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Lactate déshydrogénase (LDH)

Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. La LDH est une enzyme cytoplasmique ubiquitaire qui catalyse réversiblement la conversion lactate-pyruvate avec le couple NAD+/NADH. Sa mesure sérique ou plasmatique reflète une libération enzymatique liée à une lésion ou un renouvellement cellulaire, mais elle est très peu spécifique et ne localise pas le tissu atteint. Elle s’emploie donc comme donnée d’orientation, de gravité ou de suivi, avec l’examen clinique et des marqueurs plus spécifiques, plutôt que comme test diagnostique isolé.

À quoi sert cet examen

**Indications**: Indications possibles: orientation devant une suspicion de lésion tissulaire; aide au suivi de maladies du sang, du foie, du muscle, du rein, du poumon, du cœur ou d’infections; suivi de certaines maladies musculaires ou de l’infection VIH; évaluation pronostique et suivi de réponse dans certains cancers; et analyse complémentaire de liquides biologiques sélectionnés [s2]. L’examen ne doit pas être demandé ou interprété comme dépistage autonome d’un cancer, d’un infarctus ou d’une embolie; la troponine a remplacé la LDH pour le diagnostic de l’infarctus dans les usages modernes.

**Méthode**: La LDH totale est habituellement mesurée par méthode enzymatique cinétique UV/photométrique: en présence de NAD+, le lactate est converti en pyruvate et le NADH formé est suivi par l’augmentation d’absorbance, généralement à 340 nm; la vitesse est proportionnelle à l’activité catalytique dans la plage analytique [s3,s5]. Les conditions exactes, le sens de la réaction, la température, le réactif, l’analyseur et l’étalonnage doivent être ceux validés par le laboratoire. Les isoenzymes LDH-1 à LDH-5 peuvent être séparées par électrophorèse ou autre méthode spécialisée, mais elles répondent à une question d’origine tissulaire différente du dosage total [s2,s5].

**Préparation**: Aucune préparation particulière ni jeûne n’est habituellement nécessaire pour une LDH sanguine [s1,s2]. Éviter si possible un exercice très intense immédiatement avant le prélèvement et signaler traitements, compléments et contexte de traumatisme; ne pas arrêter un médicament sans avis médical [s1,s2,s5]. Pour un liquide biologique, suivre les consignes de la procédure réalisée par le professionnel de santé [s1,s2].

Mesure quantitative de l’activité totale de la LDH, principalement dans le sérum ou le plasma. Elle peut aider à rechercher ou suivre une atteinte tissulaire touchant notamment le foie, le muscle, le rein, le poumon, le sang ou certains cancers; l’élévation totale ne permet pas, à elle seule, d’identifier l’organe responsable [s2,s5]. En oncologie, elle peut suivre l’évolution de la charge tumorale ou la réponse au traitement dans certains contextes, mais les élévations sont trop erratiques et non spécifiques pour diagnostiquer un cancer. Une analyse des isoenzymes peut parfois préciser l’origine tissulaire, mais n’est pas équivalente au dosage de LDH totale [s2,s5].

Seuils de décision et gravité

**Lecture du résultat**: Comparer le résultat à l’intervalle de référence du laboratoire exécutant, puis au résultat antérieur si la méthode est comparable. Distinguer: intervalle de référence (population saine), seuil décisionnel (contexte clinique particulier), seuil diagnostique (qui n’existe pas de façon universelle pour la LDH totale) et cible thérapeutique (aucune cible générale pour cet examen). Une LDH élevée est une association avec une atteinte tissulaire, non un diagnostic; rechercher la source avec symptômes, examen, NFS, bilirubine/haptoglobine si hémolyse, ASAT/ALAT, CK, créatinine, troponine ou imagerie selon le contexte [s1,s2,s5]. Les isoenzymes peuvent apporter une orientation supplémentaire, sans remplacer les marqueurs spécifiques [s2,s5]. Pour les épanchements séreux, l’interprétation dépend de la comparaison au sérum et du contexte; ne pas appliquer l’intervalle sérique à un liquide biologique [s2,s5].

Interprétation

Une LDH basse est inhabituelle et généralement sans signification clinique isolée. Elle peut être faussement basse avec de fortes concentrations de vitamine C [s1,s2,s5]. Des déficits génétiques très rares de LDHA ou LDHB peuvent réduire l’activité; un résultat bas persistant doit être interprété avec le contexte clinique et la méthode, sans seuil pathologique universel [s1,s5].

Une LDH augmentée indique une libération enzymatique compatible avec une lésion, une nécrose ou un renouvellement cellulaire, mais elle ne localise pas l’origine et ne distingue pas infection, inflammation, maladie d’organe, hémolyse ou cancer [s1,s2,s5]. Des hausses marquées sont décrites dans l’anémie mégaloblastique/pernicieuse, le choc ou l’hypoxie, la maladie de Hodgkin et certains cancers; des hausses modérées peuvent accompagner infarctus, embolie pulmonaire, hémolyse, mononucléose, maladie hépatique, rénale ou musculaire [s5]. Une valeur élevée isolée n’est donc pas un seuil diagnostique et ne doit pas être utilisée comme preuve de cancer; en cas d’hémolyse, recontrôler sur prélèvement acceptable avant d’en tirer une conclusion [s3,s4].

Facteurs qui faussent le résultat

La LDH sérique peut augmenter après exercice intense, traumatisme ou atteinte musculaire, maladie hépatique ou rénale, anémie/hémolyse, infections, hypoxie ou choc, infarctus et certaines tumeurs; ces associations ne prouvent pas à elles seules le diagnostic [s1,s2,s5]. L’hémolyse in vitro est un facteur préanalytique majeur car les érythrocytes contiennent beaucoup de LDH [s3,s4]. Des médicaments ou substances, notamment aspirine, anesthésiques, narcotiques, procainamide et alcool selon les sources, peuvent modifier le résultat; la vitamine C à forte dose peut le diminuer artificiellement [s1,s2,s5].

**Limites**: La principale limite est la faible spécificité tissulaire: la LDH est présente dans presque tous les tissus et sa valeur totale ne localise pas la lésion [s1,s2,s5]. L’hémolyse est une interférence particulièrement importante. Dans une étude évaluée par les pairs sur une plateforme Roche Cobas c701, l’interférence de la LDH atteignait environ 50% pour une hémoglobine libre d’environ 1 g/L; les seuils de rejet/interprétation étaient calculés à partir de la variation biologique de ce laboratoire et ne sont pas transposables tels quels [s4]. UIowa signale une interférence à partir d’un indice d’hémolyse H ≥50, tandis que le manuel CDC/NHANES exige un indice H <15 pour sa méthode Roche; ces chiffres illustrent la dépendance à la méthode et ne sont pas des normes universelles [s3]. La bilirubine, la lipémie, certains médicaments, les paraprotéines et la vitamine C peuvent aussi interférer selon l’analyseur; consulter les limites propres au réactif [s3,s5].

Sources

  1. Cleveland Clinic. LDH (Lactate Dehydrogenase) Test: What It Is & Results (2022)
  2. U.S. National Library of Medicine, MedlinePlus. Lactate Dehydrogenase (LDH) Test (2023)
  3. Centers for Disease Control and Prevention; University of Minnesota ARDL. M. Serum LDH Laboratory Procedure Manual (2017)
  4. Marques-Garcia F, Heredero Jung DHH, Pérez SE. Impact of Individualized Hemolysis Management Based on Biological Variation Cut-offs in a Clinical Laboratory (2022)
  5. Farhana A, Lappin SL. Biochemistry, Lactate Dehydrogenase (2023)