Goutte épaisse paludisme
Examen biologique : Parasitologie et mycologie. La goutte épaisse est un examen microscopique qualitatif du sang coloré qui concentre les éléments parasitaires et sert à rechercher Plasmodium; elle est plus sensible que le film mince pour la détection, mais plus difficile à lire. Le film mince est généralement associé pour aider à l’identification de l’espèce et à la quantification lorsque ces informations sont nécessaires. Le résultat attendu est qualitatif — Plasmodium détecté ou non détecté — et ne correspond pas à un intervalle biologique de référence.
À quoi sert cet examen
La microscopie des films sanguins épais et minces est utilisée pour confirmer la présence de parasites, déterminer l’espèce lorsqu’elle est disponible, estimer la parasitémie et suivre la réponse au traitement; le CDC recommande d’examiner un frottis sanguin chez toute personne pour laquelle le paludisme est suspecté [s3].
La goutte épaisse examine un plus grand volume de sang et est donc plus sensible pour détecter des parasites; en contrepartie, elle est plus difficile à lire [s3].
Le manuel OMS-CDC précise que la goutte épaisse est utilisée pour rechercher les parasites, car la lyse de l’hémoglobine concentre les parasites et facilite l’examen d’une grande quantité de sang; le film mince sert surtout à confirmer l’espèce [s2].
Les tests sanguins du paludisme sont demandés lorsque des signes compatibles sont associés à un séjour ou une résidence dans une zone où le paludisme est courant; MedlinePlus indique que le frottis sanguin peut identifier les différents types de parasites du paludisme [s6].
Valeurs de référence
| Résultat qualitatif [s7] | Résultat attendu et portée analytique [s3,s4,s6,s7] |
|---|---|
| Non détecté / aucun parasite trouvé [s4,s6,s7] | Aucun parasite Plasmodium n’est observé dans le prélèvement selon la méthode et l’examen réalisés; ce résultat ne constitue pas une valeur chiffrée [s4,s6,s7]. |
| Détecté / positif [s3,s6,s7] | Un parasite Plasmodium est observé dans le sang par film épais; le résultat est à compléter, lorsque nécessaire, par l’identification sur film mince et par une estimation de la parasitémie [s2,s3,s7]. |
Pour cet examen qualitatif, il n’existe pas d’intervalle biologique chiffré universel; le résultat attendu est une catégorie de présence ou d’absence de Plasmodium [s4,s6,s7].
Le laboratoire fait foi pour la méthode utilisée, la qualité du film, les contrôles, la règle de validation et la présentation du résultat [s1,s3,s4].
Aucune valeur de référence spécifique à une population d’Afrique subsaharienne n’est fournie pour ce résultat qualitatif; donnée non disponible [s1,s3,s5,s6,s7].
Chez l’enfant comme chez l’adulte, le résultat attendu est qualitatif — parasite détecté ou non détecté — et aucune plage de référence dépendant de l’âge n’est fournie pour la goutte épaisse dans les sources consultées [s5,s6,s7].
Seuils de décision et gravité
Pour déclarer une goutte épaisse négative, le CDC rapporte la recommandation OMS d’examiner au moins 100 champs contenant chacun environ 20 leucocytes; avec une numération moyenne supposée de 8 000 leucocytes par microlitre, cette procédure correspond à un seuil de sensibilité estimé de 4 parasites par microlitre [s4].
Une lame initialement négative ne suffit pas toujours à écarter la possibilité d’une très faible densité parasitaire; le CDC recommande de répéter les frottis toutes les 12 à 24 heures, pour un total de 3 séries, avant de considérer le paludisme comme non démontré par cette stratégie [s3].
Lorsque la quantification est demandée, le CDC décrit sur la goutte épaisse un comptage jusqu’à 500 parasites ou 1 000 leucocytes, selon le premier seuil atteint; si la numération leucocytaire n’est pas connue, le calcul peut utiliser 8 000 leucocytes par microlitre [s4].
