasmine est la principale protéine sérique de transport du cuivre et une ferroxydase; elle porte plus de 95 % du cuivre sérique chez l’adulte sain. Elle est surtout dosée dans l’exploration d’une maladie de Wilson, mais un résultat isolé ne confirme ni n’exclut ce diagnostic: l’interprétation doit intégrer clinique, cuivre urinaire des 24 heures, examen à la lampe à fente, bilan hépatique et, selon le cas, génétique ou cuivre hépatique.

À quoi sert cet examen

**Indications**: Indications principales: suspicion de maladie de Wilson devant une hépatopathie inexpliquée à tout âge, maladie hépatique associée à des signes neurologiques ou psychiatriques, insuffisance hépatique aiguë avec hémolyse non immune, hémolyse non immune récidivante, ou dépistage biochimique d’un apparenté à risque dans une démarche spécialisée. [s3]

**Méthode**: La méthode de référence couramment disponible dans le catalogue consulté est une immunonéphélométrie: la céruloplasmine forme un précipité avec un antisérum spécifique, puis la diffusion de la lumière est mesurée. Les immunodosages mesurent habituellement les formes apo- et holocéruloplasmine; une méthode fondée sur l’activité oxydase mesure surtout la holocéruloplasmine. [s1]

Dosage quantitatif de la céruloplasmine dans le sérum, principalement pour contribuer à l’exploration d’une maladie de Wilson, affection liée à ATP7B avec défaut d’incorporation du cuivre dans l’apocéruloplasmine et diminution de sa demi-vie. Le test peut aussi être demandé dans certaines explorations de déficit en cuivre ou de maladie de Menkes, mais il reste non spécifique. [s3]

Valeurs de référence

ContexteIntervalleLimitesPopulationSource
Intervalles publics0,186–0,555 g/L observés dans le groupe de référenceIl s’agit d’une plage observée dans cette cohorte et non d’un intervalle universel; elle ne doit pas être transposée à une autre méthode ou population. [s2]418 sujets sains âgés de 18–69 ansYang et al., cohorte chinoise, immunonéphélométrie Beckman Coulter IMMAGE
  • **Seuils à ne pas confondre**: Le seuil conventionnel de 0,20 g/L (20 mg/dL) est un seuil diagnostique d’orientation souvent utilisé pour la maladie de Wilson, pas un intervalle de référence universel. Selon la revue Cochrane, à 0,20 g/L la sensibilité publiée était de 77,1–99 % et la spécificité de 55,9–82,8 % dans des populations suspectes de maladie de Wilson; les études et méthodes étaient hétérogènes. [s1]; Dans la cohorte chinoise utilisant une immunonéphélométrie, le seuil ROC de 0,13 g/L avait une sensibilité de 97,0 % et une spécificité de 96,1 %; c’est un seuil décisionnel local à cette cohorte, non une cible ou une norme internationale. [s2]; Le résumé de la recommandation AASLD rapporte que les valeurs sont typiquement inférieures à 14 mg/dL dans la maladie de Wilson, avec une normale indiquée comme supérieure à 20 mg/dL, tout en soulignant la faible valeur prédictive d’une mesure isolée. [s3]; Aucun seuil thérapeutique universel de céruloplasmine n’est établi dans les sources consultées; ne pas utiliser cette seule concentration pour ajuster un chélateur ou le zinc. [s3]

Seuils de décision et gravité

**Lecture du résultat**: Interpréter avec le contexte clinique et un ensemble d’examens. La recommandation AASLD résumée demande, lorsque la maladie de Wilson est envisagée, un bilan hépatique, une numération et l’INR, la céruloplasmine sérique, le cuivre urinaire basal de 24 heures, un examen à la lampe à fente pour les anneaux de Kayser-Fleischer, une évaluation neurologique et, selon le cas, l’analyse d’ATP7B. [s3]

Interprétation

Une concentration basse est compatible avec une maladie de Wilson, mais aussi avec un déficit en cuivre, une maladie hépatique, une perte protéique, une malabsorption, la pénicillamine, Menkes ou d’autres situations. Dans la maladie de Wilson, l’absence d’incorporation du cuivre dans l’apocéruloplasmine raccourcit sa demi-vie; la valeur peut néanmoins être normale chez certains patients. [s2,s3]

Une concentration élevée survient surtout comme réponse de phase aiguë, pendant la grossesse ou sous contraception orale. Elle peut masquer une céruloplasmine basse attendue dans une maladie de Wilson; une valeur normale ou élevée n’exclut donc pas le diagnostic lorsque la suspicion clinique est forte. [s2,s3]

Facteurs qui faussent le résultat

  • **Diminuants**: Maladie de Wilson, déficit d’apport en cuivre, malabsorption, nutrition parentérale prolongée sans supplémentation en cuivre, traitement par pénicillamine, entéropathie exsudative et syndrome néphrotique. [s2]; Certaines hépatopathies avancées peuvent abaisser la concentration, mais une inflammation concomitante peut la normaliser ou l’augmenter. [s2]

**Limites**: Les principales limites sont la faible spécificité d’une valeur basse, la normalisation possible par la réaction inflammatoire, les faux négatifs, la variabilité interméthodes, les différences liées à l’âge et au sexe, et l’absence de standard universellement transposable. [s1,s2,s3]

Sources

  1. Ryan A, Nevitt SJ, Tuohy O, Cook P. Biomarkers for diagnosis of Wilson's disease (2019)
  2. Yang Y, Hao W, Wei T, Tang L, Qian N, Yang Y, Xi H, Zhang S, Yang W. Role of serum ceruloplasmin in the diagnosis of Wilson's disease: A large Chinese study (2022)
  3. Alkhouri N, Gonzalez-Peralta RP, Medici V. Wilson disease: a summary of the updated AASLD Practice Guidance (2023)