IgM anti-HAV
Examen biologique : Virologie et infections virales. La détection des anticorps IgM anti-HAV dans le sérum est un marqueur d’une infection aiguë par le virus de l’hépatite A. Le test est destiné à l’évaluation de personnes présentant des signes ou symptômes compatibles avec l’hépatite A ou chez lesquelles une infection est suspectée; le dépistage systématique n’est pas recommandé. Un résultat positif doit être interprété avec le contexte clinique et épidémiologique, car des faux positifs et des positivités prolongées sont décrits.
À quoi sert cet examen
La détection des anticorps IgM anti-HAV dans le sérum est un marqueur d’une infection aiguë par le virus de l’hépatite A [s1].
Un test sanguin est utilisé pour confirmer une hépatite A suspectée; les caractéristiques cliniques ou épidémiologiques seules ne distinguent pas l’hépatite A des autres hépatites virales [s1,s5].
Le CDC recommande le test IgM anti-HAV chez les personnes symptomatiques lorsqu’une infection par le HAV est suspectée et ne recommande pas le dépistage systématique [s1].
Valeurs de référence
| Résultat qualitatif [s1,s3] | Interprétation [s1,s2,s3] |
|---|---|
| Réactif/positif [s1,s3] | Compatible avec une infection actuelle ou récente, ou une vaccination récente [s1]. Une positivité peut aussi correspondre à une réaction croisée ou à un faux positif; elle doit être interprétée avec les symptômes et l’exposition [s2,s3]. |
| Non réactif/négatif [s3] | Aucune preuve sérologique d’infection récente ou de vaccination récente dans l’algorithme du laboratoire de santé publique de l’Ontario [s3]. Un résultat initial peut toutefois être négatif pendant la fenêtre précoce de l’infection [s2,s4]. |
Facteurs qui faussent le résultat
Les anticorps IgM anti-HAV sont détectables environ 2 à 4 semaines après l’infection, soit 5 à 10 jours avant le début des symptômes; ils culminent en 1 à 2 mois et peuvent persister jusqu’à 6 mois, avec une détection pouvant exceptionnellement durer jusqu’à 1 an [s3].
Le CDC indique qu’une positivité anti-HAV IgM peut survenir plus d’un an après l’infection et qu’un faux positif peut survenir sans argument clinique ou épidémiologique en faveur d’une infection récente [s2].
Une réactivité croisée avec des anticorps non spécifiques est décrite; le CDC cite notamment des situations d’infection par le virus d’Epstein-Barr ou le virus de l’hépatite C, et recommande de limiter le test aux personnes ayant une présentation clinique compatible [s2].
Une vaccination récente contre l’hépatite A peut également être associée à une détection des IgM anti-HAV [s3].
Dans une étude de patients évalués pour hépatite aiguë, les tests sérologiques IgM anti-HAV présentaient un taux de faux négatifs de 4 à 13 % pendant la fenêtre précoce; les échantillons négatifs ou équivoques étaient concentrés dans les 6 premiers jours suivant le début des symptômes [s4].
L’ingestion de fortes quantités de biotine peut interférer avec certains immunodosages biotinylés utilisés pour détecter l’anti-HAV et produire des résultats faussement positifs ou faussement négatifs [s2].
Le Johns Hopkins ABX Guide rapporte que l’IgM anti-HAV peut rester élevée jusqu’à 12 mois après la résolution de l’infection et que les positivités au-delà d’un an sont corrélées à des résultats probablement faussement positifs [s6].
Sources
- Centers for Disease Control and Prevention. Clinical Screening and Diagnosis for Hepatitis A (2024)
- Centers for Disease Control and Prevention. Hepatitis A Surveillance Guidance (2025)
- Public Health Ontario. Hepatitis A – Serology (2026)
- Heo N-Y, Lim Y-S, An J, Ko S-Y, Oh H-B. Multiplex polymerase chain reaction test for the diagnosis of acute viral hepatitis A (2012)
- Organisation mondiale de la Santé. Hepatitis A (2026)
- Auwaerter P. Hepatitis A (2024)