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hCG totale

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage de l’hCG totale mesure une grandeur définie par la spécificité de l’immunodosage: certains essais reconnaissent l’hCG intacte et la β-hCG libre, et d’autres reconnaissent aussi des fragments tels que le β-core fragment. Il contribue à l’évaluation biologique d’une grossesse, au suivi de certaines maladies trophoblastiques ou tumeurs germinales et à certains dépistages prénataux, sans que ses résultats soient interchangeables entre méthodes. L’intervalle du laboratoire, de la méthode et de l’âge gestationnel prévaut.

À quoi sert cet examen

L’hCG est produite principalement par le trophoblaste placentaire; pendant la grossesse précoce, l’hCG intacte stimule la production de progestérone par le corps jaune. Les dosages d’hCG et de ses formes sont utilisés pour l’évaluation et le suivi biologique de la grossesse, de troubles liés à la grossesse et de certaines tumeurs sécrétant l’hCG [s1].

  • Le résultat peut contribuer à confirmer ou suivre biologiquement une grossesse et à certains dépistages prénataux, mais l’interprétation doit préciser la forme mesurée et la méthode utilisée [s3].
  • Dans les maladies trophoblastiques gestationnelles et certaines tumeurs germinales, le dosage quantitatif est étudié comme marqueur biologique; cinq immunodosages comparés sur 150 échantillons ont montré des différences entre plateformes, ce qui impose de conserver la même méthode pour des mesures sériées [s7].
  • La désignation hCG totale ne doit pas être assimilée automatiquement à hCG intacte ou à β-hCG libre: les essais commerciaux reconnaissent des ensembles différents de variants moléculaires [s1,s2].

Valeurs de référence

Aucun intervalle adulte universel n’est retenu pour l’hCG totale: les valeurs de référence doivent être liées à la méthode, à la matrice, à la population et, chez la femme enceinte, à l’âge gestationnel. L’intervalle et les règles du laboratoire qui réalise l’analyse prévalent [s2,s4,s8].

PopulationMéthode et prélèvementDonnée vérifiéeContexte
Femmes enceintes de la cohorte Generation R [s4]hCG totale sérique; immunodosage immunométrique chimioluminescent à deux sites sur Immulite 2000 XPi, calibré contre le 3e standard international OMS 75/537 [s4]8195 femmes; prélèvement médian à 14,4 semaines, avec un intervalle de 95 % de 10,1–26,2 semaines [s4]Des intervalles de référence dépendant de l’âge gestationnel ont été établis; les bornes exactes de cette étude ne sont pas transposées à une autre plateforme [s4]
Patients avec maladie trophoblastique gestationnelle, tumeur germinale ou autre malignité [s7]Cinq immunodosages quantitatifs: Abbott Architect Total, Roche cobas STAT, Roche cobas Total, Siemens Dimension Vista Total et Beckman Access Total [s7]Au-dessus des seuils propres aux essais: maladie trophoblastique 100 %, tumeurs germinales 55–57 % et autres malignités 8–23 %; Roche cobas Total a détecté 63/150 échantillons élevés [s7]Comparaison de groupes cliniques et de plateformes, pas intervalle de référence ni seuil diagnostique universel [s7]

Les valeurs de grossesse publiées varient selon la datation de la grossesse: les intervalles fondés sur l’échographie et ceux fondés sur les dernières règles n’étaient pas équivalents dans Generation R. Ces données sont des intervalles d’étude, non un remplacement de l’intervalle local de la méthode [s4].

Seuils de décision et gravité

Aucun seuil critique ou seuil diagnostique universel vérifié pour l’hCG totale n’est présenté ici; les seuils, limites de décision et intervalles doivent rester ceux du laboratoire, de la méthode, de la matrice et du contexte gestationnel ou clinique [s2,s4,s7,s8].

Interprétation

Au cours d’une grossesse normale, les concentrations d’hCG augmentent fortement au début, atteignent un plateau vers la fin du premier trimestre puis diminuent avant de se stabiliser pendant les deuxième et troisième trimestres; une valeur doit donc être rapportée avec l’âge gestationnel et la méthode [s4].

Une valeur inférieure à l’intervalle de référence gestationnel de la méthode peut refléter un décalage d’âge gestationnel ou des différences de population et de méthode; les données disponibles ici ne permettent pas d’attribuer isolément une cause à un résultat individuel [s4,s8].

Une concentration élevée peut être compatible avec une grossesse selon l’âge gestationnel, mais les intervalles de l’hCG totale varient avec la datation, la méthode et plusieurs caractéristiques maternelles ou fœtales [s4].

