Africa Medical DataUne plateforme de santé pour tous

KIM-1 urinaire (spécialisé)

Examen biologique : Fonction rénale et urines. KIM-1 urinaire est un biomarqueur de l’atteinte tubulaire proximale: la protéine exprimée par les cellules tubulaires lésées libère un ectodomaine mesurable dans l’urine. Il est étudié pour la détection précoce de l’atteinte rénale aiguë, mais les performances et seuils publiés varient selon les populations, les définitions et les méthodes, ce qui ne permet pas d’en faire un diagnostic isolé. Les valeurs de référence publiées sont dépendantes des populations et des dosages; l’intervalle validé par le laboratoire exécutant fait foi, et une protéinurie préexistante peut modifier le niveau basal.

À quoi sert cet examen

KIM-1 est une protéine fortement exprimée dans le tubule proximal après une lésion rénale; son ectodomaine est clivé et libéré dans la lumière tubulaire, ce qui permet sa mesure dans l’urine [s1,s3].

Le dosage urinaire est étudié comme biomarqueur d’atteinte tubulaire et pour contribuer à la détection précoce de l’atteinte rénale aiguë dans différents contextes cliniques; les revues systématiques rapportent une hétérogénéité des populations, des définitions de l’atteinte aiguë et des méthodes [s1,s2,s6,s7].

Les résultats des méta-analyses ne justifient pas l’emploi de KIM-1 comme diagnostic isolé; ils doivent être interprétés avec le contexte clinique et les autres éléments biologiques disponibles [s2,s6,s7].

Valeurs de référence

Population et méthode [s3,s5]Valeur ou intervalle publié [s3,s5]Portée [s3,s5]
Adultes de 17 à 95 ans avec filtration rénale normale et sans protéinurie; 147 individus; ELISA Quantikine [s5]Intervalle de référence : 0,00 (IC à 90 % : 0–0) à 4,19 (IC à 90 % de la borne supérieure : 3,11–5,62) µg/L; KIM-1 rapporté à la créatinine : 0,00 (IC à 90 % : 0–0) à 0,58 (IC à 90 % de la borne supérieure : 0,44–0,74) µg/mmol [s5]Intervalle estimé par méthode non paramétrique dans cette population adulte; ne constitue pas une plage universelle [s5].
20 donneurs adultes en bonne santé (10 hommes et 10 femmes); ELISA développé avec réactifs Duo-set [s3]Valeurs observées : 60–837 pg/mL; valeurs rapportées après normalisation à la créatinine chez 19 donneurs : 0,070–0,399 ng/mg, avec une valeur aberrante à 0,988 ng/mg [s3]Données d’une petite cohorte de validation analytique; les valeurs observées ne sont pas un intervalle universel de référence [s3].

Les valeurs publiées proviennent de populations et de dosages différents et ne sont pas directement interchangeables; l’intervalle de référence validé par le laboratoire exécutant, selon sa méthode et sa population, fait foi [s3,s5,s6,s7].

Une étude cas-témoins menée en Zambie (40 cas de maladie rénale et 40 témoins) rapporte chez les témoins une moyenne de KIM-1 de 3,29 ± 1,14 ng/mL [s8].

Population, âge et méthode [s4]Quantiles 2,5e–97,5e de KIM-1/créatinine [s4]Portée [s4]
Cohorte britannique, enfants caucasiens, sexes confondus (n=107), MSD, 1–4 ans [s4]0,08–2,39 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte britannique, enfants caucasiens, sexes confondus (n=107), MSD, 5–8 ans [s4]0,08–1,84 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte britannique, enfants caucasiens, sexes confondus (n=107), MSD, 9–12 ans [s4]0,08–1,42 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte britannique, enfants caucasiens, sexes confondus (n=107), MSD, 13–16 ans [s4]0,08–1,10 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte britannique, enfants caucasiens, sexes confondus (n=108), Luminex, 1–16 ans [s4]0,03–0,63 ng/mg de créatinine [s4]Intervalle estimé avec une plateforme différente de celle des lignes précédentes [s4].
Cohorte américaine, enfants caucasiens, sexes confondus (n=73), MSD, 7–8 ans [s4]0,014–0,79 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte américaine, enfants caucasiens, sexes confondus (n=73), MSD, 9–12 ans [s4]0,031–0,79 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte américaine, enfants caucasiens, sexes confondus (n=73), MSD, 13–16 ans [s4]0,088–0,79 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte américaine, enfants afro-américains, sexes confondus (n=65), MSD, 7–8 ans [s4]0,038–0,42 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte américaine, enfants afro-américains, sexes confondus (n=65), MSD, 9–12 ans [s4]0,048–0,42 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].
Cohorte américaine, enfants afro-américains, sexes confondus (n=65), MSD, 13–16 ans [s4]0,067–0,42 ng/mg de créatinine [s4]Quantiles estimés dans cette cohorte et avec cette plateforme [s4].

