Hormone de croissance (GH)
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage de l’hormone de croissance (GH, somatotropine) mesure une hormone hypophysaire dont la sécrétion est pulsatile et dépend du contexte physiologique; un prélèvement aléatoire est donc peu informatif pour caractériser à lui seul la sécrétion. L’interprétation dépend de la méthode, de l’âge et du stade pubertaire et, lorsqu’il est demandé, de prélèvements sériés lors d’un test dynamique; l’intervalle du laboratoire et de la méthode prévaut.
À quoi sert cet examen
La GH est sécrétée par l’antéhypophyse et participe aux processus de croissance et de métabolisme ; elle stimule notamment la production d’IGF-1. [s3]
- Le dosage peut contribuer à l’évaluation biologique des troubles de la sécrétion de GH, à l’évaluation d’un enfant présentant une petite taille et au suivi biologique d’une substitution, selon le consensus international sur la standardisation des dosages. [s1]
- Un dosage à un moment aléatoire est peu fiable parce que la GH est libérée de façon pulsatile ; dans l’évaluation pédiatrique, des prélèvements sériés peuvent être réalisés pendant un test de stimulation, dont les agents pharmacologiques ne reproduisent pas la sécrétion physiologique. [s2]
- Dans les situations pédiatriques, l’IGF-1 et l’IGFBP-3 sont souvent mesurés comme marqueurs complémentaires de l’axe GH-IGF, car leur demi-vie est plus longue et leur sécrétion n’est pas pulsatile comme celle de la GH. [s2]
- Les immunodosages sont les méthodes couramment utilisées pour la GH sérique ; des bioessais, dosages par récepteur, radio-immunodosages et méthodes de spectrométrie de masse ont aussi été décrits. [s2,s7]
Valeurs de référence
| Âge | Population et n | Intervalle GH et unité |
|---|---|---|
| 0 à <7 ans [s3] | Filles et garçons ; n=56 [s3] | <1–13,6 µg/dL (nmol/L), unité telle que libellée dans la source [s3] |
| 7 à <11 ans [s3] | Filles et garçons ; n=99 [s3] | <1–16,4 µg/dL (nmol/L), unité telle que libellée dans la source [s3] |
| 11 à <15 ans [s3] | Filles et garçons ; n=155 [s3] | <1–14,4 µg/dL (nmol/L), unité telle que libellée dans la source [s3] |
| 15 à <19 ans [s3] | Filles et garçons ; n=90 [s3] | <1–13,4 µg/dL (nmol/L), unité telle que libellée dans la source [s3] |
Ces intervalles proviennent d’une étude de 800 prélèvements pédiatriques de la région de Washington, D.C., avec un système DPC IMMULITE 1000 et un immunodosage chimiluminescent ; ils sont spécifiques à la population et à la méthode étudiées et ne remplacent pas l’intervalle fourni par le laboratoire utilisant sa méthode. [s3]
La source indique une absence de différence d’intervalle entre filles et garçons dans ces classes d’âge et une largeur particulière de l’intervalle à 7–<11 ans ; aucune conversion d’unité supplémentaire n’est appliquée ici. [s3]
Seuils de décision et gravité
Pour les tests pédiatriques de stimulation, la revue de 2022 rapporte un seuil de pic couramment utilisé de 10 ng/mL, tout en indiquant que des valeurs de 5, 7 et 10 ng/mL ont été proposées sans données suffisantes pour en établir une valeur universelle ; la méthode de dosage peut nécessiter un seuil propre à l’essai. [s2]
Les seuils de stimulation et les résultats de prélèvements isolés ne sont pas transposables silencieusement d’un immunodosage à un autre : l’intervalle, le calibrage et le protocole du laboratoire prévalent. [s1,s5,s6]
Interprétation
Une GH basse sur un prélèvement aléatoire peut correspondre à un creux de la sécrétion pulsatile et ne suffit pas, seule, à caractériser une insuffisance de sécrétion ; les résultats doivent être replacés dans le protocole de prélèvement et les autres données biologiques disponibles. [s2,s7]
