Estradiol (E2)
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage sérique de l’estradiol (E2) est utilisé dans l’évaluation de situations de développement et de reproduction, mais ses concentrations varient selon le sexe, l’âge, le stade pubertaire et le cycle menstruel. Les intervalles doivent être interprétés avec la méthode et la population de référence du laboratoire, car les dosages immunologiques sont moins fiables aux faibles concentrations.
À quoi sert cet examen
Le dosage sérique de l’E2 est utilisé pour évaluer la puberté précoce ou retardée, la gynécomastie chez les garçons et les hommes, l’hypogonadisme, le suivi d’une substitution hormonale chez la femme hypogonadique et le suivi d’un traitement suppresseur hormonal dans le cancer du sein. [s1]
- La quantification de l’estradiol est décrite comme utile dans l’évaluation clinique de l’hypogonadisme, de l’hirsutisme, du syndrome des ovaires polykystiques, de l’aménorrhée et des tumeurs ovariennes, ainsi que pour surveiller la réponse chez les femmes recevant un inhibiteur de l’aromatase. [s2]
- La mesure de l’estradiol est importante en biologie humaine et participe notamment au développement sexuel; la position de l’Endocrine Society signale toutefois des problèmes d’imprécision et de différences entre méthodes. [s6]
Valeurs de référence
| Population [s2] | Intervalle de référence [s2] | Unité [s2] |
|---|---|---|
| Femmes préménopausées saines, phase folliculaire précoce, jours −15 à −6, n = 30 [s2] | 31–771 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes préménopausées saines, phase folliculaire tardive, jours −5 à −1, n = 30 [s2] | 104–1742 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes préménopausées saines, pic de LH, jour 0, n = 30 [s2] | 275–2864 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes préménopausées saines, phase lutéale précoce, jours +1 à +4, n = 30 [s2] | 95–1188 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes préménopausées saines, phase lutéale moyenne, jours +5 à +9, n = 30 [s2] | 151–1941 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes préménopausées saines, phase lutéale tardive, jours +10 à +14, n = 30 [s2] | 39–1769 [s2] | pmol/L [s2] |
| Hommes, n = 64 [s2] | 12–136 [s2] | pmol/L [s2] |
| Femmes postménopausées, n = 33 [s2] | <26 [s2] | pmol/L [s2] |
Les intervalles ci-dessus proviennent d’une méthode LC-MS/MS traçable à la méthode de référence et de populations saines distinctes; ils ne remplacent pas l’intervalle validé pour la méthode et la population du laboratoire. [s2]
| Population [s1,s5] | Résultat rapporté [s1,s5] | Unité [s1,s5] |
|---|---|---|
| Filles, mini-puberté [s1] | De <LOD à 100 [s1] | pmol/L; LOD de l’E2 = 4 pmol/L [s1] |
| Filles, enfance [s1] | ≤20 [s1] | pmol/L [s1] |
| Enfants sains de 0 à 18 ans, filles, mini-puberté [s5] | Jusqu’à 192 [s5] | pmol/L [s5] |
| Enfants sains de 0 à 18 ans, garçons, mini-puberté [s5] | Jusqu’à 225 [s5] | pmol/L [s5] |
| Filles, puberté [s5] | Jusqu’à 638 [s5] | pmol/L [s5] |
| Garçons, intervalles de référence pédiatriques [s5] | Jusqu’à 259 [s5] | pmol/L [s5] |
Les résultats pédiatriques rapportés sont dépendants de la méthode LC-MS/MS, de l’âge, du sexe et du stade pubertaire; une étude portant sur 1 181 filles et 543 garçons sains âgés de 0 à 18 ans a observé une variabilité entre études et souligne l’importance d’intervalles propres au laboratoire. [s5]
Interprétation
Des concentrations basses d’E2 sont rapportées chez les garçons et les hommes hypogonadiques; elles sont décrites comme étant au moins en partie associées à une faible densité minérale osseuse. [s1]
Dans une revue des méthodes de dosage, un traitement par inhibiteur de l’aromatase est décrit comme pouvant abaisser la concentration sérique d’estradiol à <5 pg/mL chez les femmes. [s3]
Des concentrations élevées d’E2 sont rapportées dans la gynécomastie liée à des tumeurs testiculaires produisant de l’hCG; la valeur diagnostique du dosage de l’E2 par LC-MS/MS dans la gynécomastie idiopathique reste décrite comme non résolue dans cette étude. [s1]
Facteurs qui faussent le résultat
Les immunodosages peuvent être sujets à une réactivité croisée et les concentrations antérieurement rapportées peuvent varier fortement selon l’immunodosage, surtout dans les faibles concentrations; les méthodes LC-MS/MS sensibles et spécifiques sont présentées comme adaptées à la mesure quantitative de l’E2. [s1]
Les immunodosages directs présentent une perte de spécificité et d’exactitude aux faibles concentrations, notamment en raison d’une réactivité croisée avec des conjugués et métabolites de l’estradiol; les situations pédiatriques et masculines sont particulièrement difficiles selon la revue méthodologique. [s3]
Dans une cohorte pédiatrique, la méthode LC-MS/MS avait une imprécision <5,3 %, une linéarité de 13,7 à 1923,3 pmol/L, une limite de quantification correspondant à un CV de 20 % de 8,9 pmol/L et un biais moyen de 29,3 pmol/L ou 9,1 % par rapport à un laboratoire externe LC-MS/MS. [s4]
L’âge, le stade pubertaire, le jour du cycle menstruel, l’utilisation d’un contraceptif oral et le statut ménopausique sont rapportés comme des facteurs associés aux concentrations d’estrogènes; les contraceptifs oraux ont nettement abaissé les concentrations d’E2 total et libre dans l’étude LC-MS/MS. [s1]
La variabilité des intervalles de référence entre études, malgré l’utilisation de méthodes LC-MS/MS, est rapportée chez l’enfant; l’intervalle du laboratoire et la méthode utilisée doivent donc accompagner l’interprétation. [s5,s6]
Sources
- Frederiksen H, Johannsen TH, Andersen SE, Albrethsen J, Landersoe SK, Petersen JH, Andersen AN, Vestergaard ET, Schorring ME, Linneberg A, Main KM, Andersson AM, Juul A. Sex-specific Estrogen Levels and Reference Intervals from Infancy to Late Adulthood Determined by LC-MS/MS (2019)
- Verdonk SJE, Vesper HW, Martens F, Sluss PM, Hillebrand JJ, Heijboer AC. Estradiol reference intervals in women during the menstrual cycle, postmenopausal women and men using an LC-MS/MS method (2019)
- Ketha H, Girtman A, Singh RJ. Estradiol assays—The path ahead (2015)
- Di Meo A, Yazdanpanah M, Higgins V, Nichols M, Bohn MK, Tan A, Zainab S, Sepiashvili L, Adeli K. Highly sensitive tandem mass spectrometric measurement of serum estradiol without derivatization and pediatric reference intervals in children and adolescents (2023)
- Kulle AE, Caliebe A, Lamprecht T, Reinehr T, Simic-Schleicher G, Schulz E, Kleber M, Rothermel J, Heger S, Hiort O, Holterhus PM. New liquid chromatography tandem mass spectrometry reference data for estradiol show mini-puberty in both sexes and typical pre-pubertal and pubertal patterns (2024)
- Rosner W, Hankinson SE, Sluss PM, Vesper HW, Wierman ME. Challenges to the measurement of estradiol: an Endocrine Society position statement (2013)