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Culture de sperme

Examen biologique : Microbiologie bactérienne. La culture de sperme est une culture microbiologique du liquide séminal utilisée pour rechercher des bactéries associées à certaines infections génito-urinaires. Son interprétation doit tenir compte de la flore commensale, de la contamination possible et de l’absence de consensus universel sur la définition d’une culture positive.

À quoi sert cet examen

Dans les cas suspects d’infection génito-urinaire, la recommandation EAU consultée indique de réaliser une culture de sperme ou une PCR pour les agents urinaires courants. [s5]

La culture peut contribuer à identifier des microorganismes et à quantifier les unités formant colonie, mais la présence de bactéries saprophytes du tractus génito-urinaire rend l’interprétation difficile. [s2,s6]

Valeurs de référence

Résultat attendu / intervalle de référence: non disponible dans les sources consultées. La revue de Jue et Ramasamy rapporte qu’aucun niveau « normal » d’organismes dans le sperme n’est fourni et qu’il n’existe pas de consensus sur la définition d’une culture positive. [s3]

Seuils de décision et gravité

Dans la recommandation EAU consultée, une concentration supérieure à 10³ CFU/mL de pathogènes urinaires dans l’éjaculat est indicative d’une bactériospermie significative. [s5]

Dans l’étude rétrospective d’Olana et al., les échantillons contenant plus de 10⁶ CFU ont été considérés comme positifs; ce seuil appartient au protocole de cette étude et ne constitue pas un intervalle universel. [s6]

Ces seuils ne doivent pas être présentés comme équivalents: la revue de Jue et Ramasamy souligne l’hétérogénéité des définitions de « culture positive » et l’absence de niveaux normaux consensuels. [s3,s5,s6]

Interprétation

Une culture positive peut être observée chez des sujets présentant des signes d’inflammation ou d’infection génito-urinaire, mais aussi chez des sujets sans ces signes; la positivité ne suffit donc pas, à elle seule, à établir la signification clinique du résultat. [s6]

Dans l’étude d’Olana et al., les bactéries isolées comprenaient notamment Enterococcus faecalis, Streptococcus agalactiae, Staphylococcus haemolyticus, Corynebacterium striatum, Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Citrobacter koseri, Morganella morganii, Enterobacter aerogenes et Proteus mirabilis. [s6]

La revue de Solomon et Henkel indique que la quantification des unités formant colonie et la détermination de la sensibilité microbiologique peuvent aider à caractériser un résultat de culture positif. [s2]

Facteurs qui faussent le résultat

La recommandation EAU demande que l’échantillon soit livré au laboratoire le jour même, car le moment du prélèvement peut influencer le taux de microorganismes positifs et la fréquence d’isolement des souches; la fiche Allina indique, pour son protocole, une stabilité de 24 heures à température ambiante en récipient stérile et de 48 heures dans un liquide de transport ESwab. [s5]

La partie distale de l’urètre n’est pas considérée comme stérile; la contamination du sperme peut venir du tractus urinaire ou de microorganismes sexuellement transmissibles, et il est difficile de distinguer une infection active d’une flore commensale. [s2]

La revue de Jue et Ramasamy rapporte que la contamination par la flore cutanée peut être difficile à éviter et que sa présence dans les cultures de sperme peut ne pas avoir de signification clinique; la leucocytospermie ne doit pas être assimilée automatiquement à un sperme infecté. [s3]

Après exclusion d’une infection urinaire, la recommandation EAU associe une concentration supérieure à 10⁶ leucocytes positifs à la peroxydase par millilitre d’éjaculat à un processus inflammatoire, tout en précisant que la leucocytospermie n’est pas un indicateur bactérien fiable à elle seule. [s5]

Le manuel OMS de sixième édition est présenté comme un document de référence pour les procédures et méthodes d’examen et de traitement du sperme, avec des protocoles standardisés destinés à soutenir la comparabilité des résultats entre laboratoires. [s1]

Pour la qualité pré-analytique des examens du sperme, Agarwal et al. recommandent de recueillir l’éjaculat entier dans un récipient stérile après 2 à 7 jours d’abstinence et de documenter toute perte d’une fraction de l’éjaculat; ces consignes concernent l’examen du sperme et doivent être conciliées avec les instructions du laboratoire réalisant la culture. [s4]

Sources

  1. World Health Organization. WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6th ed (2021)
  2. Michael Solomon; Ralf Henkel. Semen culture and the assessment of genitourinary tract infections (2017)
  3. Joshua S. Jue; Ranjith Ramasamy. Significance of positive semen culture in relation to male infertility and the assisted reproductive technology process (2017)
  4. Ashok Agarwal et al.. Standardized Laboratory Procedures, Quality Control and Quality Assurance Are Key Requirements for Accurate Semen Analysis in the Evaluation of Infertile Male (2021)
  5. European Association of Urology. EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health 2022 – Male infertility (2022)
  6. Soraya Olana et al.. Sperm culture and bacterial susceptibility to antibiotics in a large andrological population: prevalence and impact on seminal parameters (2022)