Aucun seuil local de positivité, de rendu critique ou de décision propre au laboratoire Africa Medical Data n’est disponible dans les sources consultées [s1,s3,s4,s7].
Interprétation
Un résultat non détecté signifie qu’aucun parasite n’a été observé dans le sang examiné par la méthode utilisée; il ne s’agit pas d’une valeur diminuée d’un dosage quantitatif [s4,s6,s7].
Un résultat négatif ne permet pas à lui seul d’exclure le paludisme, car la densité parasitaire peut être très faible ou varier dans le temps; MedlinePlus précise que le nombre de parasites sanguins peut varier et que d’autres prélèvements peuvent être nécessaires [s3,s6].
La notice NCBI indique qu’une séquestration intravasculaire des érythrocytes infectés peut contribuer à un frottis initial négatif; cette limite justifie une interprétation avec le contexte et la qualité du prélèvement, sans conclure au diagnostic [s5].
Un résultat détecté signifie qu’un parasite du genre Plasmodium a été observé dans le sang par film épais; le code LOINC 637-9 décrit précisément une identification nominale de Plasmodium sp par film épais [s3,s7].
La goutte épaisse est adaptée au dépistage de la présence parasitaire, tandis que le film mince est généralement préférable pour déterminer l’espèce; une identification fiable peut nécessiter l’examen des deux films [s2,s3,s4].
Une positivité qualitative ne fournit pas automatiquement une parasitémie; si cette information est requise, le CDC décrit une quantification séparée par comptage des parasites rapporté aux leucocytes ou aux érythrocytes [s3,s4].
La détection doit être interprétée avec la qualité de la lame et la compétence de lecture, car une étude expérimentale a montré que les films épais pouvaient être moins sensibles qu’attendu et sous-estimer la densité parasitaire [s8].
Facteurs qui faussent le résultat
La qualité de la lame influence le résultat: l’OMS recommande des lames exemptes d’abrasions, de graisse, d’humidité et de moisissure, car les artefacts peuvent gêner le diagnostic et le film épais peut se détacher ou être emporté pendant la coloration [s1].
La coloration Giemsa alcoolique est décrite par l’OMS comme le standard de référence pour les films épais et minces; le pH de la solution de coloration et de l’eau de lavage peut modifier de façon importante la qualité de la coloration [s1].
Pour l’examen microscopique, il faut choisir une zone bien colorée, sans précipité et riche en leucocytes; le CDC indique que ces conditions font partie de l’examen de la goutte épaisse [s4].
Une charge de travail excessive diminue la sensibilité de la lecture, car le temps disponible pour examiner les films est directement lié à la qualité de la détection; l’OMS rapporte aussi qu’une lecture très rapide d’une lame fortement positive ne permet pas une détection fiable d’une infection mixte [s1].
La goutte épaisse concentre les parasites mais est plus difficile à lire; le film mince est préférable pour la morphologie et l’identification de l’espèce [s2,s3,s8].
Des parasites peuvent être perdus pendant la coloration, ce qui limite la sensibilité et peut conduire à une estimation erronée de la densité; cette limite a été observée dans une étude expérimentale de films épais [s8].
Les effets de médicaments, de la grossesse, de l’âge ou d’une méthode locale particulière sur la détection en goutte épaisse ne sont pas documentés de manière exploitable dans les sources consultées; non disponible [s1,s3,s5,s6,s7,s8].
Sources
- World Health Organization. Malaria Microscopy Quality Assurance Manual — Version 2 (2016)
- World Health Organization. Basic Malaria Microscopy (2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Evaluation and Diagnosis of Malaria (2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Blood Specimens — Microscopic Examination (2026)
- Zekar L; Sharman T. Malaria (2023)
- MedlinePlus; U.S. National Library of Medicine. Malaria Tests (2026)
- LOINC; Regenstrief Institute. LOINC 637-9 — Plasmodium sp identified in Blood by Thick film (2026)
- Bejon P; Andrews L; Hunt-Cooke A; et al.. Thick blood film examination for Plasmodium falciparum malaria diagnosis: microscopy versus quantitative PCR (2006)