CTX sérique
Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le CTX sérique mesure un fragment C-terminal du collagène de type I libéré lors de la résorption de l’os mature; il est utilisé comme marqueur de résorption osseuse et comme marqueur de référence dans l’évaluation et le suivi du remodelage osseux. Les résultats dépendent fortement de l’essai, de l’heure, du jeûne, du type d’échantillon et de la population; l’intervalle du laboratoire utilisant sa méthode prévaut.
À quoi sert cet examen
Le CTX sérique reflète la résorption osseuse parce qu’il mesure un fragment du collagène de type I libéré pendant la dégradation de l’os mature. [s1,s4,s5]
Le CTX est l’un des marqueurs de référence de résorption osseuse dans les travaux et recommandations sur l’ostéoporose; il peut aider à surveiller la réponse au traitement anti-résorptif et l’évolution après son arrêt, mais son utilité clinique dépend de prélèvements et d’essais standardisés. [s1,s3,s4]
Le dosage peut contribuer à l’exploration de maladies métaboliques osseuses et de situations à remodelage élevé ou faible; le diagnostic de l’ostéoporose ne repose toutefois pas sur le seul dosage d’un marqueur de remodelage. [s2,s3]
Valeurs de référence
Le laboratoire qui réalise le dosage fait foi pour l’intervalle de référence, car les valeurs dépendent de la méthode, de l’essai, de la population et du protocole de prélèvement. Les intervalles ci-dessous sont des repères publiés pour l’essai Roche s-CTX sur prélèvement matinal à jeun; ils ne constituent pas une plage universelle. [s1,s2,s3]
| Population [s1] | Intervalle de référence du CTX [s1] | Unité et conditions [s1] |
|---|---|---|
| Hommes, 25–70 ans [s1] | 100–600 [s1] | ng/L; sérum Roche, prélèvement matinal à jeun [s1] |
| Hommes, >70 ans [s1] | 100–750 [s1] | ng/L; sérum Roche, prélèvement matinal à jeun [s1] |
| Femmes préménopausées, 20–29 ans [s1] | 150–800 [s1] | ng/L; sérum Roche, prélèvement matinal à jeun [s1] |
| Femmes préménopausées, 30–39 ans [s1] | 100–700 [s1] | ng/L; sérum Roche, prélèvement matinal à jeun [s1] |
| Femmes préménopausées, 20–49 ans, repère général [s1] | 150–800 [s1] | ng/L; des concentrations plus élevées peuvent être observées avant 40 ans [s1] |
| Femmes ménopausées, 50–70 ans [s1] | 50–800 [s1] | ng/L; sérum Roche, prélèvement matinal à jeun [s1] |
| Hommes, 20–24 ans; intervalle provisoire à données limitées [s1] | 400–900 [s1] | ng/L; intervalle provisoire [s1] |
| Femmes ménopausées, >70 ans; intervalle provisoire à données limitées [s1] | 100–1000 [s1] | ng/L; intervalle provisoire [s1] |
| Femmes préménopausées coréennes; étude de 287 femmes, essai Roche [s3] | 101–632 [s3] | ng/L; intervalle d’une population et d’un essai particuliers, non transposable automatiquement [s3] |
| Femmes préménopausées coréennes; autre consensus cité [s2,s3] | 36–899 [s2,s3] | ng/L; médiane rapportée 279 ng/L, population et étude distinctes [s2,s3] |
Une étude australienne liée à l’âge a utilisé des sérums à jeun chez 1 143 hommes âgés de 20 à 97 ans; ses données illustrent que l’âge et la population doivent être précisés, sans remplacer l’intervalle propre au laboratoire. [s8]
Les intervalles sériques australiens harmonisés ci-dessus sont également indiqués comme applicables au plasma EDTA dans la source, mais les intervalles d’autres essais CTX ne doivent pas être substitués sans vérification. [s1,s3]
Des intervalles pédiatriques publiés dans une revue Asie-Pacifique sont proposés pour le β-CTX plasmatique mesuré par l’essai Roche; ils ne sont pas spécifiques d’une seule population et doivent être remplacés par l’intervalle pédiatrique validé par le laboratoire lorsqu’il existe. [s3]
| Sexe et âge [s3] | Intervalle β-CTX [s3] | Unité et méthode [s3] |
|---|---|---|
| Filles et garçons, 0 à <5 ans [s3] | 600–1700 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Filles et garçons, 5 à <9 ans [s3] | 700–1900 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Filles, 9 à <14 ans [s3] | 900–2600 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 9 à <11 ans [s3] | 900–2400 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Filles, 14 à <16 ans [s3] | 400–2000 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 11 à <13 ans [s3] | 1000–3000 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Filles, 16 à <17 ans [s3] | 400–1500 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 13 à <15 ans [s3] | 1000–3300 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Filles, 17 à <20 ans [s3] | 400–1200 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 15 à <16 ans [s3] | 1000–3000 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 16 à <17 ans [s3] | 750–2700 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
| Garçons, 17 à <19 ans [s3] | 500–2300 [s3] | ng/L; plasma, essai Roche [s3] |
Seuils de décision et gravité
Aucun seuil universel de CTX ne permet à lui seul de prédire le risque fracturaire ou d’évaluer la réponse au traitement; les décisions doivent rester liées à la méthode, à l’intervalle de référence et au contexte clinique. [s2,s3]
La position coréenne indique qu’une concentration de marqueur de remodelage supérieure à 3 écarts-types au-dessus de la moyenne de référence peut faire rechercher une autre maladie métabolique osseuse qu’une ostéoporose; ce repère n’est pas un diagnostic et ne doit pas être appliqué sans population et méthode correspondantes. [s2]
