Culture de lavage bronchoalvéolaire
Examen biologique : Microbiologie bactérienne. La culture de lavage bronchoalvéolaire étudie un échantillon obtenu des bronchioles et des alvéoles pour rechercher des microorganismes, notamment par culture bactérienne et, selon le contexte, par examen microscopique ou autres examens ciblés. Les résultats quantitatifs et semi-quantitatifs doivent être interprétés avec le mode de prélèvement, la qualité de l’échantillon, les traitements antibiotiques et le contexte clinique; les seuils publiés ne sont pas interchangeables.
À quoi sert cet examen
Le lavage bronchoalvéolaire bronchoscopique prélève du liquide au niveau des bronchioles et des alvéoles; le volume récupéré peut servir à plusieurs analyses, dont la microscopie et la culture [s1].
La culture contribue à documenter la présence et la charge de microorganismes dans un prélèvement des voies respiratoires inférieures, mais une croissance doit être confrontée à la qualité du prélèvement et au contexte car une contamination pendant la collecte ou le traitement est possible [s1,s4].
Dans les recommandations IDSA/ATS concernant la pneumonie associée à la ventilation, l’échantillonnage invasif comprend notamment le lavage bronchoalvéolaire; ces recommandations suggèrent toutefois un prélèvement non invasif avec culture semi-quantitative plutôt qu’une culture invasive quantitative pour guider cette situation particulière [s3].
Valeurs de référence
Aucun intervalle de référence chiffré général n’est établi dans les sources consultées pour une culture de lavage bronchoalvéolaire; les seuils disponibles sont liés à des méthodes et à des contextes précis, notamment la surveillance ou l’évaluation de la pneumonie associée à la ventilation [s1,s3,s5].
Seuils de décision et gravité
Dans le manuel CDC/NHSN consulté, le seuil indiqué pour un lavage bronchoalvéolaire obtenu par bronchoscopie est ≥10^4 CFU/mL; le même seuil est indiqué pour le protected BAL. Ce seuil appartient aux critères microbiologiques de pneumonie du manuel et ne constitue pas une valeur de référence universelle pour tout résultat de culture de BAL [s5].
Le manuel CDC/NHSN précise que les résultats semi-quantitatifs doivent être mis en correspondance avec les seuils quantitatifs par le laboratoire; en l’absence d’information supplémentaire, une croissance « moderate », « heavy », « many » ou « numerous », ou 2+, 3+ ou 4+, est considérée comme correspondante dans le cadre décrit par le manuel [s5].
Les recommandations IDSA/ATS mentionnent comme seuil diagnostique de VAP une culture de BAL <10^4 CFU/mL lorsqu’une culture quantitative invasive est utilisée, et recommandent plutôt l’échantillonnage non invasif avec culture semi-quantitative [s3].
Dans une étude prospective publiée en 1993, un seuil de 10^3 CFU/mL a été utilisé pour une culture bactérienne quantitative de liquide de BAL; la sensibilité rapportée était de 90 % et la spécificité de 97 % dans la population étudiée [s2].
Les seuils publiés divergent selon la source et le contexte: 10^3 CFU/mL dans l’étude prospective de 1993, contre ≥10^4 CFU/mL dans le manuel CDC/NHSN et le cadre VAP des recommandations IDSA/ATS; ils ne doivent donc pas être choisis en silence ni appliqués hors de leur méthode et population [s2,s3,s5].
Interprétation
Une quantité de croissance située sous le seuil utilisé dans un protocole quantitatif est décrite par les recommandations IDSA/ATS comme sous le seuil diagnostique de VAP dans le cadre d’une culture invasive; cette information ne suffit pas à elle seule à conclure pour un patient individuel [s3].
L’étude prospective consultée rapporte que l’administration d’antibiotiques au moment du lavage diminue la sensibilité de la culture quantitative [s2].
L’article de synthèse consulté indique que l’antibiothérapie est un facteur de confusion de l’interprétation des cultures quantitatives de BAL [s1].
Une croissance de BAL ≥10^4 CFU/mL est le seuil présenté par le manuel CDC/NHSN pour un échantillon de BAL bronchoscopique dans ses critères microbiologiques de pneumonie [s5].
Dans l’étude prospective consultée, 10^3 CFU/mL était le seuil de culture quantitative associé aux performances rapportées dans cette étude; la valeur ne doit pas être transposée automatiquement à d’autres méthodes ou populations [s2].
L’article de synthèse indique qu’une croissance abondante ou prédominante d’un agent potentiellement pathogène a une signification accrue dans une culture semi-quantitative contenant une flore microbienne indigène, mais il souligne aussi que la qualité du prélèvement et la contamination peuvent rendre le résultat difficile à interpréter [s1].
Le manuel CDC/NHSN associe une culture quantitative positive ou son équivalent semi-quantitatif à un prélèvement des voies respiratoires inférieures considéré comme minimalement contaminé dans l’algorithme décrit; ce critère est à lire avec les autres éléments de l’algorithme, et non comme un diagnostic isolé [s5].
Facteurs qui faussent le résultat
Le lavage bronchoalvéolaire doit être transporté dans un récipient stérile; lorsqu’un grand volume est recueilli, la concentration du liquide avant microscopie et culture peut améliorer le rendement des colorations et des cultures [s4].
La source de microbiologie consultée déconseille de soumettre le liquide de BAL à une culture anaérobie sauf si une brosse bronchoscopique protégée et gainée a été utilisée; cette limite concerne la demande d’examen, pas la culture bactérienne de routine [s4].
Une contamination pendant la collecte ou le traitement peut survenir; la source consultée précise que l’appréciation de la signification réelle d’une croissance exige un jugement clinique [s4].
L’article de synthèse signale qu’un échantillon excessivement contaminé peut rendre une culture quantitative ou semi-quantitative non interprétable et qu’il n’existe pas d’approche standard établie pour évaluer la qualité de l’échantillon dans ce contexte [s1].
Les antibiotiques administrés au moment du BAL diminuent la sensibilité de la culture quantitative; une intubation de plus de 24 heures a diminué la spécificité dans le sous-groupe correspondant de l’étude prospective consultée [s2].
La méthode de rendu importe: les équivalences entre quantitatif et semi-quantitatif doivent être vérifiées avec le laboratoire, et les résultats proches d’un seuil ne doivent pas être utilisés strictement ou seuls pour classer un cas dans l’article de synthèse consulté [s1,s5].
Sources
- Vickie Baselski; J. Stacey Klutts. Quantitative Cultures of Bronchoscopically Obtained Specimens Should Be Performed for Optimal Management of Ventilator-Associated Pneumonia (2013)
- D. E. Cantral; T. G. Tape; E. C. Reed; J. R. Spurzem; S. I. Rennard; A. B. Thompson. Quantitative culture of bronchoalveolar lavage fluid for the diagnosis of bacterial pneumonia (1993)
- Andre C. Kalil et al.. Management of Adults With Hospital-acquired and Ventilator-associated Pneumonia: 2016 Clinical Practice Guidelines by the Infectious Diseases Society of America and the American Thoracic Society (2016)
- Patrick R. Murray. The Clinician and the Microbiology Laboratory (2014)
- Centers for Disease Control and Prevention. Pneumonia (2026)