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Examen cytobactériologique des urines (ECBU)

Examen biologique : Fonction rénale et urines. Analyse d’un échantillon d’urine comprenant l’étude cytologique des leucocytes et hématies, la recherche et la quantification des bactéries après culture et, si un germe est identifié, l’étude de sa sensibilité aux antibiotiques.

À quoi sert cet examen

**Indications** : Peut être prescrit devant des symptômes évoquant une infection urinaire ou la présence de sang dans les urines [s1]. Les recommandations UroFrance consultées indiquent un ECBU systématique notamment pour les cystites à risque de complication, les pyélonéphrites et les infections urinaires masculines; l’ECBU n’est pas nécessaire pour une cystite aiguë simple dans ce document [s2].

**Méthode** : Examen cytologique des cellules urinaires, puis examen bactériologique par mise en culture, identification et quantification des colonies en UFC/mL; antibiogramme si un germe est identifié [s1]. Les résultats peuvent varier selon que la méthode de comptage est automatisée ou non [s1].

**Prélèvement** : Recueil d’urines dans un flacon stérile, généralement au milieu du jet après élimination du premier jet; appliquer une asepsie rigoureuse pour limiter la contamination [s1]. Pour le nourrisson, l’article institutionnel décrit un recueil au laboratoire avec poche stérile à usage unique, limitée à une demi-heure, puis transfert des urines dans un flacon stérile [s1].

**Préparation** : L’article d’ameli recommande de recueillir l’urine au moins 4 heures après la miction précédente et de réaliser l’examen avant un traitement antibiotique ou après au moins 48 heures d’arrêt; il décrit une toilette intime et le lavage des mains avant le recueil [s1]. L’article de recommandations UroFrance indique une analyse idéalement immédiate, ou une conservation possible 12 heures à 4 °C [s2]. Ces modalités doivent être rattachées aux consignes de la source et du laboratoire concerné.

Contribue au diagnostic microbiologique d’une infection urinaire : examen cytologique, mise en culture avec identification et quantification des bactéries et, si un germe est identifié, antibiogramme [s1].

Seuils de décision et gravité

  • **Lecture du résultat** : **Bacteriurie** : Selon le tableau de seuils UroFrance, seuil de significativité : E. coli et S. saprophyticus, 10³ UFC/mL quel que soit le sexe; autres entérobactéries, entérocoque, Corynebacterium urealyticum, Pseudomonas aeruginosa et Staphylococcus aureus : 10³ UFC/mL chez l’homme et 10⁴ UFC/mL chez la femme [s2]. Ces seuils de significativité ne sont pas des intervalles de référence. Le catalogue AP-HP consulté indique que les urines sont normalement stériles et exprime la numération bactérienne en UFC/mL [s3].
  • **Cellules** : Repères présentés par ameli pour les urines normales : leucocytes < 10 000/mL (ou 10/mm³) et hématies < 1 000/mL (ou 1/mm³) [s1]. Le document UroFrance indique un seuil de leucocyturie significatif ≥ 10⁴ éléments/mL [s2].
  • **Lecture clinique** : Ameli donne comme repère l’absence a priori d’infection si la bactériurie est < 1 000 UFC/mL, en l’absence de traitement antibiotique; cette valeur ne remplace pas l’interprétation contextualisée des seuils selon le germe et le sexe rapportés par UroFrance [s1,s2].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Le prélèvement doit être réalisé avec une asepsie rigoureuse; une contamination par des bactéries cutanées ou muqueuses peut compromettre la fiabilité [s1].
  • Un résultat montrant plusieurs types de bactéries est décrit par ameli comme généralement lié à une contamination et nécessite de refaire l’ECBU [s1].
  • La prise d’antibiotiques avant le prélèvement peut empêcher le développement bactérien en culture et rendre les résultats difficiles à interpréter [s1].
  • Les seuils des composants urinaires peuvent varier légèrement selon la méthode de comptage du laboratoire; se référer aux normes du compte rendu [s1].
  • Une étude rétrospective au CHU Mohammed VI d’Oujda a documenté des non-conformités préanalytiques parmi les ECBU adressés à ce laboratoire; elle étaye l’importance du contrôle du prélèvement et du transport, mais ne définit pas des valeurs de référence pour les populations africaines [s4].

Sources

  1. Assurance Maladie (ameli.fr). Comment se préparer à l’ECBU et lire ses résultats ? (2025)
  2. Franck Bruyère; coordonnatrice et relectrice Véronique Phé; UroFrance. Item 161 Infections urinaires de l’adulte et de l’enfant (2021)
  3. AP-HP, Hôpitaux universitaires Paris Nord–Université de Paris; laboratoire Bichat-Claude Bernard. Examen cytobactériologique des urines (ECBU) – uretère/pyélon (2025)
  4. Mohammed Lahmer, Abderazak Saddari, Elmostapha Benaissa, Yassine Ben Lahlou, Mostafa Elouennass et Adil Maleb. Non-conformités de la phase préanalytique de l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) au laboratoire de microbiologie du CHU Mohammed VI d’Oujda (2023)