LH
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage sanguin de LH mesure une gonadotrophine hypophysaire impliquée dans la fonction ovarienne, l’ovulation, la fonction testiculaire et la maturation pubertaire; son interprétation dépend du sexe, de l’âge, du contexte clinique et, chez la femme réglée, du moment du cycle. Les intervalles publiés varient selon la phase physiologique et la plateforme d’immunodosage; l’intervalle du laboratoire utilisant la méthode concernée prévaut.
À quoi sert cet examen
Le test mesure la LH dans un prélèvement sanguin, généralement du sérum. La LH est produite par l’hypophyse et participe au contrôle de la reproduction; son dosage est utilisé avec la FSH et, selon le contexte, avec d’autres hormones sexuelles. [s1,s4]
- Chez la femme, le dosage peut contribuer à rechercher une cause d’infertilité, à évaluer une atteinte ovarienne, des règles irrégulières ou absentes, et à apprécier une transition vers la ménopause. [s1]
- Chez l’homme, il peut contribuer à rechercher une cause d’infertilité, de faible numération spermatique, de testostérone basse ou de trouble testiculaire. [s1]
- Chez l’enfant et l’adolescent, il est utilisé lorsqu’une puberté paraît précoce ou retardée; l’étude pédiatrique de Soldin et collaborateurs décrit son emploi dans l’évaluation des troubles hypophysaires et reproductifs. [s1,s4]
- La LH sérique varie au cours du cycle menstruel et son pic périovulatoire peut aider à caractériser la phase du cycle lorsqu’il est interprété avec les autres données hormonales. [s2]
Valeurs de référence
Les intervalles ci-dessous sont des intervalles d’étude, exprimés en IU/L, et ne remplacent pas l’intervalle de référence du laboratoire: la méthode, la plateforme, la population et la phase du cycle doivent correspondre au résultat interprété. [s2,s3,s5]
| Population [s2] | Méthode et plateforme [s2] | Intervalle de référence LH, 5e–95e percentile [s2] | Effectif [s2] |
|---|---|---|---|
| Femmes normo-ovulatoires, phase folliculaire [s2] | Immunodosage électrochimiluminescent Elecsys LH, cobas e 801 [s2] | 4,78–13,2 IU/L [s2] | n=85 [s2] |
| Femmes normo-ovulatoires, phase ovulatoire [s2] | Immunodosage électrochimiluminescent Elecsys LH, cobas e 801 [s2] | 8,11–72,7 IU/L [s2] | n=81 [s2] |
| Femmes normo-ovulatoires, phase lutéale [s2] | Immunodosage électrochimiluminescent Elecsys LH, cobas e 801 [s2] | 2,73–13,1 IU/L [s2] | n=85 [s2] |
| Hommes fertiles, eugonadiques, 21–35 ans [s3] | Sept plateformes automatisées d’immunodosage; panel de référence [s3] | 1,6–8,0 IU/L, intervalle consensuel [s3] | n=124 [s3] |
Chez la femme réglée, un intervalle folliculaire, ovulatoire ou lutéal ne doit pas être substitué à un autre; chez l’homme, l’intervalle 1,6–8,0 IU/L provient d’un panel de jeunes hommes sains et de méthodes automatisées évaluées, et non d’une limite universelle. [s2,s3]
Dans une population pédiatrique de routine évaluée par l’approche de Hoffmann sur l’analyseur DPC IMMULITE 1000, la limite supérieure de l’intervalle LH féminin augmentait de 5,0 IU/L à 6–10 ans à 13,4 IU/L à 11–15 ans, puis à 16,4 IU/L à 15–19 ans; les intervalles masculins restaient dans une plage similaire entre les groupes pubertaires. Ces données sont propres à cette plateforme et à cette population de prélèvements, et ne remplacent pas l’intervalle pédiatrique du laboratoire. [s4]
Interprétation
