Africa Medical DataUne plateforme de santé pour tous

Inhibine B

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage de l’inhibine B mesure une hormone gonadique dont la concentration varie selon le sexe, l’âge, la phase du cycle et la méthode analytique. Il peut contribuer à l’exploration de la fonction des cellules de Sertoli et de la spermatogenèse chez l’homme, ainsi qu’à l’évaluation de l’activité folliculaire et de la réponse ovarienne dans certains contextes de fertilité. Les résultats ne sont pas directement interchangeables entre méthodes; l’intervalle du laboratoire et de la méthode utilisée prévaut.

À quoi sert cet examen

Chez l’homme, l’inhibine B est principalement sécrétée par les cellules de Sertoli sous contrôle de la FSH; les études la décrivent comme un marqueur circulant de la fonction sertolienne et de la spermatogenèse, à interpréter avec le contexte clinique et le spermogramme [s3,s4].

  • Le dosage peut contribuer à l’exploration de situations de dysfonction testiculaire et à l’évaluation conjointe de l’axe FSH–inhibine B; les groupes d’hommes infertiles avaient des concentrations plus basses que les groupes de référence, avec un chevauchement important [s3,s4].
  • Chez la femme, l’inhibine B est produite par les follicules en développement; sa concentration augmente dans la phase folliculaire et peut être étudiée comme marqueur de l’activité folliculaire ou de la réponse à une stimulation gonadotrope [s1,s8].
  • Dans une étude de patientes ayant une faible réserve ovarienne, l’inhibine B était associée au nombre d’ovocytes recueillis, mais son ajout à l’AMH et au compte des follicules antraux n’a pas apporté de gain prédictif significatif dans cette cohorte [s8].

Valeurs de référence

L’intervalle de référence du laboratoire, établi pour sa méthode, sa plateforme et sa population, prévaut. Les valeurs ci-dessous ne constituent pas un intervalle universel et ne doivent pas être transposées entre méthodes sans vérification [s5,s6].

PopulationMéthode et prélèvementValeur rapportéeContexte
Hommes adultes normozoospermiques [s5]ELISA actuel Gen II sur sérum [s5]2,5e percentile: 92 pg/mL [s5]Groupe de référence prospectif de 377 hommes normozoospermiques parmi 818 hommes adressés pour analyse spermatique [s5]
Hommes sains, modèle de population de l’adulte mature [s2]Données combinées de quatre études; méthodes d’origine non uniformes dans le modèle [s2]Moyenne 170 pg/mL; intervalle interquartile 125–215 pg/mL [s2]Modèle normatif de 709 sujets masculins de la naissance à 17 ans, avec estimation de la plage adulte mature [s2]
Femmes en cycle menstruel normal, phase folliculaire précoce [s1]ELISA enzymatique à deux anticorps, sur plasma; limite de détection 10 pg/mL [s1]Pic de 85,2 ± 9,6 pg/mL le lendemain de l’élévation intercycle de la FSH [s1]Étude de la variation au cours du cycle menstruel [s1]
Femmes en cycle menstruel normal, deux jours après le pic de LH [s1]Même ELISA spécifique sur plasma [s1]Pic bref de 133,6 ± 31,2 pg/mL [s1]Variation physiologique autour de l’ovulation; la concentration devenait <20 pg/mL pendant le reste de la phase lutéale dans cette étude [s1]
Patientes de fertilité, cycle de FIV complété [s8]Dosage commercial sur sérum, prélèvement aux jours 5–6 du cycle [s8]126,9 ± 8,8 pg/mL [s8]52 patientes ayant complété le cycle; ce résultat n’est pas un intervalle de référence général [s8]
Patientes de fertilité, cycle annulé pour faible réponse [s8]Dosage commercial sur sérum, prélèvement aux jours 5–6 du cycle [s8]70 ± 12,79 pg/mL [s8]17 patientes; comparaison de groupes dans une étude de réponse à la stimulation, et non valeur seuil universelle [s8]

Les seuils publiés sont liés à la population, au statut de fertilité, au moment du prélèvement et à la méthode. Le seuil de 92 pg/mL est le 2,5e percentile du groupe normozoospermique dosé avec l’ELISA Gen II et ne doit pas être utilisé comme seuil diagnostique indépendant [s5].

Les concentrations pédiatriques doivent être partitionnées selon l’âge, le sexe, le stade pubertaire et la méthode; les études disponibles ne fournissent pas un intervalle pédiatrique unique applicable à tous les laboratoires [s2,s7].

