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Hémoculture aérobie

Examen biologique : Microbiologie bactérienne. L’hémoculture aérobie consiste à mettre en culture du sang dans un flacon aérobie afin de rechercher la croissance de microorganismes responsables d’une infection sanguine. Le rendement dépend notamment du volume de sang inoculé et de la qualité du prélèvement; le volume est décrit comme la variable la plus importante pour la détection des microorganismes.

À quoi sert cet examen

La culture du sang est utilisée pour contribuer à la détection microbiologique d’une infection sanguine; le CDC la rattache au diagnostic de l’infection du sang et à l’amélioration du diagnostic de bactériémie [s1,s2].

  • À réaliser lorsqu’une hémoculture est indiquée dans l’évaluation d’une suspicion d’infection sanguine, idéalement avant le début d’un traitement antimicrobien [s2].
  • Le prélèvement de plusieurs séries augmente le volume total examiné et aide à distinguer un microorganisme commensal possiblement contaminant d’un résultat reproductible entre plusieurs séries [s2,s4].
  • Le résultat peut orienter l’identification du microorganisme isolé et la communication du laboratoire au clinicien; la fiche décrit un résultat microbiologique et ne constitue pas un diagnostic [s4].

Valeurs de référence

Élément [s1]Résultat attendu [s1,s4]
Hémoculture aérobie [s1]Aucune croissance détectée dans le flacon pendant l’incubation du système utilisé [s1,s4]

Aucun intervalle biologique chiffré ne s’applique à ce test qualitatif; le laboratoire fait foi pour la méthode, le système de culture, les conditions d’incubation et le compte rendu [s1,s4].

Seuils de décision et gravité

Le seuil de 3 % concerne un indicateur institutionnel de contamination globale des hémocultures, et non un seuil de décision pour un patient: le CDC rapporte que l’ASM et le CLSI recommandent de ne pas dépasser 3 % [s2].

Interprétation

Une absence de croissance rapportée ne permet pas à elle seule d’écarter une infection sanguine; le CDC indique qu’un volume inférieur au volume recommandé peut diminuer la sensibilité de détection des agents pathogènes [s2].

Un volume de sang insuffisant par flacon est associé à une probabilité plus faible de résultat positif; dans l’étude de Henning et al., la probabilité d’un résultat positif augmentait avec le volume de l’échantillon [s7].

Un prélèvement effectué après le début des antimicrobiens peut réduire le rendement attendu; les recommandations consultées demandent de prélever avant l’antibiothérapie si possible [s1,s2].

Une croissance détectée est un résultat positif de culture; son interprétation doit intégrer l’organisme retrouvé, le nombre de séries positives et les conditions de prélèvement [s2,s4].

Lorsqu’un microorganisme qui contamine fréquemment les cultures ne pousse que dans une seule série parmi au moins deux, ce profil représente souvent une contamination; plusieurs séries qui poussent le même organisme sont plus compatibles avec une bactériémie véritable, sans constituer à elles seules un diagnostic [s3].

  • Les contaminants fréquemment cités comprennent les staphylocoques à coagulase négative, les espèces de Corynebacterium, les espèces de Bacillus autres que Bacillus anthracis, Micrococcus spp. et Cutibacterium acnes [s2,s3].
  • Un résultat positif isolé avec une flore cutanée peut rendre l’interprétation difficile et conduire à une utilisation excessive ou inutile d’antibiotiques; cette conséquence est rapportée comme un problème de qualité et d’interprétation, pas comme une indication thérapeutique [s6].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Prélèvement sur cathéter ou dispositif intravasculaire: à éviter lorsque la ponction veineuse périphérique est possible, car les prélèvements par cathéter sont associés à des difficultés d’antisepsie et à davantage de contamination [s3,s4].
  • Antisepsie insuffisante de la peau: décrite comme une cause fréquente de contamination; utiliser un désinfectant cutané contenant de l’alcool et respecter le temps de séchage [s1,s3,s4].
  • Technique de prélèvement et environnement: une mauvaise technique, l’absence de personnel dédié et une contamination environnementale sont rapportées comme facteurs de contamination [s5,s6].
  • Volume: le CDC recommande chez l’adulte 10 mL par flacon, soit 20 mL par série et 40 mL pour deux séries; le document CDC précise que le volume, plutôt que le moment du prélèvement, est le facteur le plus important [s1].
  • Volume et système: le CDC décrit 20–30 mL par ponction veineuse selon l’instrument, et au moins deux séries dans les indications appropriées; le nombre de flacons peut dépendre du système utilisé [s2].
  • Sous-remplissage: les standards cités par Henning et al. recommandent 8 à 10 mL par flacon; dans leur étude, 4 865 flacons sur 10 328 (47,10 %) contenaient moins de 8 mL [s7].
  • Antibiothérapie préalable: prélever avant les antimicrobiens si possible [s1,s2].
  • Transport: envoyer immédiatement les séries au laboratoire pour traitement [s1].

Sources

  1. Centers for Disease Control and Prevention. Collect Adult Blood Culture Sets (2024)
  2. Centers for Disease Control and Prevention. Blood Culture Contamination: An Overview for Infection Control and Antibiotic Stewardship Programs Working with the Clinical Laboratory (2024)
  3. Hall KK; Lyman JA. Updated Review of Blood Culture Contamination (2006)
  4. Doern GV; Carroll KC; Diekema DJ et al.. Practical Guidance for Clinical Microbiology Laboratories: A Comprehensive Update on the Problem of Blood Culture Contamination and a Discussion of Methods for Addressing the Problem (2019)
  5. Snyder SR; Favoretto AM; Baetz RA et al.. Effectiveness of practices to reduce blood culture contamination: A Laboratory Medicine Best Practices systematic review and meta-analysis (2012)
  6. Rathod G; Tadi Lakshmi J; Ariyanachi K et al.. Blood Culture Contamination Rate as a Quality Indicator – a Prospective Observational Study (2022)
  7. Henning C; Aygül N; Dinnétz P et al.. Detailed Analysis of the Characteristics of Sample Volume in Blood Culture Bottles (2019)