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Coefficient de saturation de la transferrine

Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le coefficient de saturation de la transferrine (TSAT) est un biomarqueur de la disponibilité du fer, calculé à partir du fer sérique et de la CTFF/TIBC. Il s’interprète avec la ferritine, le contexte clinique et les limites propres à la méthode; il contribue à l’évaluation d’une carence martiale ou d’une surcharge en fer, sans constituer à lui seul un diagnostic.

À quoi sert cet examen

Le TSAT est un biomarqueur de la disponibilité du fer et doit être examiné avec la ferritine; il aide à explorer une carence en fer ou une surcharge en fer. [s1]

Les recommandations EASL résumées dans Frontline Gastroenterology utilisent la saturation de la transferrine avec la ferritine pour identifier une surcharge en fer compatible avec une suspicion d’hémochromatose; les seuils sont dépendants du sexe et du statut ménopausique et ne remplacent pas l’évaluation clinique et biologique complète. [s2]

Valeurs de référence

Le laboratoire réalisant l’analyse fait foi: l’intervalle dépend de la méthode, de la population de référence et du prélèvement. Les sources consultées divergent; les valeurs ci-dessous ne sont donc pas interchangeables et ne constituent pas un intervalle universel. [s1,s3]

Population ou sourceIntervalle de saturation de la transferrinePrécision
Hommes; MedlinePlus [s3]20–50 % [s3]Résultat normal indiqué pour la saturation du fer; intervalle de la source, sans prétention d’universalité. [s3]
Femmes; MedlinePlus [s3]15–45 % [s3]Résultat normal indiqué pour la saturation du fer; intervalle de la source, sans prétention d’universalité. [s3]
Adultes; revue de Gattermann et al., tableau de référence [s1]16–45 % [s1]Intervalle présenté dans la revue; la même revue souligne la variabilité du fer sérique et du TSAT. [s1]

Seuils de décision et gravité

Dans le résumé des recommandations EASL, une saturation de la transferrine supérieure à 45 % avec une ferritine supérieure à 200 µg/L chez les femmes, ou supérieure à 50 % avec une ferritine supérieure à 300 µg/L chez les hommes et les femmes ménopausées, fait suspecter une hémochromatose; ces seuils sont des critères de contexte et ne sont pas un diagnostic isolé. [s2]

La revue de Gattermann et al. rapporte qu’une saturation supérieure à 45 % chez les femmes ou à 50 % chez les hommes doit conduire à explorer une hémochromatose héréditaire; elle rapporte aussi une surcharge en fer lorsque la saturation dépasse 40 %, avec formation de fer libre aux valeurs supérieures à 60–70 %. Ces seuils ne doivent pas être confondus avec un intervalle de référence. [s1]

Interprétation

Une saturation basse est compatible avec une disponibilité du fer réduite; une saturation inférieure à 20 % est notamment décrite comme indicative d’une restriction martiale, particulièrement chez les porteurs de thalassémie. [s1,s5]

MedlinePlus associe les concentrations basses de fer à des pertes digestives chroniques, des menstruations abondantes, une malabsorption intestinale, un apport alimentaire insuffisant ou la grossesse; ces éléments doivent être confrontés au fer sérique, à la CTFF/TIBC et à la ferritine plutôt qu’interprétés à partir du TSAT seul. [s3,s4]

L’inflammation peut perturber la distribution du fer et modifier la transferrine ou la CTFF/TIBC; un TSAT bas dans ce contexte n’a pas la même signification qu’un TSAT bas sans inflammation. [s1]

MedlinePlus cite, parmi les contextes associés à un fer sérique élevé, l’hémochromatose, l’hémolyse, une atteinte ou inflammation hépatique, une intoxication par le fer et des transfusions répétées; le TSAT doit être interprété avec la ferritine et les autres données du bilan. [s3]

Une saturation élevée persistante peut justifier une exploration de surcharge selon le sexe, la ferritine et le contexte; les seuils EASL ne doivent pas être appliqués comme des seuils diagnostiques autonomes. [s2]

Facteurs qui faussent le résultat

L’inflammation et la maladie hépatique peuvent réduire la production de transferrine et donc la CTFF/TIBC; le TSAT peut ainsi être faussé par le contexte inflammatoire ou hépatique. [s1,s4]

Le sexe, la grossesse, les pertes sanguines, les transfusions et les maladies hépatiques modifient l’interprétation du bilan martial; les intervalles et seuils doivent être lus avec la population et la méthode de la source. [s2,s3]

Sources

  1. Norbert Gattermann; Martina U. Muckenthaler; Andreas E. Kulozik; Georgia Metzgeroth; Jan Hastka. The Evaluation of Iron Deficiency and Iron Overload (2021)
  2. Jennifer Cathcart; Ashis Mukhopadhya. European Association for Study of the Liver (EASL) clinical practice guidelines on haemochromatosis (2023)
  3. MedlinePlus, U.S. National Library of Medicine. Serum iron test (2026)
  4. MedlinePlus, U.S. National Library of Medicine. Total iron binding capacity (2026)
  5. Jonathon Snook; Neeraj Bhala; Ian L. P. Beales; et al.. British Society of Gastroenterology guidelines for the management of iron deficiency anaemia in adults (2021)