Ces intervalles sont propres aux cohortes et aux plateformes étudiées; ils ne doivent pas être fusionnés en une plage pédiatrique universelle [s4].

Seuils de décision et gravité

Type de seuil rapporté dans les études [s6]Étendue des valeurs publiées [s6]Interprétation [s6]
Seuils absolus de KIM-1 urinaire employés dans les études incluses [s6]1,412–3,1 ng/mL [s6]Étendue des seuils d’étude, non seuil clinique universel [s6].
Seuils rapportés après normalisation à la créatinine urinaire [s6]0,42–2,0 ng/mg de créatinine [s6]Étendue des seuils d’étude, non seuil clinique universel [s6].

Les seuils variaient entre études; ils dépendent notamment du dosage, de la normalisation et de la définition de l’atteinte rénale aiguë, et ne doivent pas être interprétés comme des seuils décisionnels universels [s6].

Interprétation

Une augmentation urinaire de KIM-1 est compatible avec une atteinte des cellules tubulaires proximales, où l’expression de la protéine augmente et son ectodomaine est libéré dans l’urine; elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier la cause ni de poser un diagnostic [s1,s2,s6,s7].

Dans une étude d’adultes, la protéinurie préexistante était associée à des concentrations urinaires de KIM-1 plus élevées, ce qui peut compliquer l’interprétation d’une hausse lorsqu’une néphropathie existe déjà [s5].

Facteurs qui faussent le résultat

Les études utilisent des dosages et plateformes différents, notamment ELISA, MSD et Luminex; les méthodes, trousses et seuils ne sont pas interchangeables et influencent les résultats publiés [s3,s4,s6,s7].

La normalisation à la créatinine urinaire change l’unité et la valeur rapportée; les résultats absolus et normalisés doivent être distingués et interprétés selon le dosage utilisé [s3,s4,s5,s6].

La protéinurie préexistante était associée à une augmentation de KIM-1 dans l’étude adulte citée; dans cette même population, l’hématurie ou la pyurie isolée, sans protéinurie, n’était pas associée à une augmentation significative [s5].

Sources

  1. Joseph V. Bonventre. Kidney Injury Molecule-1: A Translational Journey (2014)
  2. Xinghua Shao et al.. Diagnostic Value of Urinary Kidney Injury Molecule 1 for Acute Kidney Injury: A Meta-Analysis (2014)
  3. Shalini Chaturvedi; Takeisha Farmer; Gordon F. Kapke. Assay Validation for KIM-1: human urinary renal dysfunction biomarker (2009)
  4. Stephen J. McWilliam et al.. Reference intervals for urinary renal injury biomarkers KIM-1 and NGAL in healthy children (2014)
  5. Yun Huang; Yuan Tian; Sergei Likhodii; Edward Randell. Baseline urinary KIM-1 concentration in detecting acute kidney injury should be interpreted with patient pre-existing nephropathy (2019)
  6. Jiwen Geng; Yuxuan Qiu; Zheng Qin; Baihai Su. The value of kidney injury molecule 1 in predicting acute kidney injury in adult patients: a systematic review and Bayesian meta-analysis (2021)
  7. Yun Su et al.. Kidney injury molecule 1 in the early detection of acute kidney injury—a systematic review and meta-analysis (2025)
  8. Mildred Zulu et al.. Kidney injury molecule-1 and microalbuminuria levels in Zambian population: biomarkers of kidney injury (2016)