Fer sérique
Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le fer sérique mesure la quantité de fer présente dans le sang; la fraction mesurée circule principalement liée à la transferrine. Il peut contribuer à l’évaluation d’un déséquilibre martial, mais sa variabilité biologique, les effets du moment du prélèvement, de l’alimentation et de l’inflammation limitent son interprétation isolée.
À quoi sert cet examen
Le test mesure la quantité de fer dans le sang et s’intègre à un bilan comprenant notamment la transferrine, la capacité totale de fixation du fer et la ferritine. [s1,s2]
Il est utilisé pour rechercher un fer circulant trop bas ou trop élevé, contribuer à l’évaluation de différents types d’anémie ou de surcharge martiale, et suivre la réponse à une prise en charge d’un déséquilibre du fer lorsque le contexte clinique le justifie. [s2]
Le fer sérique ne doit pas être interprété seul: une valeur basse peut s’observer dans plusieurs contextes, et les recommandations de Colombie-Britannique indiquent que le fer sérique, la capacité de fixation et la saturation de la transferrine ne sont pas des examens systématiquement utiles pour explorer une anémie ferriprive; un dosage à jeun peut être utile dans certaines maladies chroniques, inflammatoires ou malignes lorsque la ferritine seule peut être trompeuse. [s6]
Valeurs de référence
Les repères ci-dessous sont ceux publiés par MedlinePlus pour le fer sérique chez l’adulte; ils ne constituent pas un intervalle universel. Le laboratoire qui réalise l’analyse fait foi, car l’intervalle dépend de la méthode, de l’instrument, de la population, du sexe, de l’âge, de la grossesse, de l’heure du prélèvement et du contexte géographique. [s1,s7]
| Population [s1] | Fer sérique [s1] | Conversion fournie par la source [s1] |
|---|---|---|
| Hommes adultes [s1] | 59–158 µg/dL [s1] | 10,6–28,3 µmol/L [s1] |
| Femmes adultes [s1] | 37–145 µg/dL [s1] | 6,6–25,9 µmol/L [s1] |
Une revue de la carence martiale rapporte une plage présentée comme 40–165 µg/L en dessous de laquelle le fer sérique serait diminué, mais cette unité et cette plage ne concordent pas avec les repères MedlinePlus en µg/dL; elles ne sont pas retenues comme intervalle de référence et doivent être vérifiées par le laboratoire et la méthode. [s1,s5,s7]
Seuils de décision et gravité
La recommandation consultée privilégie le contexte et les autres marqueurs du bilan martial; un résultat isolé ne suffit pas à conclure. [s2,s5,s6]
Interprétation
Une concentration basse est compatible avec une disponibilité réduite du fer et peut être observée dans la carence martiale; elle est également décrite dans l’anémie liée à une maladie chronique ou à une inflammation, où le fer peut être séquestré et moins disponible pour l’érythropoïèse. [s4,s5]
MedlinePlus cite parmi les contextes associés à une valeur basse les pertes digestives prolongées, les menstruations abondantes, les troubles intestinaux avec malabsorption, un apport alimentaire insuffisant et la grossesse. [s1]
Une valeur basse isolée ne distingue pas ces contextes; elle doit être rapprochée de la numération sanguine, de la ferritine, de la transferrine ou de la capacité de fixation, et du contexte inflammatoire. [s2,s4,s6]
Une concentration élevée peut être observée en cas de surcharge en fer, d’hémolyse accrue, d’atteinte ou d’inflammation hépatique, d’intoxication par le fer ou après des transfusions répétées, selon les causes listées par MedlinePlus. [s1]
Une valeur élevée isolée n’établit pas une surcharge martiale; l’interprétation doit tenir compte de la préparation, de l’heure du prélèvement, des compléments contenant du fer, des autres marqueurs du bilan martial et du laboratoire. [s2,s3,s4,s6]
Facteurs qui faussent le résultat
Préparation et durée du jeûne: MedlinePlus indique qu’un jeûne pouvant aller jusqu’à 12 heures peut être demandé et que le test est habituellement réalisé le matin. [s2] Une étude communautaire de 276 307 résultats conclut que 5 à 9 heures de jeûne donnent une estimation représentative chez l’adulte, tandis qu’un jeûne nocturne d’au moins 12 heures peut conduire à des concentrations plus élevées que d’habitude. [s3]
Moment du prélèvement: dans cette étude, les concentrations sont restées relativement stables pendant la majeure partie de la journée, mais les maxima moyens variaient selon le sexe et l’âge; l’heure doit donc accompagner le résultat. [s3]
Alimentation et médicaments: l’apport alimentaire en fer, les compléments contenant du fer et certains médicaments peuvent modifier la concentration; MedlinePlus cite notamment les contraceptifs oraux et les traitements œstrogéniques, et signale une baisse possible pendant les menstruations. [s2,s5]
Inflammation et maladie chronique: l’inflammation peut réduire le fer sérique par séquestration du fer dans le système réticulo-endothélial; le fer sérique doit alors être lu avec les autres indicateurs du statut martial. [s4,s5,s6]
Hémolyse: le dosage du fer sérique est généralement plus affecté par l’hémolyse que le dosage de la ferritine ou du récepteur soluble de la transferrine. [s4]
Méthode et population: les intervalles varient avec la méthode et l’instrument, ainsi qu’avec l’âge, le sexe, la grossesse, l’heure du prélèvement et la géographie; l’intervalle rendu par le laboratoire est prioritaire. [s4,s7]
Divergence de préparation: les sources ne formulent pas une règle unique; une revue rappelle qu’un prélèvement à jeun a été recommandé mais qu’il n’a pas montré d’avantage sur un prélèvement aléatoire, tandis qu’une autre revue recommande le matin à jeun et l’étude communautaire distingue 5–9 heures d’un jeûne d’au moins 12 heures. [s3,s4,s5]
Sources
- MedlinePlus Medical Encyclopedia. Serum iron test (2026)
- MedlinePlus Medical Test. Iron Tests (2026)
- Leonard T. Nguyen; Joshua D. Buse; Christopher N. Naugler; et al.. Influence of diurnal variation and fasting on serum iron concentrations in a community-based population (2017)
- Christine M. Pfeiffer; Anne C. Looker. Laboratory methodologies for indicators of iron status: strengths, limitations, and analytical challenges (2017)
- Martina Rohr; Vincent Brandenburg; Hans-Peter Brunner-La Rocca. How to diagnose iron deficiency in chronic disease: A review of current methods and potential marker for the outcome (2023)
- Province of British Columbia, Ministry of Health. Iron Deficiency – Diagnosis and Management (2019)
- Merck Manual Professional Edition. Laboratory Reference Ranges (2026)