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INR

Examen biologique : Hématologie. L’INR est un rapport sans unité dérivé du temps de prothrombine et standardisé par l’index international de sensibilité de la thromboplastine; il sert surtout à surveiller les antagonistes de la vitamine K. Il aide aussi à explorer un saignement ou une thrombose inhabituelle, la fonction de synthèse hépatique et la carence en vitamine K, mais l’intervalle du laboratoire local et la méthode utilisée font foi.

À quoi sert cet examen

L’INR est calculé à partir du temps de prothrombine et du temps de prothrombine moyen normal, avec l’ISI de la thromboplastine; il rend les résultats plus comparables entre méthodes, sans supprimer toutes les divergences inter-réactifs. [s1,s3]

  • Surveiller l’effet de la warfarine et d’autres antagonistes de la vitamine K, et contribuer à leur ajustement clinique. [s1,s2]
  • Rechercher une cause de saignement inhabituel ou de thrombose anormale, et évaluer la coagulation avant une intervention exposant à un saignement. [s2]
  • Contribuer à l’évaluation d’une atteinte hépatique ou d’une carence en vitamine K; l’INR n’est toutefois pas une mesure universelle de l’anticoagulation dans la maladie hépatique. [s2,s1]
  • Le test peut être réalisé sur sang veineux au laboratoire ou sur prélèvement capillaire avec un dispositif de point de soins; les résultats de ces méthodes peuvent diverger et nécessiter une confirmation au laboratoire. [s2,s1]

Valeurs de référence

L’intervalle de référence doit être vérifié dans le laboratoire local, car il dépend de la population, de la thromboplastine, de l’instrument, de l’ISI et de la méthode; les valeurs publiées ci-dessous ne remplacent pas l’intervalle local. [s1,s3,s4]

PopulationIntervalle ou valeur publiéeMéthode et contexte
Personnes sans problème de santé [s1]INR typiquement ≤ 1,1; sans unité [s1]Valeur générale rapportée par StatPearls, non substitutive à l’intervalle du laboratoire local. [s1]
Patients non anticoagulés [s1]INR typiquement 1,0; sans unité [s1]Constat clinique général rapporté par StatPearls; il ne s’agit pas d’une plage thérapeutique. [s1]

Chez 240 adultes sains de 18 à 50 ans à Debre Berhan, dans le nord-est de l’Éthiopie, une étude utilisant un analyseur Sysmex CA-104 et les percentiles 2,5–97,5 a trouvé un intervalle de référence INR de 0,7–1,1, avec une médiane de 0,87 et un IQR de 0,81–0,94. [s5]

Population africaine étudiéeMédiane (IQR)Intervalle de référence 2,5e–97,5e percentile [s5]Méthode/contexte
Hommes sains, Debre Berhan (n = 120) [s5]0,90 (0,83–0,97) [s5]0,70–1,14 [s5]Sysmex CA-104; étude transversale; 120 hommes. [s5]
Femmes saines, Debre Berhan (n = 120) [s5]0,84 (0,80–0,92) [s5]0,70–1,12 [s5]Sysmex CA-104; étude transversale; 120 femmes. [s5]

Une revue systématique des intervalles africains souligne que les données sous-sahariennes restent limitées et hétérogènes, avec des différences liées aux populations, aux critères de santé et aux méthodes; elle recommande des intervalles régionaux standardisés et ne fournit pas de plage INR panafricaine à appliquer telle quelle. [s6]

Les intervalles pédiatriques doivent être séparés par âge et par combinaison instrument-réactif; les valeurs ci-dessous proviennent d’un grand jeu de données pédiatriques d’un laboratoire pakistanais et ne remplacent pas les intervalles pédiatriques locaux. [s8]

ÂgeIntervalle INR nouvellement établi (2,5e–97,5e percentile) [s8]Population et méthode
Naissance–4 jours [s8]1,02–1,73 [s8]3 155 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
5–29 jours [s8]0,89–1,59 [s8]3 039 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
30–89 jours [s8]0,88–1,44 [s8]2 092 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
90–179 jours [s8]0,80–1,52 [s8]1 430 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
180–364 jours [s8]Non retenu : la borne basse publiée (0,42) est incohérente avec les groupes voisins (probable erreur d’impression dans l’étude); borne haute publiée : 1,58 [s8]1 961 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
1–5 ans [s8]0,88–1,12 [s8]7 657 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
6–10 ans [s8]0,95–1,27 [s8]6 823 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
11–16 ans [s8]0,94–1,29 [s8]7 216 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]
16–18 ans [s8]0,95–1,29 [s8]3 819 résultats INR; algorithme KOSMIC sur données de laboratoire; Pakistan. [s8]

Une étude directe de 320 volontaires âgés de 1 mois à 65 ans a séparé les intervalles de coagulation entre enfants et adultes, mais a publié des valeurs de temps de prothrombine et non d’INR; elle confirme que l’âge doit être pris en compte dans l’interprétation. [s7]

