Cortisol sérique soir
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le cortisol sérique doit être interprété en tenant compte de son rythme circadien, de la réponse au stress et de la distinction entre formes liées aux protéines et formes libres. Dans une étude ambulatoire, le cortisol sérique mesuré à 24 h était inférieur à 200 nmol/L chez 35 des 36 témoins sains; dans cette étude, 200 nmol/L a donné une sensibilité de 97,1 % et une spécificité de 97,2 % pour le syndrome de Cushing. Les résultats dépendent aussi de la méthode et de la matrice: les immunodosages usuels montraient une variabilité inter- et intra-essai, avec des effets particuliers de la grossesse, de la métopirone et de la prednisolone.
À quoi sert cet examen
- Le cortisol est le principal glucocorticoïde humain; l'interprétation des dosages quantitatifs sériques est compliquée par le rythme circadien, la réponse au stress et la coexistence de cortisol lié aux protéines et de cortisol libre [s3].
- Une étude a évalué le cortisol sérique de minuit chez 36 volontaires sains et 35 patients ayant un syndrome de Cushing, avec prélèvement à 24 h chez les témoins et la première nuit d'hospitalisation chez les patients [s1].
- Une autre étude a évalué le cortisol plasmatique tardif chez 35 patients ayant un syndrome de Cushing et 16 patients avec pseudo-syndrome de Cushing, en consultation puis après acclimatation à l'hôpital [s5].
- Dans 197 volontaires sains, des prélèvements appariés de salive et de sérum ont été recueillis à 08 h et 22 h; la valeur de référence à 22 h rapportée dans cet article concerne la salive (< 6,0 nmol/L), et ne constitue pas un intervalle sérique [s7].
Valeurs de référence
| Population et horaire | Résultat observé | Contexte de l'étude |
|---|---|---|
| 36 volontaires sains, 11 hommes et 25 femmes; âge médian 40,5 ans (22–60); sérum à 24 h [s1] | 35/36 valeurs étaient < 200 nmol/L [s1] | Témoins ambulatoires non endormis; IMC moyen 27,0 ± 5,9 kg/m² [s1] |
| 35 patients avec syndrome de Cushing; âge médian 44,5 ans (23–79); sérum à 24 h [s1] | 1 patient avait une valeur < 200 nmol/L [s1] | Première nuit après admission, état non endormi; IMC moyen 28,5 ± 6,9 kg/m² [s1] |
| Cortisol plasmatique tardif en consultation chez des patients avec syndrome de Cushing ou pseudo-syndrome de Cushing [s5] | Seuil d'étude 412,4 nmol/L; sensibilité 88,2 %, spécificité 91,2 %, AUC 0,957 [s5] | 35 patients avec syndrome de Cushing et 16 avec pseudo-syndrome de Cushing; dépistage en consultation [s5] |
Ces résultats sont spécifiques aux horaires, populations, conditions de sommeil et méthodes des études citées; ils ne remplacent pas l'intervalle de référence du laboratoire qui réalise le dosage [s1,s2,s5].
| Population | Horaires de prélèvement | Résultat rapporté |
|---|---|---|
| 235 enfants sains, 162 garçons et 73 filles, âgés de 2,2 à 18,5 ans [s4] | Sang veineux à 14 h, 18 h, 22 h, 02 h, 04 h, 06 h et 10 h [s4] | Les moyennes diurnes individuelles s'étendaient de 100 à 510 nmol/L [s4] |
Seuils de décision et gravité
- Dans l'étude de cortisol sérique à 24 h chez 36 témoins sains et 35 patients avec syndrome de Cushing, 200 nmol/L était le seuil utilisé; la sensibilité était de 97,1 % et la spécificité de 97,2 % dans cette population [s1].
- Dans l'étude du cortisol plasmatique tardif en consultation, 412,4 nmol/L était le seuil étudié, avec une sensibilité de 88,2 %, une spécificité de 91,2 % et une AUC de 0,957 [s5].
