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Frottis sanguin périphérique

Examen biologique : Hématologie. Le frottis sanguin périphérique consiste à étaler, colorer puis examiner au microscope un échantillon sanguin afin d’apprécier la taille, la forme et l’aspect des globules rouges, des leucocytes et des plaquettes, et de rechercher notamment des parasites. Il complète la numération-formule sanguine, aide à orienter l’évaluation des cytopénies, des anomalies morphologiques, des hémopathies et de certaines infections, mais ne suffit pas à lui seul pour établir un diagnostic. L’intervalle ou les règles de validation du laboratoire local font foi; il n’existe pas d’intervalle numérique universel propre au frottis lui-même.

À quoi sert cet examen

Le frottis examine au microscope les globules rouges, les leucocytes et les plaquettes après étalement et coloration; il décrit leur nombre approximatif, leur taille, leur forme, leur coloration et certaines inclusions [s1,s2].

  • Il est utile lorsqu’une NFS présente un résultat anormal ou un signal d’alarme, afin de confirmer une anomalie et d’en préciser l’aspect morphologique [s1,s3,s8].
  • Il contribue à l’évaluation d’anémies, de leucopénies ou leucocytoses, de thrombopénies ou thrombocytoses, d’hémopathies malignes et de troubles médullaires, sans remplacer les examens complémentaires [s1,s2,s8].
  • La recherche d’éléments parasitaires, notamment de Plasmodium, peut apporter une information importante chez une personne symptomatique vivant dans une zone d’endémie ou y ayant voyagé [s1,s2].
  • En contexte à ressources limitées, l’examen manuel peut fournir une information diagnostique importante avec un équipement relativement simple; une étude hospitalière au Malawi a rapporté une information additionnelle dans 69,5 % des films réalisés selon ses critères opératoires [s7].
  • Le compte rendu doit être lu avec la NFS, les indices érythrocytaires, les autres résultats biologiques et les données cliniques [s4].

Le frottis n’est pas un résultat binaire positif ou négatif et un résultat isolé ne permet généralement pas de diagnostiquer une maladie; l’interprétation dépend du contexte et peut nécessiter d’autres examens [s2,s8].

Seuils de décision et gravité

Un intervalle de référence ou un critère de déclenchement de revue n’est pas un seuil diagnostique universel. Le laboratoire local doit appliquer ses propres règles, sa méthode et sa population de référence [s1,s3,s5].

Population et contexte [s7]Critère de préparation du film [s7]Unité [s7]Portée [s7]
Patients d’un hôpital universitaire du Malawi; procédure opératoire étudiée [s7]Hb < 7,0 ou > 16,5 [s7]g/dL [s7]Critère local de l’étude pour préparer un film, pas seuil clinique universel [s7]
Patients d’un hôpital universitaire du Malawi; procédure opératoire étudiée [s7]VGM < 60 ou > 100 [s7]fL [s7]Critère local de l’étude pour préparer un film, pas intervalle de référence du frottis [s7]
Patients d’un hôpital universitaire du Malawi; procédure opératoire étudiée [s7]Leucocytes < 3,5 ou > 17,0 [s7]× 10⁹/L [s7]Critère local de l’étude pour préparer un film, pas seuil diagnostique universel [s7]
Patients d’un hôpital universitaire du Malawi; procédure opératoire étudiée [s7]Plaquettes < 70 ou > 650 [s7]× 10⁹/L [s7]Critère local de l’étude pour préparer un film, pas seuil diagnostique universel [s7]

Les recommandations internationales de l’ICSH standardisent surtout la nomenclature et le grading des anomalies morphologiques; elles ne définissent pas un intervalle numérique unique applicable à tous les frottis [s5].

Interprétation

Le frottis n’a pas de valeur numérique universelle dite « diminuée ». Une diminution doit être rapportée pour la lignée concernée — par exemple raréfaction des globules rouges, des leucocytes ou des plaquettes — et confrontée à la numération automatisée ou manuelle [s1,s2,s3].