Une revue de pratique rapporte qu’un CTX supérieur à 1,5 fois la limite supérieure de référence n’est pas typique d’une ostéoporose postménopausique stable et peut justifier la recherche d’une autre cause; il s’agit d’un repère de revue, non d’un seuil universel. [s4]
Une petite étude citée dans cette même revue associait un CTX inférieur à 200 pg/mL à un risque plus élevé d’ostéonécrose de la mâchoire après extractions chez des patients traités par bisphosphonates, mais les effectifs étaient faibles et la preuve est limitée; ce seuil n’est pas validé comme décision générale. [s4]
Interprétation
Une diminution du CTX est compatible avec la suppression de la résorption osseuse sous traitement anti-résorptif; une revue rapporte une baisse généralement supérieure à 40 % dans les trois mois suivant le début d’un bisphosphonate, mais cette valeur dépend du contexte et du protocole de suivi. [s4]
La prise alimentaire abaisse le CTX et un prélèvement non à jeun peut donc donner une valeur plus basse que celle obtenue dans les conditions standardisées. [s1,s2,s5,s6]
Des concentrations basses de marqueurs de résorption sont décrites dans certaines situations de remodelage faible, notamment la maladie osseuse diabétique et l’ostéodystrophie rénale adynamique; le résultat ne suffit pas à établir une cause. [s3]
Une concentration élevée est compatible avec une augmentation du remodelage ou de la résorption osseuse, mais elle n’est pas spécifique d’une maladie donnée. [s2,s3,s4]
Des valeurs élevées peuvent être observées dans des états de remodelage élevé tels qu’hyperparathyroïdie, hyperthyroïdie, maladie de Paget, maladie osseuse métastatique, myélome ou insuffisance rénale avancée; ces associations décrivent des contextes compatibles et ne constituent pas un diagnostic. [s3,s4]
Après une fracture, les marqueurs peuvent rester élevés jusqu’à six mois selon la revue consultée; l’événement récent doit donc être documenté lors de l’interprétation. [s4]
Le CTX est rapporté comme augmenté dans l’ostéoporose ou orienté vers une augmentation dans certaines cohortes, mais la corrélation individuelle avec la densité minérale osseuse n’est pas absolue. [s3,s4]
Facteurs qui faussent le résultat
Le CTX présente une variation circadienne marquée: les concentrations culminent habituellement au petit matin, autour de 2–5 h, et atteignent un nadir vers 11–14 h; une étude rapporte une amplitude d’environ ±40 % autour de la moyenne sur 24 h. [s2,s6]
Le jeûne nocturne réduit fortement la variation circadienne induite par l’alimentation; les prélèvements doivent être réalisés le matin après jeûne et les contrôles sériés à la même heure. [s1,s2,s4,s5,s6]
Le plasma EDTA est plus stable que le sérum pour le CTX dans les données méthodologiques consultées; si le sérum est utilisé, le traitement doit être rapide. Le même type d’échantillon doit être conservé pour le suivi. [s2,s5]
L’âge, le sexe, la ménopause, la grossesse, la fonction rénale, les maladies, certains médicaments, la saison, le cycle menstruel et l’activité physique peuvent modifier la concentration ou sa variabilité; un exercice intense est à éviter la veille du prélèvement selon la position consultée. [s2,s3,s6]
Les essais CTX ne sont pas entièrement harmonisés entre méthodes commerciales; un résultat doit être interprété avec la méthode et l’intervalle de référence du laboratoire, et les dosages sériés devraient être réalisés dans le même laboratoire. [s1,s3,s4,s5]
L’étude EuBIVAS a estimé le coefficient de variation biologique intra-individuel du β-CTX à 15,1 % (IC 95 %: 14,4–16,0 %) à partir de prélèvements à jeun hebdomadaires pendant dix semaines; cette variabilité limite l’interprétation d’une petite différence isolée entre deux résultats. [s7]
Sources
- Samuel D. Vasikaran; SA Paul Chubb; Peter R. Ebeling; et al.. Harmonised Australian Reference Intervals for Serum PINP and CTX in Adults (2014)
- So Young Park; Seong Hee Ahn; Jun-Il Yoo; et al.. Position Statement on the Use of Bone Turnover Markers for Osteoporosis Treatment (2019)
- Samuel Vasikaran; Subashini C. Thambiah; Rui Zhen Tan; Tze Ping Loh; APFCB Harmonization of Reference Interval Working Group. The Use of Bone-Turnover Markers in Asia-Pacific: Guidance for Clinical Applications (2024)
- Auteur non indiqué dans la page consultée. Bone turnover markers (2013)
- Stephen A. P. Chubb. Measurement of C-terminal telopeptide of type I collagen (CTX) in serum (2012)
- P. Qvist; S. Christgau; B. J. Pedersen; A. Schlemmer; C. Christiansen. Circadian variation in the serum concentration of C-terminal telopeptide of type I collagen (serum CTx): effects of gender, age, menopausal status, posture, daylight, serum cortisol, and fasting (2002)
- E. Cavalier; P. Lukas; M. Bottani; et al.; EFLM Working Group on Biological Variation and IOF-IFCC Committee on Bone Metabolism. European Biological Variation Study (EuBIVAS): within- and between-subject biological variation estimates of β-isomerized C-terminal telopeptide of type I collagen (β-CTX), N-terminal propeptide of type I collagen (PINP), osteocalcin, intact fibroblast growth factor 23 and uncarboxylated-unphosphorylated matrix-Gla protein (2020)
- N. Jenkins; M. Black; E. Paul; J. A. Pasco; M. A. Kotowicz; H.-G. Schneider. Age-related reference intervals for bone turnover markers from an Australian reference population (2013)