Seuils de décision et gravité

Chez les patients sous anticoagulation par antagoniste de la vitamine K, StatPearls rapporte une plage thérapeutique générale de 2,0–3,0; la cible peut différer selon l’indication et le type de valve, et cette plage n’est pas un intervalle de référence chez le sujet sain. [s1]

StatPearls décrit un INR supérieur à 4,9 comme critique et associé à une augmentation importante du risque de saignement; ce critère opératoire dépend du contexte clinique et du protocole local. [s1]

L’OMS précise que l’exactitude du système INR est assurée dans la plage explorée par la calibration, indiquée comme 1,5–4,5 dans ses recommandations; il s’agit d’une limite analytique de calibration, non d’un seuil diagnostique ou thérapeutique. [s3]

Interprétation

Chez une personne traitée par antagoniste de la vitamine K, un INR inférieur à la cible thérapeutique est compatible avec une anticoagulation insuffisante et un risque thrombotique accru; l’interprétation dépend de l’indication et de la cible prescrite. [s1,s2]

Un INR bas peut aussi refléter une diminution de l’effet de l’antagoniste de la vitamine K, notamment avec la vitamine K, la dicloxacilline, la nafcilline, l’azathioprine, certains antiépileptiques ou le millepertuis. [s1]

Un temps de prothrombine raccourci est le plus souvent lié à une erreur technique de prélèvement ou de préparation plutôt qu’à une interprétation physiopathologique de l’INR. [s1]

Un INR augmenté est compatible avec l’effet d’un antagoniste de la vitamine K; il peut aussi être associé à une atteinte hépatique, une carence en vitamine K, une coagulation intravasculaire disséminée, une déficience des facteurs de la voie extrinsèque ou certains inhibiteurs acquis. [s1,s2]

Des anticoagulants autres que la warfarine, notamment l’héparine, les inhibiteurs du facteur Xa, les inhibiteurs directs de la thrombine et le fondaparinux, peuvent prolonger le temps de prothrombine et perturber l’INR selon la méthode. [s1]

Un INR élevé chez une personne sous traitement expose à un risque accru de saignement; dans la maladie hépatique, un INR élevé ne signifie pas à lui seul que la personne est auto-anticoagulée. [s1]

Facteurs qui faussent le résultat

Prélèvement veineux: utiliser un tube à bouchon bleu contenant du citrate de sodium à 3,2 %, remplir au moins 90 % du volume, mélanger doucement immédiatement et analyser dans les 24 heures selon les recommandations reprises par StatPearls. [s1]

Le CLSI H47 décrit le PT sur plasma citraté pauvre en plaquettes et souligne l’influence des variables préanalytiques et analytiques; la méthode capillaire et le sang total capillaire ne relèvent pas de cette portée conventionnelle. [s4]

Une contamination par l’héparine lors d’un prélèvement sur dispositif vasculaire peut rendre l’INR moins fiable; un prélèvement capillaire au point de soins peut surestimer les faibles INR et sous-estimer les INR élevés. [s1]

L’OMS recommande de calculer l’INR avec le PT, le temps de prothrombine moyen normal et un ISI valide, déterminés avec le même système local; l’INR ne supprime pas les écarts biologiques et techniques entre thromboplastines. [s3]

L’adhésion au traitement, l’alimentation en vitamine K, les interactions médicamenteuses, les infections, les maladies gastro-intestinales et les maladies hépatiques peuvent modifier la stabilité de l’INR. [s1]

Les intervalles de référence varient avec la population, l’âge, le sexe, la géographie, le réactif et l’instrument; l’intervalle et la méthode du laboratoire local font foi, en particulier chez l’enfant et dans les populations africaines. [s1,s5,s6,s8]

Sources

  1. Sufana Shikdar; Rishik Vashisht; Muhammad Zubair; Priyanka T. Bhattacharya. International Normalized Ratio: Assessment, Monitoring, and Clinical Implications (2025)
  2. National Library of Medicine. Prothrombin Time Test and INR (PT/INR) (2024)
  3. World Health Organization Expert Committee on Biological Standardization; V. Chantarangkul; A. Tripodi; A. M. H. P. van den Besselaar. Guidelines for thromboplastins and plasmas used to control oral anticoagulant treatment (2013)
  4. Donna D. Castellone; Karen A. Moser; Elizabeth M. Van Cott; Richard A. Marlar et al.. One-Stage Prothrombin Time (PT) Test and Activated Partial Thromboplastin Time (APTT) Test (2023)
  5. Amanuel Kelem; Getabalew Engidaye; Bedasa Addisu et al.. Coagulation parameters reference interval for adult population of Debre Berhan town, Northeast Ethiopia (2025)
  6. Matt A. Price; Patricia E. Fast; Mercy Mshai et al.. Region-specific laboratory reference intervals are important: A systematic review of the data from Africa (2022)
  7. Fatma Demet Arslan; Muhittin Serdar; Elif Merve Ari et al.. Determination of Age-Dependent Reference Ranges for Coagulation Tests Performed Using Destiny Plus (2016)
  8. Muhammad Shariq Shaikh; Sibtain Ahmed. Data mining for prothrombin time and international normalized ratio reference intervals in children (2022)