Chez l’adulte, une LH inférieure à l’intervalle attendu peut être compatible avec un trouble de l’hypophyse ou de l’hypothalamus; chez la femme, une LH et une FSH basses avec absence de règles peuvent aussi être associées à un exercice extrême, une malnutrition, un stress important ou une insuffisance pondérale. [s1]
Chez l’adolescent présentant un retard pubertaire, la LH peut être basse, normale ou élevée selon le contexte; la valeur isolée ne suffit donc pas à caractériser la cause. [s1]
Chez la femme, la LH augmente physiologiquement autour de l’ovulation. Une LH élevée de façon persistante peut être associée à une atteinte ovarienne, à une insuffisance ovarienne primaire, à la ménopause ou périménopause, au syndrome des ovaires polykystiques ou à certaines atteintes thyroïdiennes, surrénaliennes ou chromosomiques. [s1,s2]
Chez l’homme, une LH élevée peut être associée à une atteinte testiculaire, notamment après oreillons ou traumatisme, à un développement testiculaire anormal ou à une anomalie chromosomique; des atteintes gonadiques liées à une maladie auto-immune, à une radiothérapie ou à une chimiothérapie sont également décrites. [s1]
Chez l’enfant présentant des signes de puberté précoce, une LH et une FSH élevées peuvent accompagner une activation pubertaire; l’interprétation doit rester liée à l’âge, aux signes cliniques et aux autres dosages. [s1]
Facteurs qui faussent le résultat
- Le moment du prélèvement doit être documenté chez une femme réglée, car la LH varie nettement pendant le cycle; l’étude Anckaert a standardisé un cycle de 29 jours avec un pic de LH au jour 15 pour comparer les phases. [s1,s2]
- Le sérum a été obtenu par ponction veineuse dans les études pédiatrique et de cycle; dans l’étude pédiatrique, les échantillons étaient conservés au réfrigérateur 2–4 °C pendant au plus 12 heures avant l’analyse. [s2,s4]
- Les résultats ne sont pas directement interchangeables entre plateformes: l’étude Milsom a mesuré la LH par un radio-immunodosage polyclonal et deux immunodosages monoclonaux; dans son résumé, la proportion de femmes ayant une LH élevée était de 23,1 % avec le dosage polyclonal contre 12,8 % et 6,4 % avec les deux dosages monoclonaux. [s5]
- Les intervalles dépendent de la population, de l’âge, du sexe et de la phase physiologique; l’étude pédiatrique a stratifié par âge et sexe, tandis que l’étude masculine a utilisé des hommes fertiles eugonadiques de 21–35 ans. [s3,s4]
- Les profils sériques et urinaires de LH ne doivent pas être considérés comme interchangeables sans validation; l’étude de cycle note une clairance sérique rapide, une sécrétion pulsatile et un décalage métabolique des concentrations urinaires. [s2]
- Certains médicaments ou compléments peuvent influencer la préparation du test; le patient doit signaler ses traitements et ne pas les interrompre sans consigne médicale. [s1]
Sources
- MedlinePlus, U.S. National Library of Medicine. Luteinizing Hormone (LH) Levels Test (2026)
- Ellen Anckaert et al.. Extensive monitoring of the natural menstrual cycle using the serum biomarkers estradiol, luteinizing hormone and progesterone (2021)
- Ken Sikaris, Robert I. McLachlan, Rymantas Kazlauskas et al.. Reproductive Hormone Reference Intervals for Healthy Fertile Young Men: Evaluation of Automated Platform Assays (2005)
- Offie P. Soldin, Eve G. Hoffman, Michael A. Waring et al.. Pediatric reference intervals for FSH, LH, estradiol, T3, free T3, cortisol, and growth hormone on the DPC IMMULITE 1000 (2005)
- Stella Ruth Milsom, Martin C. Sowter, Marion A. Carter et al.. LH levels in women with polycystic ovarian syndrome: have modern assays made them irrelevant? (2003)