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Copeptine

Examen biologique : Lipides et risque cardiovasculaire. La copeptine est un glycopeptide de 39 acides aminés, fragment C-terminal du précurseur de l’arginine vasopressine, libéré en quantité équimolaire avec celle-ci; elle sert de marqueur mesurable de la libération de vasopressine. Sa stabilité supérieure à celle de la vasopressine permet des applications étudiées dans les troubles hydriques et dans certaines situations cardiovasculaires, mais son interprétation reste dépendante du contexte clinique et du dosage utilisé.

À quoi sert cet examen

La copeptine reflète indirectement la libération d’arginine vasopressine en réponse à des stimuli osmotiques, hémodynamiques et de stress; sa fonction physiologique propre n’est pas établie dans la revue cardiovasculaire consultée. [s1]

Elle a été étudiée comme biomarqueur dans le syndrome polyurie-polydipsie et le diabète insipide, ainsi que dans des maladies cardiovasculaires, notamment pour la stratégie de rule-out précoce de l’infarctus aigu du myocarde et pour la stratification pronostique de l’insuffisance cardiaque. [s2,s3,s5,s6]

Dans l’étude prospective de patients avec douleur thoracique, la combinaison copeptine–hs-cTnI mesurée à l’arrivée a été évaluée contre des mesures sériées de hs-cTnI; elle ne remplace pas l’évaluation clinique, l’ECG et le protocole local. [s3]

Valeurs de référence

Population ou contexteRésultat de copeptineUnitéPrécision
Cohorte saine, n=359 [s1]Médiane 4,2; intervalle 1–13,8 [s1]pmol/L [s1]Population saine de l’étude rapportée par la revue [s1]
Même cohorte saine [s1]95e percentile 9,8; 97,5e percentile 13; 99e percentile 18,9 [s1]pmol/L [s1]Percentiles rapportés, non intervalle universel pour tous les dosages [s1]
Adultes sains, 41 sujets; 20 hommes et 21 femmes; abstinence d’aliments et de liquides d’au moins 8 h [s5]Moyenne 8,5 chez les hommes et 5,2 chez les femmes [s5]pmol/L [s5]178 résultats masculins et 202 résultats féminins analysés [s5]
Patients avec insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée, n=86 [s4]Médiane 13,56; Q1–Q3 8,56–20,55 [s4]pmol/L [s4]Prélèvement de suivi à 4–8 semaines après le recrutement [s4]
Contrôles sains appariés, n=62, dans la sous-étude KaRen [s4]Médiane 5,98; Q1–Q3 4,15–9,42 [s4]pmol/L [s4]Comparaison rapportée avec les patients HFPEF; p<0,001 [s4]

Les résultats de sujets sains et les percentiles ci-dessus sont propres aux populations, aux conditions de prélèvement et aux méthodes rapportées; le laboratoire doit donc faire foi pour l’intervalle applicable à son dosage. [s1,s4,s5]

Seuils de décision et gravité

Dans l’étude prospective de 263 patients adultes avec douleur thoracique, les biomarqueurs étaient considérés anormaux lorsque la copeptine était >10 pmol/L et la hs-cTnI >26,2 ng/L; la copeptine était mesurée à l’arrivée et la hs-cTnI à 0 et 2 heures. [s3]

La revue cardiovasculaire rapporte que 14 pmol/L a été utilisé dans de nombreuses études, tandis que le 95e percentile de 9,8 pmol/L de la population générale a conduit à considérer un seuil plus bas de 10 pmol/L dans la stratégie de rule-out de l’infarctus; elle souligne que la valeur optimale reste à établir selon le dosage et le contexte. [s1]

Ces seuils sont des seuils de stratégies diagnostiques étudiées et non des limites générales de référence ni des critères diagnostiques autonomes. [s1,s3]

Interprétation

Des concentrations augmentées ont été rapportées dans des situations de stress aigu, notamment le sepsis, l’accident vasculaire cérébral et l’infarctus aigu du myocarde; la copeptine est décrite comme un biomarqueur non spécifique du stress endogène. [s1,s3,s7]

Dans la sous-étude KaRen, la concentration médiane était plus élevée chez les patients avec insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée que chez les contrôles sains, avec 13,56 contre 5,98 pmol/L. [s4]

La revue cardiovasculaire rapporte aussi une association inverse entre la copeptine et la baisse du débit de filtration glomérulaire dans la maladie rénale chronique, compatible avec une influence de la clairance rénale sur la concentration. [s1]

Facteurs qui faussent le résultat

Le plasma et le sérum sont les matrices suggérées pour le dosage; les autres types d’échantillon, notamment le liquide céphalorachidien, nécessitent une validation supplémentaire. [s1]

La copeptine reste stable plusieurs jours à température ambiante dans le sérum ou le plasma, contrairement aux difficultés de mesure de la vasopressine; cette stabilité ne dispense pas de respecter la méthode et les conditions préanalytiques du laboratoire. [s1,s7]

Dans la sous-étude KaRen, le prélèvement a été réalisé le matin à jeun dans un tube EDTA, puis centrifugé; le plasma a été aliquoté et conservé à −70 °C jusqu’à l’analyse. [s4]

Le rythme circadien et l’apport de nutriments influencent légèrement la concentration; l’exercice peut l’augmenter, avec retour aux valeurs habituelles après 1 heure dans la cohorte rapportée. [s1]

Lors d’une perfusion de sérum salé hypertonique à 3 % chez des sujets sains, la concentration médiane était plus élevée en cas de nausées et/ou vomissements que sans ces symptômes, 39,0 contre 20,0 pmol/L. [s1]

Les dosages et leurs limites analytiques ne sont pas interchangeables: la revue décrit deux approches immunologiques avec des limites de détection de 0,4 et 0,69 pmol/L et indique que les seuils doivent être interprétés avec la méthode utilisée. [s1]

Une concentration élevée de copeptine n’est pas spécifique d’une maladie cardiovasculaire; dans la douleur thoracique, elle doit être confrontée aux symptômes, à l’ECG, à la troponine et aux autres éléments d’évaluation. [s1,s3]

Sources

  1. Danni Mu; Jin Cheng; Ling Qiu; Xinqi Cheng. Copeptin as a Diagnostic and Prognostic Biomarker in Cardiovascular Diseases (2022)
  2. Ryan Jalleh; D J Torpy. The Emerging Role of Copeptin (2021)
  3. Kyung Su Kim; Gil Joon Suh; Sang Hoon Song; Yoon Sun Jung; Taegyun Kim; So Mi Shin; Min Woo Kang; Min Sung Lee. Copeptin with high-sensitivity troponin at presentation is not inferior to serial troponin measurements for ruling out acute myocardial infarction (2020)
  4. Camilla Hage; Lars H Lund; Erwan Donal; Jean-Claude Daubert; Cecilia Linde; Linda Mellbin. Copeptin in patients with heart failure and preserved ejection fraction: a report from the prospective KaRen-study (2015)
  5. Kay Weng Choy; Anna Carobene; Tze Ping Loh; Cherie Chiang; Nilika Wijeratne; Massimo Locatelli; Abdurrahman Coskun; Coskun Cavusoglu; Ibrahim Unsal. Biological Variation Estimates for Plasma Copeptin and Clinical Implications (2024)
  6. K C Lewandowski; G Brabant. Potential Clinical Utility of Copeptin (C-terminal provasopressin) measurements in clinical medicine (2016)
  7. Nils G Morgenthaler. Copeptin: a biomarker of cardiovascular and renal function (2010)