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Cortisol salivaire tardif

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le cortisol salivaire tardif est utilisé comme test de dépistage du syndrome de Cushing et exploite la diminution nocturne physiologique du cortisol, qui est perturbée en cas d’hypercortisolisme endogène. Le prélèvement salivaire est non invasif et peut être réalisé à domicile, mais l’interprétation dépend de la méthode, de la population et des conditions de prélèvement.

À quoi sert cet examen

Le cortisol salivaire tardif est recommandé comme test de première ligne pour le dépistage du syndrome de Cushing dans les recommandations de l’Endocrine Society [s1,s4].

Le test recherche la perte du nadir circadien nocturne : dans le syndrome de Cushing, la sécrétion de cortisol reste plus élevée en soirée qu’en situation normale [s1,s2].

Le prélèvement est non invasif, peut être effectué à domicile et évite un prélèvement sanguin nocturne stressant ou difficile à organiser [s1,s2].

La revue méthodologique consultée décrit aussi son intérêt pour le dépistage de l’hypercortisolisme endogène, le suivi d’une récidive après chirurgie hypophysaire et les situations où la globuline liant les corticostéroïdes est augmentée par les œstrogènes ou la grossesse [s3].

Valeurs de référence

Population adulteIntervalle ou distribution du cortisol salivaire tardifUnitéMéthode et contexte
100 volontaires sains [s5]0,17–0,97 [s5]µg/L [s5]Intervalle de référence obtenu par LC-MS/MS pour le cortisol salivaire tardif; la même étude a inclus 50 patients consécutifs [s5]
57 volontaires sains portugais [s6]0,054–0,1827; percentiles 2,5–97,5 [s6]µg/dL [s6]Dosage par électrochimiluminescence automatisée [s6]

Les intervalles ci-dessus sont propres aux populations et aux méthodes des études citées; ils ne remplacent pas l’intervalle validé par le laboratoire qui réalise le dosage [s3,s5,s6].

Seuils de décision et gravité

Dans une étude LC-MS/MS incluant 25 cas de syndrome de Cushing, un seuil de cortisol salivaire tardif de 2,4 nmol/L donnait une sensibilité de 100 % et une spécificité de 98 % [s4].

Dans une étude portugaise comprenant 57 volontaires sains, 39 personnes avec suspicion et 31 personnes avec syndrome de Cushing confirmé, le seuil de 0,1 µg/dL donnait une sensibilité de 96,77 % et une spécificité de 91,23 % [s6].

Dans une étude prospective utilisant une méthode de chimiluminescence, 16 nmol/L était le seuil étudié; dans l’ensemble des sujets, la sensibilité était de 97 % et la spécificité de 84 %, avec 117 témoins et 164 personnes évaluées pour un syndrome de Cushing, dont 47 cas et 117 sujets sans syndrome de Cushing [s7].

Dans une étude LC-MS/MS comprenant 100 volontaires sains et 50 patients consécutifs, les seuils les plus exacts pour l’hypercortisolisme étaient 1,15 µg/L dans la population avec suspicion d’hypercortisolisme et 1,30 µg/L dans la population incluant aussi les volontaires sains; l’aire sous la courbe était de 1 dans les deux populations [s5].

Les seuils de cortisol salivaire tardif varient selon la population et la méthode analytique; ils doivent donc être interprétés avec l’intervalle et la méthode du laboratoire [s3,s5,s6].

Interprétation

Une concentration salivaire tardive augmentée est compatible avec la perte du nadir circadien décrite dans le syndrome de Cushing; elle peut toutefois aussi être observée chez des sujets sans syndrome de Cushing dans certaines populations cliniques, notamment des personnes diabétiques ou obèses [s2,s7].

Facteurs qui faussent le résultat

Les recommandations décrivent habituellement deux prélèvements réalisés lors de soirées distinctes, entre 23 h et 24 h; la salive peut être recueillie par écoulement passif dans un tube ou avec une compresse de type Salivette mâchée pendant 1 à 2 minutes [s1].

Dans des prélèvements réalisés au même moment, les échantillons obtenus avec une Salivette avaient des concentrations de cortisol plus basses que ceux recueillis par écoulement passif, mais corrélaient mieux avec le cortisol sérique total et libre [s1].

La salive peut rester stable à température ambiante ou au réfrigérateur pendant plusieurs semaines selon la recommandation consultée [s1].

La réglisse et le tabac à mâcher contiennent de l’acide glycyrrhizique, inhibiteur de la 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2; cette situation est décrite comme pouvant faussement augmenter le cortisol salivaire tardif [s1].

Le tabagisme est associé à des mesures de cortisol salivaire tardif plus élevées que chez les non-fumeurs; la recommandation consultée conseille d’éviter de fumer le jour du prélèvement [s1].

Une contamination directe de la Salivette par une lotion ou un gel oral contenant un stéroïde peut produire un résultat faussement positif [s1].

Le test peut être inadapté aux travailleurs postés ou aux personnes ayant des heures de coucher variables; pour une personne se couchant régulièrement après minuit, l’horaire de prélèvement doit être ajusté à l’heure habituelle du sommeil [s1].

Le franchissement de plusieurs fuseaux horaires et un stress juste avant le prélèvement peuvent perturber transitoirement le cortisol salivaire nocturne; la recommandation privilégie une soirée calme à domicile [s1].

Les déterminants potentiellement confondants examinés dans une revue comprennent notamment l’âge, les facteurs liés aux hormones sexuelles, l’état de santé somatique, les médicaments aigus, le tabac, les aliments et boissons, l’alcool, l’activité physique et le sommeil [s8].

La 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2 salivaire convertit le cortisol en cortisone; la mesure de la cortisone salivaire par LC-MS/MS est décrite comme utile lorsqu’une contamination par un corticostéroïde topique ou oral est suspectée [s3,s4].

Dans une étude comparative, l’immunodosage présentait un biais positif de 51,8 % par rapport à la LC-MS/MS pour les stéroïdes salivaires [s5].

Sources

  1. Lynnette K Nieman; Beverly M Biller; James R Findling; M Christine Newell-Price; Martin O Savage; Paul M Stewart; Victor M Montori. The Diagnosis of Cushing's Syndrome: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2008)
  2. Carroll T; Raff H; Findling JW. Late-night salivary cortisol measurement in the diagnosis of Cushing's syndrome (2008)
  3. Raff H. Update on late-night salivary cortisol for the diagnosis of Cushing's syndrome: methodological considerations (2013)
  4. Antonelli G; Ceccato F; Artusi C et al.. Salivary cortisol and cortisone by LC-MS/MS: validation, reference intervals and diagnostic accuracy in Cushing's syndrome (2015)
  5. Ponzetto F; Settanni F; Parasiliti-Caprino M et al.. Reference ranges of late-night salivary cortisol and cortisone measured by LC-MS/MS and accuracy for the diagnosis of Cushing's syndrome (2020)
  6. Lages AS; Frade JG; Oliveira D et al.. Late-Night Salivary Cortisol: Cut-Off Definition and Diagnostic Accuracy for Cushing's Syndrome in a Portuguese Population (2018)
  7. Ceccato F; Marcelli G; Martino M et al.. The diagnostic accuracy of increased late night salivary cortisol for Cushing's syndrome: a real-life prospective study (2018)
  8. Strahler J; Skoluda N; Kappert MB et al.. Simultaneous measurement of salivary cortisol and alpha-amylase: Application and recommendations (2017)