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Cystine urinaire

Examen biologique : Fonction rénale et urines. La mesure quantitative de la cystine urinaire, généralement sur un recueil de 24 heures, sert à mettre en évidence l’excrétion excessive de cystine et à suivre la composition urinaire des personnes atteintes de cystinurie. Les résultats s’interprètent avec la concentration urinaire, la méthode et les traitements thiol-liants, qui peuvent fausser les dosages usuels.

À quoi sert cet examen

La mesure quantitative de cystine dans les urines de 24 heures est utilisée pour quantifier l’excrétion de cystine et contribuer à l’évaluation de la cystinurie; un recueil ponctuel normalisé par la créatinine peut constituer une autre approche quantitative [s1,s2].

Le recueil de 24 heures peut établir une base de suivi et mesurer les changements de la chimie urinaire au cours du suivi clinique; les recommandations de consensus indiquent de mesurer notamment le volume urinaire, le pH et la cystine [s1,s3].

Le test au cyanure-nitroprussiate est un test qualitatif de dépistage distinct du dosage quantitatif de cystine urinaire [s1].

Valeurs de référence

Population et nature de la donnée (excrétion sur 24 h; âge et sexe non précisés) [s1,s2,s6]Cystine urinaire [s1,s2,s6]Portée rapportée par la source [s1,s2,s6]
Personnes décrites comme saines — repère publié, non partitionné par âge ou sexe [s2,s6]<30 mg/j [s2,s6]Valeur rapportée dans des revues; elle ne constitue pas un intervalle de référence universel propre à une méthode [s2,s6].
Personnes porteuses d’une mutation hétérozygote ou homozygote des gènes associés à la cystinurie [s1]>80 mg/24 h [s1]Repère d’excrétion décrit pour ces porteurs dans le consensus, sans partition selon l’âge ou le sexe [s1].
Patients atteints de cystinurie — excrétion dite typique [s2]>300 mg/j [s2]Repère descriptif rapporté par la revue; il ne s’agit pas d’un intervalle de référence de laboratoire [s2].
Personnes décrites comme ayant un transporteur défectueux [s6]≥400 mg/j, avec des valeurs pouvant atteindre 3 600 mg/j [s6]Repère rapporté par une autre revue; la population n’est pas davantage stratifiée dans le passage consulté [s6].

Les publications rapportent des repères distincts selon qu’elles décrivent des sujets sains, des porteurs de mutations ou des patients atteints; ces données ne définissent pas une plage adulte universelle. L’intervalle de référence fourni par le laboratoire exécutant, adapté à sa méthode et à sa population, fait foi [s1,s2,s6].

Âge et type de mesure (urine ponctuelle, rapport cystine/créatinine; pas une excrétion 24 h) [s2]Limite rapportée [s2]
Moins d’un mois [s2]<80 mg/g de créatinine [s2]
De 1 à 12 mois [s2]<52 mg/g de créatinine [s2]
Plus d’un an [s2]<35 mg/g de créatinine [s2]

Ces repères concernent le rapport cystine/créatinine dans un échantillon ponctuel; ils ne doivent pas être confondus avec des limites pédiatriques d’excrétion sur 24 heures [s2].

Seuils de décision et gravité

Nature du repère [s1,s3,s5]Valeur rapportée [s1,s3,s5]Interprétation et portée [s1,s3,s5]
Test qualitatif au cyanure-nitroprussiate [s1]>75 mg/L [s1]Le test ponctuel peut virer au violet au-delà de ce niveau; ce repère concerne le dépistage qualitatif, et non un intervalle de référence pour le dosage quantitatif [s1].
Concentration urinaire associée à une sursaturation et à un risque plus élevés de calcul [s1]>250–300 mg/L [s1]Association rapportée dans le consensus; ce n’est pas un intervalle de référence biologique [s1].
Objectif de concentration urinaire de suivi décrit par le consensus [s1,s3]<250 mg/L [s1,s3]Repère thérapeutique de suivi rapporté par les recommandations, et non intervalle de référence d’une population saine [s1,s3].
Objectif rapporté par une revue pour des adultes ayant des calculs [s5]<200 mg/L [s5]Valeur présentée séparément de l’objectif de <250 mg/L; il s’agit d’un objectif de prise en charge rapporté par cette revue, pas d’un intervalle biologique universel [s1,s5].

Interprétation

Une excrétion urinaire de cystine supérieure aux repères publiés peut être observée en cas de cystinurie liée à un défaut du transport rénal de cystine et d’autres acides aminés dibasiques; cela ne suffit pas, isolément, à poser un diagnostic [s1,s2,s6].

Une concentration urinaire élevée de cystine est associée à une sursaturation et à un risque accru de cristallisation ou de calculs, selon le consensus consulté [s1].

Facteurs qui faussent le résultat

Les méthodes usuelles peuvent mal distinguer la cystine libre des complexes cystéine–médicament formés sous traitement par médicaments thiol-liants; dans ce contexte, les dosages usuels peuvent être inexacts [s1,s3,s5].

Une méthode HPLC-MS/MS a été évaluée pour séparer et quantifier la cystine et le complexe cystéine–tiopronine dans des échantillons de 24 heures de personnes atteintes de cystinurie sous médicament thiol-liant; cette étude de validation ne fixe pas d’intervalle de référence [s4].

La faible solubilité de la cystine en urine acide peut conduire à une mesure artificiellement basse; les méthodes colorimétriques reposant sur les groupes sulfhydryles sont en outre sensibles aux médicaments thiol-liants [s3,s5].

L’excrétion de cystine varie au cours de la journée; des prélèvements séparés jour/nuit ont été proposés pour mettre en évidence des périodes de sursaturation qui peuvent ne pas apparaître dans un recueil global de 24 heures [s5].

Le recueil de 24 heures peut être difficile à réaliser chez les jeunes enfants; la complétude du recueil et les conditions de mesure doivent donc être considérées lors de l’interprétation [s1,s2].

Sources

  1. Brian H. Eisner et al.. Evaluation and Medical Management of Patients with Cystine Nephrolithiasis: A Consensus Statement (2020)
  2. Sanober Sadiq ; Onur Cil. Cystinuria: An Overview of Diagnosis and Medical Management (2022)
  3. Sarah M. Azer ; David S. Goldfarb. A Summary of Current Guidelines and Future Directions for Medical Management and Monitoring of Patients with Cystinuria (2023)
  4. Charles C. Mikel et al.. Accurate 24-h urine cystine quantification for patients on cystine-binding thiol drugs (2022)
  5. Mohamad Moussa et al.. Update on cystine stones: current and future concepts in treatment (2020)
  6. Nicholas S. Kowalczyk ; Anna L. Zisman. Cystinuria: Review of a Life-long and Frustrating Disease (2021)