PopulationValeur rapportéeContexte et méthode
Garçons, pic postnatal [s2]Moyenne 270 pg/mL; intervalle interquartile 210–335 pg/mL [s2]Modèle normatif combinant quatre études; période postnatale [s2]
Garçons, autour de 17 ans [s2]Moyenne 305 pg/mL; intervalle interquartile 240–445 pg/mL [s2]Pic pubertaire estimé dans le modèle normatif [s2]
Filles prépubères [s7]Médiane 26,5 pg/mL; intervalle de prédiction à 95 % <20–100 pg/mL [s7]403 écolières saines âgées de 6 à 20 ans, étude transversale par stades pubertaires [s7]
Filles au stade pubertaire III [s7]Médiane 84 pg/mL; intervalle de prédiction à 95 % 28–227 pg/mL [s7]Même étude transversale; les valeurs varient avec le stade pubertaire [s7]

Seuils de décision et gravité

Aucun seuil critique universel n’est vérifié pour ce dosage. Les seuils ou percentiles publiés doivent rester liés à la méthode, à la population et au contexte d’étude; l’intervalle et les règles du laboratoire qui réalise l’analyse prévalent [s5,s6].

Interprétation

Chez l’homme, une inhibine B plus basse a été observée dans plusieurs groupes présentant une altération testiculaire ou une infertilité, mais les distributions se chevauchent et le résultat ne permet pas à lui seul de conclure sur un individu [s3,s4].

Chez la femme, des concentrations plus basses ont été observées dans le groupe dont le cycle de stimulation a été annulé pour faible réponse, par comparaison avec les cycles complétés; cette observation est contextuelle et ne constitue pas un seuil diagnostique général [s8].

Dans le cycle féminin normal, la concentration devient basse ou indétectable pendant la phase lutéale dans l’étude de Randolph et al.; l’interprétation doit donc tenir compte du jour du cycle [s1,s6].

Chez le garçon, le modèle normatif décrit un pic postnatal puis une nouvelle élévation autour de la puberté; ces variations physiologiques liées à l’âge ne sont pas des seuils pathologiques [s2].

Chez la femme, l’inhibine B augmente dans la phase folliculaire précoce et peut présenter un bref pic autour de l’ovulation; les concentrations dépendent du moment du prélèvement [s1].

Dans les cycles de stimulation gonadotrope, l’inhibine B peut augmenter avec la réponse folliculaire; les données disponibles décrivent une association de groupe et ne justifient pas une conclusion diagnostique individuelle [s8].

Facteurs qui faussent le résultat

  • La matrice et la méthode doivent être identifiées: les études ont utilisé du plasma ou du sérum, avec des ELISA différents; une valeur mesurée par un ELISA spécifique de recherche n’est pas automatiquement interchangeable avec une autre plateforme [s1,s5,s8].
  • Les essais diffèrent par la spécificité des anticorps et leur calibration. Dans l’étude de Randolph et al., la corrélation entre ancien et nouveau dosage était bonne pour l’AMH mais moins bonne pour l’inhibine B (R² = 0,4903), ce qui limite la comparaison directe entre séries analytiques [s6].
  • Le moment biologique du prélèvement est déterminant chez la femme: la sécrétion est épisodique en phase folliculaire et après le pic de LH, sans sécrétion épisodique démontrée pendant la phase lutéale dans l’étude quotidienne de 20 femmes [s6].
  • L’âge, le sexe et le stade pubertaire modifient les concentrations; les intervalles doivent être partitionnés en conséquence plutôt que copiés d’une autre population [s2,s6,s7].
  • Les méthodes historiques ne sont pas toutes équivalentes: l’étude de Groome et al. a utilisé un ELISA à deux anticorps avec une limite de détection de 10 pg/mL et une réactivité croisée de 0,5 % avec l’inhibine A, alors que l’étude masculine de Barbotin et al. a utilisé l’ELISA Gen II [s1,s5].
  • Les résultats de faible réserve ovarienne de Muttukrishna et al. provenaient de sérums prélevés aux jours 5–6 puis analysés par des kits commerciaux; le groupe comparé et le calendrier du cycle doivent être conservés lors de toute comparaison [s8].

Sources

  1. N. Groome et al.. Measurement of dimeric inhibin B throughout the human menstrual cycle (1996)
  2. Tom Kelsey; Amy Miles; Rod Thomas Mitchell et al.. A Normative Model of Serum Inhibin B in Young Males (2016)
  3. B. Anawalt et al.. Serum inhibin B levels reflect Sertoli cell function in normal men and men with testicular dysfunction (1996)
  4. Anna-Maria Andersson; Jørgen Holm Petersen; Niels Jørgensen et al.. Serum inhibin B and follicle-stimulating hormone levels as tools in the evaluation of infertile men: significance of adequate reference values from proven fertile men (2004)
  5. Anne-Laure Barbotin; Caroline Ballot; Julien Sigala et al.. The serum inhibin B concentration and reference ranges in normozoospermia (2015)
  6. John F. Randolph; Sio̻bán D. Harlow; Margaret E. Helmuth et al.. Updated assays for inhibin B and AMH provide evidence for regular episodic secretion of inhibin B but not AMH in the follicular phase of the normal menstrual cycle (2014)
  7. A. Sehested et al.. Serum inhibin A and inhibin B in healthy prepubertal, pubertal, and adolescent girls and adult women: relation to age, stage of puberty, menstrual cycle, follicle-stimulating hormone, luteinizing hormone, and estradiol levels (2000)
  8. S. Muttukrishna et al.. Inhibin B and anti-Müllerian hormone: markers of ovarian response in IVF/ICSI patients? (2004)