Dans l’étude de 150 échantillons cliniques, la proportion au-dessus des seuils propres aux essais était de 100 % pour les maladies trophoblastiques gestationnelles, de 55–57 % pour les tumeurs germinales et de 8–23 % pour les autres malignités; ces proportions ne constituent pas des seuils diagnostiques individuels [s7].

Facteurs qui faussent le résultat

  • La molécule existe sous plusieurs formes, notamment hCG intacte, hCG clivée, β-hCG libre et β-core fragment; les anticorps d’un essai peuvent en reconnaître une ou plusieurs. Dans une étude de 16 essais, 4 reconnaissaient seulement l’hCG, 6 reconnaissaient l’hCG et la β-hCG libre, et 6 reconnaissaient aussi le β-core fragment [s1,s2].
  • La reconnaissance des variants crée une variation entre méthodes: dans l’étude des réactifs de référence OMS, la récupération moyenne de l’IS hCG 75/589 était de 107 % (93–126 %), celle du réactif 99/688 pour l’hCG de 139 % (109–164 %), avec des CV interméthodes de 8,8 % et 12,3 % respectivement; la reconnaissance de la β-hCG libre et du β-core fragment était plus variable [s2].
  • La nomenclature et le compte rendu peuvent induire une confusion entre hCG intacte, hCG totale β et β-hCG libre: une étude interlaboratoires a trouvé un classement erroné de l’hCG intacte comme hCG totale β dans 9,3 % des cas (22/235) et de l’hCG totale β comme hCG intacte dans 13,1 % des cas (8/61) [s3].
  • L’effet crochet à forte dose peut produire un résultat faussement bas dans certains immunodosages en sandwich. Avec un échantillon d’environ 3 600 000 IU/L, 4 des 6 plateformes étudiées ont montré un effet crochet net; l’effet dépendait de la conception de l’essai [s5].
  • Une interférence par anticorps hétérophiles peut produire une hCG faussement élevée. Parmi 113 demandes d’exploration, 5 cas d’interférence hétérophile ou apparentée ont été identifiés; la fréquence était de 6,7 % avec l’essai Beckman et de 2,9 % avec l’essai Roche dans les séries examinées, et les bloqueurs seuls n’ont pas détecté 40 % des cas [s6].
  • La grossesse et sa datation, le tabagisme maternel, l’IMC, la parité, l’origine ethnique, le sexe fœtal, le poids placentaire et les symptômes d’hyperémèse étaient associés aux concentrations d’hCG totale dans Generation R; ces déterminants ne doivent pas être confondus avec des facteurs analytiques [s4].
  • La biotine, la reconnaissance incomplète des isoformes et l’effet crochet sont décrits comme des limites possibles des tests d’hCG; le rapport EOTTD souligne que la plateforme, la qualité et la connaissance des limites du test doivent être vérifiées lors d’un résultat discordant [s8].
  • Pour un suivi sériel, la même méthode doit être conservée autant que possible, car l’harmonisation entre immunodosages reste incomplète et les plateformes peuvent reconnaître différemment les isoformes [s7,s8].

Sources

  1. Ulf-Håkan Stenman; Aila E. Tiitinen; Henrik Alfthan et al.. The classification, functions and clinical use of different isoforms of HCG (2006)
  2. Catharine M. Sturgeon; Peter Berger; Jean-Michel Bidart et al.. Differences in Recognition of the 1st WHO International Reference Reagents for hCG-Related Isoforms by Diagnostic Immunoassays for Human Chorionic Gonadotropin (2009)
  3. Zhimin Cao; Robert Rej. Are Laboratories Reporting Serum Quantitative hCG Results Correctly? (2008)
  4. Tim I.M. Korevaar; Eric A.P. Steegers; Yolanda B. de Rijke et al.. Reference ranges and determinants of total hCG levels during pregnancy: the Generation R Study (2015)
  5. Huda A. Al-Mahdili; Graham Jones. High-dose hook effect in six automated human chorionic gonadotrophin assays (2010)
  6. Jose C. Jara-Aguirre; N. Baumann; Darci R. Block et al.. Human chorionic gonadotropin suspected heterophile interference investigations in immunoassays: a recommended approach (2019)
  7. Caroline E. Franks; Jieli Li; M.B.P. Martínez et al.. Utility of Commercially Available Quantitative hCG Immunoassays as Tumor Markers in Trophoblastic and Non-Trophoblastic Disease (2023)
  8. Lesley McMahon; Caroline Martha Joyce; Lyndsey Cuthill et al.. Measurement of Human Chorionic Gonadotrophin in Women with Gestational Trophoblastic Disease (2023)