Une réponse diminuée à un test de stimulation peut varier selon l’âge, la puberté, l’état nutritionnel, le poids et l’immunodosage utilisé ; ces facteurs limitent l’interprétation d’un résultat isolé. [s2,s6]
Une concentration élevée isolée doit être interprétée avec prudence, car la GH est pulsatile et soumise à des variations diurnes ainsi qu’à l’exercice, au stress et au sommeil. [s2,s7]
Des concentrations élevées sont décrites dans les contextes d’excès de GH, mais le dosage isolé ne permet pas à lui seul de caractériser la situation biologique ; la méthode et les marqueurs complémentaires sont déterminants. [s3,s7]
Facteurs qui faussent le résultat
- Prélèvement et conservation : l’étude pédiatrique a utilisé un prélèvement veineux de sérum ou de plasma ; les échantillons étaient conservés à 2–4 °C pendant au plus 12 heures avant l’analyse dans cette étude. [s3]
- Variabilité physiologique : la sécrétion est pulsatile et diurne et elle est influencée par le sommeil, l’exercice et le stress ; un prélèvement unique peut donc être très différent d’un autre prélèvement. [s7]
- Caractéristiques du patient : l’âge, le sexe, la puberté, l’état nutritionnel et le poids modulent la réponse ; une sécrétion spontanée ou stimulée plus faible a été associée à l’obésité, et le poids peut aussi influencer la réponse chez des enfants de poids normal. [s2]
- Méthode et calibrage : les immunodosages ne détectent pas nécessairement le même spectre d’isoformes ; la GH de 22 kDa, la variante de 20 kDa, la spécificité des anticorps, les protéines de liaison et le calibrateur contribuent aux différences interméthodes. [s1,s2,s4,s6]
- Différences entre essais : dans une comparaison de six immunodosages commerciaux sur des échantillons sériques, les radio-immunodosages ont donné des concentrations 1,9 à 2,8 fois celles de l’IRMA Hybritech et l’IRMA Nichols environ 3,0 fois celles de Hybritech ; ces rapports ne doivent pas être utilisés pour convertir des résultats entre plateformes. [s4]
- Les essais récents peuvent rapporter des concentrations de GH plus basses que des essais anciens ; les valeurs et seuils issus d’un protocole ne doivent donc pas être appliqués à un autre sans vérification de la méthode. [s2,s5]
- La standardisation internationale et l’emploi d’un étalon commutable sont des enjeux identifiés pour améliorer la comparabilité ; la conférence de consensus souligne aussi l’importance de la validation analytique, du contrôle qualité et de données normatives adaptées. [s1]
Sources
- David R. Clemmons, au nom des participants à la conférence. Consensus Statement on the Standardization and Evaluation of Growth Hormone and Insulin-like Growth Factor Assays (2011)
- Mabel Yau ; Robert A. Rapaport. Growth Hormone Stimulation Testing: To Test or Not to Test? That Is One of the Questions (2022)
- Offie P. Soldin ; Eve G. Hoffman ; Michael A. Waring ; et al.. Pediatric reference intervals for FSH, LH, estradiol, T3, free T3, cortisol, and growth hormone on the DPC IMMULITE 1000 (2005)
- Abbie Celniker ; Anthony B. Chen ; Robert M. Wert ; et al.. Variability in the Quantitation of Circulating Growth Hormone Using Commercial Immunoassays (1989)
- Edward O. Reiter ; Margaret H. MacGillivray ; Dana Weber ; et al.. Variable Estimates of Serum Growth Hormone Concentrations by Different Radioassay Systems (1988)
- Eduardo Chaler ; Alicia Belgorosky ; Mercedes Maceiras ; et al.. Between-Assay Differences in Serum Growth Hormone (GH) Measurements: Importance in the Diagnosis of GH Deficiency in Childhood (2001)
- Michael C. Sheppard. Growth hormone assay standardization: an important clinical advance (2007)