Cortisol sérique matin
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage sérique mesure le cortisol total, c’est-à-dire les fractions liée et libre; l’interprétation est compliquée par le rythme circadien, le stress et les variations des protéines porteuses. Il peut servir de test basal initial avec l’ACTH quand une insuffisance surrénalienne est envisagée, mais la confirmation repose habituellement sur un test de stimulation lorsque celui-ci est indiqué.
À quoi sert cet examen
Le cortisol sérique matinal est utilisé comme mesure basale avec l’ACTH dans l’évaluation initiale d’une insuffisance surrénalienne suspectée; le dosage du cortisol stimulé par la corticotropine est le test de confirmation privilégié lorsque réalisable. [s1,s2]
Le résultat doit être interprété avec l’heure du prélèvement, la méthode et le contexte clinique, car les concentrations varient selon le rythme circadien, le stress et la fraction liée aux protéines porteuses. [s1,s3]
Valeurs de référence
Les intervalles ci-dessous sont des estimations issues de populations et méthodes précises, non une norme universelle; le laboratoire qui réalise l’analyse fait foi pour sa méthode et sa population. [s6,s8]
| Population et conditions [s8] | Intervalle ou observation [s8] | Méthode et portée [s8] |
|---|---|---|
| Adultes; sérum collecté à 08:00–10:00 lors de la première consultation ambulatoire. [s8] | 57–256 µg/L; intervalle estimé par refineR. [s8] | Cortisol total; dosage Roche Elecsys Cortisol II; intervalle indirect estimé. [s8] |
| Même population et fenêtre 08:00–10:00. [s8] | 62–271 µg/L; intervalle estimé par reflimR. [s8] | Cortisol total; résultat dépendant de la méthode statistique utilisée. [s8] |
| Même population; données transformées selon le lambda 0,284 proposé par refineR. [s8] | 57–251 µg/L; intervalle estimé par reflimR après transformation Box–Cox. [s8] | Cortisol total; intervalle indirect estimé. [s8] |
| 25 adultes sains de Guwahati, Inde; prélèvement après jeûne nocturne, comparaisons saisonnières. [s3] | À 06:00: 13,3 ± 2,6 µg/dL au total; à 09:00: 8,0 ± 2,8 µg/dL au total. [s3] | Moyennes ± écart-type observées dans une étude pilote, pas intervalle de référence; Elecsys Cortisol II. [s3] |
Dans une étude de 35 sujets sains âgés de 6,7 à 34,3 ans, le prélèvement était commencé à 08:00 après jeûne nocturne; les résultats variaient selon le stade pubertaire et le sexe. [s4]
| Groupe [s4] | Résultat matinal observé [s4] | Interprétation de l’étude [s4] |
|---|---|---|
| Stade de Tanner 5; 21 sujets sains. [s4] | 19/21 (90 %) avaient une valeur >248 nmol/L. [s4] | Le seuil de 248 nmol/L était une définition publiée de valeur normale non stimulée utilisée par les auteurs; ce n’est pas un intervalle pédiatrique universel. [s4] |
| Stade de Tanner 1; 8 enfants sains. [s4] | 0/8 avaient une valeur >248 nmol/L. [s4] | Les auteurs rapportent une différence maturative et indiquent que les seuils du cortisol matinal ne sont pas conclusivement établis. [s4] |
Seuils de décision et gravité
La recommandation de l’Endocrine Society suggère, si le test de stimulation n’est pas réalisable immédiatement, un cortisol matinal de 140 nmol/L (5 µg/dL) associé à l’ACTH comme test préliminaire suggérant une insuffisance surrénalienne, jusqu’au test confirmatoire. [s2]
Dans une cohorte rétrospective de 2 768 patients utilisant l’analyseur Abbott Architect, une mesure matinale entre 08:00 et 12:00 inférieure à 275 nmol/L identifiait un cortisol stimulé inférieur à 430 nmol/L avec une sensibilité de 96,2 %; ce seuil appartient à ce contexte d’étude et d’essai. [s5]
Pour le test de stimulation à la corticotropine, la recommandation indique qu’un pic de cortisol inférieur à 500 nmol/L (18 µg/dL) à 30 ou 60 minutes est insuffisant, avec une dépendance à l’essai; cette valeur ne constitue pas un intervalle du prélèvement matinal basal. [s2]
Interprétation
Une cortisolémie matinale basse, surtout lorsqu’elle est associée à une ACTH élevée, est compatible avec une insuffisance surrénalienne primaire dans les cadres décrits par les sources; le résultat basal isolé ne remplace pas la confirmation recommandée par stimulation lorsque celle-ci est possible. [s1,s2]