Les seuils ci-dessus sont des seuils d'études diagnostiques et ne sont pas des seuils universels; l'interprétation dépend de l'horaire, de l'état éveillé ou endormi, de la population et de la méthode [s1,s2,s5].
Interprétation
- La variation diurne du cortisol sérique est décrite comme presque toujours absente dans le syndrome de Cushing, avec des concentrations sériques de minuit élevées [s1].
- Dans l'étude ambulatoire citée, presque tous les témoins avaient une concentration sérique à 24 h inférieure à 200 nmol/L, alors qu'un patient avec syndrome de Cushing était aussi sous ce seuil [s1].
Facteurs qui faussent le résultat
- Le rythme circadien, le stress et la proportion de cortisol lié aux protéines ou libre compliquent l'interprétation des résultats sériques [s3].
- Les immunodosages sont sensibles à des interférences de stéroïdes synthétiques et endogènes et peuvent surestimer le cortisol; la spectrométrie de masse a une spécificité plus élevée dans la revue consultée [s3].
- Dans une comparaison de six dosages usuels à une procédure de référence LC-MS/MS, quatre immunodosages sous-récupéraient le cortisol dans la cohorte de grossesse; dans les cohortes traitées par métopirone ou prednisolone, tous les immunodosages surestimaient le cortisol [s2].
- Chez 10 femmes, le stress de la pose d'une canule a augmenté le cortisol dès son insertion; un repas de midi a augmenté les corticoïdes mesurés entre 11 h et 12 h, ce qui soutient un prélèvement minuté et la réduction des facteurs de stress [s6].
- Dans une étude de test à l'ACTH, des échantillons individuels de sujets non traités différaient jusqu'à 110 nmol/L entre trois immunodosages; chez 13 femmes prenant une contraception orale, le cortisol total à 30 minutes était deux fois plus élevé et le cortisol libre calculé plus bas que chez les sujets non traités [s8].
- La comparaison salivaire-sérique de 197 volontaires a utilisé des échantillons appariés à 08 h et 22 h; les intervalles salivaires ne doivent donc pas être transposés au cortisol sérique [s7].
Sources
- Pikkarainen L, Alfthan H, Markkanen H, Sane T. Midnight serum cortisol: comparison of healthy volunteers and hospitalized patients with Cushing's syndrome (2002)
- Hawley JM, Owen LJ, Lockhart SJ, Monaghan PJ, Armston A, Chadwick CA, Wilshaw H, Freire M, Perry L, Keevil BG. Serum Cortisol: An Up-To-Date Assessment of Routine Assay Performance (2016)
- Vega-Beyhart A, Araujo-Castro M, Hanzu FA, Casals G. Cortisol: Analytical and clinical determinants (2023)
- Knutsson U, Dahlgren J, Marcus C, Rosberg S, Brönnegård M, Stierna P, Albertsson-Wikland K. Circadian cortisol rhythms in healthy boys and girls: relationship with age, growth, body composition, and pubertal development (1997)
- Jarial KDS, Bhansali A, Mukherjee KK, Pal R, Sharma A, Vashishtha RK, Sukumar SP, Sachdeva N, Walia R. UTILITY OF A SINGLE LATE-NIGHT PLASMA CORTISOL AND ACTH FOR THE DIAGNOSIS OF CUSHING SYNDROME (2018)
- Dušková M, Sosvorová L, Vítků J, Jandíková H, Rácz B, Chlupáčová T, De Cordeiro J, Stárka L. Changes in the Concentrations of Corticoid Metabolites--The Effect of Stress, Diet and Analytical Method (2015)
- Aardal E, Holm AC. Cortisol in saliva--reference ranges and relation to cortisol in serum (1995)
- Klose M, Lange M, Rasmussen AK, Skakkebaek NE, Hilsted L, Haug E, Andersen M, Feldt-Rasmussen U. Factors influencing the adrenocorticotropin test: role of contemporary cortisol assays, body composition, and oral contraceptive agents (2007)