  • Une morphologie érythrocytaire anormale, telle qu’une microcytose, une hypochromie, des cellules en larme ou des schizocytes, peut accompagner des anémies ou d’autres processus; elle doit être décrite et interprétée avec la NFS et le contexte clinique [s1,s4].
  • Une diminution apparente des plaquettes peut être factice en cas d’agrégats plaquettaires liés à l’EDTA; l’examen du film peut aider à repérer cette pseudo-thrombopénie [s3].
  • Une diminution apparente des leucocytes peut aussi être liée à des amas leucocytaires ou à d’autres interférences préanalytiques et analytiques; le frottis sert alors à rechercher une explication morphologique [s3].

Le frottis n’a pas de valeur numérique universelle dite « augmentée ». Une augmentation doit être attribuée à la lignée et au type de cellule concernés, puis confrontée à la numération et au contexte clinique [s1,s2,s3].

  • Une polynucléose neutrophile, une lymphocytose, une monocytose, une éosinophilie ou une basophilie peuvent être précisées par la formule et la morphologie; leurs causes possibles comprennent des infections, une inflammation, des médicaments ou des hémopathies, sans que le frottis établisse seul la cause [s3,s4].
  • La présence de cellules immatures, de blastes ou d’une dysplasie morphologique peut justifier une revue spécialisée et des examens complémentaires, car ces observations sont compatibles avec plusieurs affections médullaires ou hématologiques [s5,s6].
  • Des schizocytes peuvent être observés dans des microangiopathies hémolytiques, une coagulation intravasculaire disséminée ou un syndrome hémolytique et urémique; ils doivent être interprétés avec les données cliniques et biologiques, et non comme un diagnostic isolé [s1,s4,s5].
  • Des cellules cibles, des sphérocytes, des cellules falciformes, des corps de Howell-Jolly ou des ponctuations basophiles peuvent orienter vers différentes anomalies érythrocytaires, mais leur signification dépend de la proportion observée et du contexte [s1,s4,s5].
  • Dans l’étude menée au Malawi, les constatations informatives fréquentes comprenaient des neutrophiles réactifs, des rouleaux, une déviation gauche, des signes de carence martiale, des parasites de P. falciparum et une macrocytose; ces fréquences décrivent cette cohorte et ne sont pas des valeurs de référence [s7].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Aucune préparation spéciale n’est habituellement nécessaire avant un frottis; un jeûne peut toutefois être demandé si d’autres analyses réalisées sur le même prélèvement l’exigent [s1,s2].
  • Le prélèvement doit être correctement mélangé avant l’étalement. La revue méthodologique décrit un étalement en coin avec un angle d’environ 30 à 45 degrés et recommande une préparation par du personnel formé [s4].
  • La qualité de la lame dépend de la propreté du verre, de la vitesse et de l’angle d’étalement, du séchage, de la fixation, de la coloration et du lavage; une humidité élevée ou une fixation inadéquate peut créer des artefacts morphologiques [s4].
  • Un frottis de mauvaise qualité, trop épais, mal coloré ou réalisé après un délai inapproprié peut limiter l’interprétation; une nouvelle lame est préférable à l’interprétation d’un film techniquement inadéquat [s4].
  • La répartition des cellules varie selon la zone observée: la monocouche est privilégiée pour l’évaluation morphologique, tandis que la queue peut concentrer les grandes cellules et les amas plaquettaires [s4,s6].
  • La méthode manuelle, l’automatisation, la coloration et l’expérience de l’observateur peuvent modifier la détection et le grading; l’ICSH recommande une nomenclature et un grading standardisés [s5].
  • Le résultat peut être influencé par l’âge, la grossesse, une transfusion récente, une infection, une maladie grave, le stress et certains traitements; il doit être confronté à l’histoire clinique et aux autres examens [s1,s2].

Sources

  1. U.S. National Library of Medicine. Blood Smear (2024)
  2. U.S. National Library of Medicine. Blood smear (2026)
  3. NCBI Bookshelf. Normal and Abnormal Complete Blood Count With Differential (2024)
  4. Adewoyin AS et al.. PERIPHERAL BLOOD FILM - A REVIEW (2014)
  5. Palmer L et al.. ICSH recommendations for the standardization of nomenclature and grading of peripheral blood cell morphological features (2015)
  6. Chase ML et al.. Consensus recommendations on peripheral blood smear review (2023)
  7. Latham T; Salema D; Mlenga S. Peripheral Blood Film Examination In Malawi: The Maximum Diagnostic Information for the Least Resources? (2010)
  8. Cleveland Clinic. Peripheral Blood Smear (2026)