CK-MB
Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. La CK-MB est l'isoenzyme MB de la créatine kinase, mesurable comme activité enzymatique ou comme concentration protéique. Elle est moins cardiospécifique que la troponine, car elle existe aussi dans le muscle squelettique et peut augmenter après lésion musculaire; avec une troponine cardiaque contemporaine disponible, les recommandations ACC ne la recommandent pas pour le diagnostic de routine du syndrome coronarien aigu. Elle peut conserver une utilité contextuelle, notamment lorsque la troponine n'est pas disponible ou pour rechercher une réinfarction après une baisse initiale, sans jamais constituer seule un diagnostic.
À quoi sert cet examen
**Indications**: Ne pas utiliser la CK-MB en première intention pour un syndrome coronarien aigu si une troponine cardiaque contemporaine est accessible [s2]. Une demande peut être discutée dans un contexte documenté où la troponine n'est pas disponible, pour une suspicion de réinfarction après décroissance d'une première lésion, ou dans certains contextes périopératoires cardiaques, toujours avec ECG, symptômes et autres données cliniques [s1]. Elle peut aussi être demandée dans l'exploration d'une élévation enzymatique, mais la CK totale et l'évaluation musculaire sont alors souvent plus pertinentes selon le contexte.
La CK-MB reflète une lésion tissulaire libérant l'isoenzyme MB; le myocarde en contient environ 15 %, tandis que le muscle squelettique en contient environ 1–3 %, ce qui explique sa spécificité limitée [s1]. L'examen peut documenter une cinétique de lésion myocardique, mais il doit être confronté aux symptômes, à l'ECG, à l'imagerie et surtout à la troponine cardiaque lorsqu'elle est disponible [s1,s2].
Interprétation
Une CK-MB basse ou indétectable n'a pas de cible thérapeutique ni de signification pathologique spécifique. Un résultat bas précoce ne suffit pas à exclure une lésion myocardique, car la concentration dépend du délai depuis les symptômes et de la cinétique de libération [s1].
Une élévation peut être observée lors d'infarctus du myocarde, de myocardite, de chirurgie cardiaque ou d'une nouvelle lésion myocardique; elle peut aussi provenir du muscle squelettique, d'un traumatisme, d'une rhabdomyolyse, d'une myosite, d'une myopathie chronique ou d'un médicament [s1]. La CK-MB apparaît typiquement environ 4–6 heures après le début des symptômes, culmine vers 24 heures et revient généralement vers la normale en 48–72 heures; cette fenêtre explique son intérêt possible dans une réinfarction après décroissance initiale [s1]. Une valeur élevée est donc une association à une lésion possible, pas la preuve isolée d'un diagnostic.
Facteurs qui faussent le résultat
Le sexe, la masse musculaire, l'activité physique, l'exercice intense, les injections intramusculaires, la chirurgie, les convulsions, les brûlures, les traumatismes, la rhabdomyolyse, les myosites et les myopathies inflammatoires peuvent augmenter la CK-MB sans infarctus [s1]. Des statines, la daptomycine et certains antirétroviraux sont également rapportés comme causes d'élévation [s1]. Macro-CK, CK-BB, adénylate kinase libérée par les hématies, bilirubine ou substances fluorescentes peuvent perturber certains procédés; la grossesse, l'hypothyroïdie, l'insuffisance rénale et certaines tumeurs compliquent aussi l'interprétation [s1]. Les effets dépendent de la méthode et de l'état du prélèvement.
**Limites**: La CK-MB est moins cardiospécifique et moins sensible que la troponine cardiaque contemporaine; l'ACC indique qu'avec une troponine contemporaine, CK-MB et myoglobine ne sont pas utiles pour le diagnostic de routine de l'ACS [s2]. Une valeur normale précoce, une valeur isolée ou un ratio CK-MB/CK ne permettent ni d'exclure ni de confirmer seuls un infarctus [s1,s3]. Les résultats peuvent être faussés par la méthode (activité versus masse), macro-CK, CK-BB, adénylate kinase, hémolyse, exercice, médicaments et atteintes musculaires non cardiaques [s1]. Ne pas comparer des résultats obtenus par des méthodes ou laboratoires différents sans vérifier unités, calibrage et intervalles.
Sources
- Rahul Kurapati; Muhammad Zubair. Creatine Kinase MB: Diagnostic Utility and Limitations (2026)
- American College of Cardiology Accreditation Services. Guidelines for Troponin Testing: An Evidence-Based Approach to Diagnosis and Treatment of the ACS Patient (2016)
- Hassan Motamed; Mohammad Mohammadi; Zahra Tayebi; Alireza Rafati Navaei. The diagnostic utility of creatine kinase-MB versus total creatine phosphokinase ratio in patients with non-ST elevation myocardial infarction from unstable angina (2023)