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Culture de prélèvement ophtalmique

Examen biologique : Microbiologie bactérienne. La culture de prélèvement ophtalmique met en culture un prélèvement oculaire pour rechercher et, si une croissance est obtenue, identifier une bactérie; une étude de sensibilité peut être associée au résultat. L’interprétation dépend du site prélevé, du faible volume parfois disponible, du délai de transport et de l’exposition préalable à des antimicrobiens ou à des produits topiques.

À quoi sert cet examen

La culture bactérienne sert à rechercher une bactérie dans un échantillon et à en déterminer le type lorsqu’une croissance est obtenue. [s5]

Pour un prélèvement ophtalmique, elle apporte une identification microbiologique et peut être accompagnée d’une étude de sensibilité; le site exact et l’infection suspectée sont nécessaires pour orienter le traitement du prélèvement au laboratoire. [s5]

Les prélèvements externes peuvent concerner la paupière, le bord palpébral, la conjonctive, le système lacrymal, la région périorbitaire ou la cornée; les prélèvements cornéens et intraoculaires ont des modalités distinctes. [s1,s3]

Une culture conjonctivale est particulièrement documentée dans les conjonctivites hyperaiguës, récidivantes ou ne répondant pas au traitement; dans les cas hyperaigus, la source consultée recommande aussi un examen direct et une culture avec antibiogramme. [s4]

Valeurs de référence

Résultat attendu: compte rendu qualitatif indiquant une absence de croissance ou une croissance avec examen direct, identification du microorganisme et, lorsque réalisé, étude de sensibilité selon la procédure du laboratoire. [s5]

Dans une série rétrospective iranienne de 16 656 prélèvements oculaires, 6 556 prélèvements (39,36 %) avaient une croissance bactérienne et 9 370 (56,26 %) aucune croissance; ces données descriptives d’un laboratoire et de sites variés ne constituent pas un intervalle de référence universel. [s6]

Dans cette même série, la proportion de croissance bactérienne variait selon le site: 1 687 sur 2 876 prélèvements conjonctivaux (58,66 %) et 2 782 sur 8 201 prélèvements cornéens (33,92 %). [s6]

Interprétation

Une absence de croissance ne suffit pas à exclure une infection oculaire: les échantillons peuvent être très petits, paucibacillaires, difficiles à recueillir ou transportés dans des conditions qui diminuent la récupération des microorganismes. [s2,s3,s7]

Une culture négative peut aussi être favorisée par une exposition antimicrobienne préalable ou par l’emploi préalable d’un anesthésique ou d’un colorant topique. [s2,s3,s7]

Une croissance bactérienne conduit le laboratoire à rapporter le microorganisme identifié et, lorsque l’examen est réalisé, sa sensibilité aux antimicrobiens; le résultat doit être interprété avec le site du prélèvement et les informations cliniques. [s5]

La présence de bactéries en culture ne constitue pas à elle seule un diagnostic: la flore commensale, la contamination et la différence entre l’œil atteint et l’œil non atteint peuvent modifier l’interprétation. [s2,s3]

Facteurs qui faussent le résultat

Le volume oculaire est souvent limité et les prélèvements peuvent être irremplaçables; le site, le côté de l’œil, le type de prélèvement et l’infection suspectée doivent être transmis au laboratoire. [s2,s3,s7]

Le prélèvement doit être acheminé immédiatement lorsque cela est possible; pour les écouvillons, le guide UW indique un transport à température ambiante, idéalement dans les 4 heures et au plus tard dans les 24 heures, avec réduction de la viabilité après 24 heures. [s3]

Après utilisation d’un anesthésique ou d’un colorant topique, ces produits peuvent réduire la récupération des agents; la revue consultée recommande de prélever avant leur application ou, si un anesthésique a été appliqué, d’attendre puis de rincer doucement au sérum physiologique avant le prélèvement. [s2]

Un traitement antimicrobien préalable peut réduire la positivité de la culture; la revue pratique rapporte que, pour un ulcère ne répondant pas au traitement, l’arrêt du traitement pendant 48–72 heures avant le prélèvement a été proposé pour laisser diminuer son effet, décision qui relève du clinicien et n’est pas une posologie. [s2]

Les écouvillons en coton ou en alginate peuvent retenir ou inhiber des microorganismes; la revue consultée recommande d’humidifier les écouvillons appropriés avec du sérum physiologique ou de l’eau stérile avant le prélèvement, tandis que le guide UW accepte un écouvillon dans un milieu Amies ou ESwab mais signale sa dilution du petit échantillon. [s2]

Les raclures cornéennes doivent être obtenues par un ophtalmologiste et peuvent être inoculées directement sur le milieu selon la procédure du laboratoire; les prélèvements cornéens ne suivent pas la même procédure qu’un écouvillon externe. [s1]

Les instructions de culture bactérienne externe consultées ne sont pas appropriées pour la détection de Chlamydia, d’Acanthamoeba, des mycobactéries ou des virus; ces recherches nécessitent des prélèvements, milieux ou méthodes ciblés. [s1]

Des prélèvements comparables de la paupière et de la conjonctive des deux yeux peuvent aider à distinguer une croissance liée à l’œil atteint d’une flore de comparaison, mais cette approche augmente le nombre de prélèvements. [s2,s3]

Sources

  1. UPMC Clinical Microbiology Laboratory. Ophthalmic Microbiology Specimen Collection Manual (2026)
  2. Sanchita Mitra; Kavya Chandran; Merle Fernandes. Practical tips and common mistakes in ocular microbiology sampling and processing (2023)
  3. Sixto M. Leal Jr; Kyle G. Rodino; W. Craig Fowler; Peter H. Gilligan. Practical Guidance for Clinical Microbiology Laboratories: Diagnosis of Ocular Infections (2021)
  4. M. M. Pippin. Bacterial Conjunctivitis (2023)
  5. MedlinePlus. Bacteria Culture Test (2024)
  6. Fahimeh Asadi-Amoli; Zohreh Abedinifar; Zohreh Nozarian et al.. Microbiological Profile of Ocular Infection: A Large Retrospective Study (2022)
  7. Sanchita Mitra. Diagnostic microbiology for intraocular infections: A comprehensive approach (2025)