Dans l’étude de Guwahati, les valeurs à 09:00 étaient inférieures à celles de 06:00 chez les mêmes adultes sains; l’heure relative au lever du soleil peut donc contribuer à une valeur matinale plus basse. [s3]
Dans une étude longitudinale, le cortisol plasmatique total augmentait progressivement pendant la grossesse et atteignait au troisième trimestre une moyenne trois fois supérieure à celle des témoins; le cortisol libre plasmatique augmentait 1,6 fois. [s7]
Chez les utilisatrices d’un contraceptif oral faiblement dosé, le cortisol plasmatique total et la CBG étaient respectivement 2,9 fois et 2,6 fois plus élevés que chez les témoins; le cortisol libre plasmatique et le cortisol urinaire libre n’étaient pas significativement différents des témoins. [s7]
Facteurs qui faussent le résultat
Le prélèvement doit être rapporté avec son heure exacte: dans l’étude pilote de Guwahati, chez 25 adultes sains, la moyenne était de 13,3 ± 2,6 µg/dL à 06:00 contre 8,0 ± 2,8 µg/dL à 09:00; l’étude relie cette différence au rythme circadien et au moment du lever du soleil. [s3]
Le dosage sérique mesure surtout le cortisol total, alors qu’environ 10 % est non lié et biologiquement actif; les variations de la CBG et de l’albumine peuvent donc rendre la valeur totale moins représentative. La grossesse, les œstrogènes, la cirrhose et le syndrome néphrotique sont cités comme situations modifiant la liaison ou l’interprétation. [s1,s2]
Les immunodosages de routine présentent une variabilité inter- et intra-méthode et des effets de matrice; dans l’étude de performance, les dosages immunologiques sous-estimaient le cortisol dans la cohorte de grossesse, tandis que les cohortes recevant métyrapone ou prednisolone avaient des surestimations par tous les immunodosages. [s6]
Les immunodosages de routine peuvent être influencés par des stéroïdes synthétiques et endogènes, tandis que la spectrométrie de masse offre une spécificité plus élevée; la réponse au stress et le rythme circadien compliquent aussi l’interprétation. [s1,s3,s6]
Avant l’évaluation d’une insuffisance surrénalienne, la source diagnostique recommande de vérifier l’exposition aux corticostéroïdes, y compris les formes topiques et inhalées, car elle peut modifier l’évaluation. [s1]
Sources
- Salomi Shaikh; Lakshmi Nagendra; Shehla Shaikh; Joseph M. Pappachan. Adrenal Failure: An Evidence-Based Diagnostic Approach (2023)
- Stefan R. Bornstein; Bruno Allolio; Wiebke Arlt; Andreas Barthel; Andrew Don-Wauchope; Gary D. Hammer; Eystein S. Husebye; Deborah P. Merke; M. Hassan Murad; Constantine A. Stratakis; David J. Torpy. Diagnosis and Treatment of Primary Adrenal Insufficiency: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2016)
- Uma K. Saikia; Praveen Nagarajaiah; Abhamoni Baro; Ashok K. Bhuyan. A Comparison of 06:00 AM Versus 09:00 AM Serum Cortisol as a Basal Morning Cortisol in Guwahati, Assam: A Pilot Study (2024)
- Sarah L. Tsai; Kelly J. Seiler; Jill Jacobson. Morning Cortisol Levels Affected by Sex and Pubertal Status in Children and Young Adults (2013)
- Scott D. Mackenzie; Robert M. Gifford; Luke D. Boyle; Mike S. Crane; Mark W. J. Strachan; Fraser W. Gibb. Validated criteria for the interpretation of a single measurement of serum cortisol in the investigation of suspected adrenal insufficiency (2019)
- James M. Hawley; Laura J. Owen; Stephen J. Lockhart; Phillip J. Monaghan; Annie Armston; Carrie A. Chadwick; Heather Wilshaw; Maisa Freire; Leslie Perry; Brian G. Keevil. Serum Cortisol: An Up-To-Date Assessment of Routine Assay Performance (2016)
- Caroline Jung; Jui T. Ho; David J. Torpy; Anne Rogers; Matt Doogue; John G. Lewis; Raymond J. Czajko; Warrick J. Inder. A longitudinal study of plasma and urinary cortisol in pregnancy and postpartum (2011)
- Fatma Demet Arslan; Georg Hoffmann. Use of indirect methods and machine learning algorithms for the estimation of reference intervals, taking cortisol measurements as an example (2026)