Macroprolactine
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. La macroprolactine est une forme de prolactine de haut poids moléculaire, le plus souvent un complexe prolactine–IgG, qui peut réagir de façon variable dans les immunodosages et produire une élévation apparente de la prolactine totale. L’analyse vise surtout à mesurer séparément la prolactine monomérique après précipitation au polyéthylène glycol (PEG), avec la chromatographie par filtration sur gel (GFC) comme méthode de référence pour la séparation des formes.
À quoi sert cet examen
La macroprolactine est une forme de prolactine de haut poids moléculaire, le plus souvent constituée d’un complexe de prolactine et d’immunoglobuline G; sa réactivité variable avec les immunodosages peut entraîner une prolactinémie totale apparemment élevée [s1].
L’examen sert à distinguer, dans un échantillon présentant une prolactine totale élevée, la fraction monomérique de la fraction macroprolactine. La GFC est la méthode de référence pour quantifier la prolactine monomérique bioactive, tandis que la précipitation au PEG est une méthode de dépistage plus simple et plus rapide [s1,s4].
Les plateformes d’immunodosage ne réagissent pas toutes de la même manière à la macroprolactine; le résultat doit donc être interprété avec la méthode et l’intervalle post-PEG propres au laboratoire [s2,s6].
Valeurs de référence
| Population et méthode | Intervalle post-PEG rapporté | Contexte de référence |
|---|---|---|
| Hommes sains; ADVIA Centaur [s2] | 61–196 mUI/L [s2] | 53 hommes et 93 femmes sains; intervalles paramétriques établis après précipitation PEG [s2] |
| Femmes saines; ADVIA Centaur [s2] | 66–278 mUI/L [s2] | Intervalles paramétriques post-PEG spécifiques de la plateforme [s2] |
| Hommes sains; Elecsys [s2] | 63–245 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Roche; comparaison avec la GFC [s2] |
| Femmes saines; Elecsys [s2] | 75–381 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Roche; comparaison avec la GFC [s2] |
| Hommes sains; Access [s2] | 70–301 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Beckman Coulter [s2] |
| Femmes saines; Access [s2] | 92–469 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Beckman Coulter [s2] |
| Hommes sains; Architect [s2] | 72–229 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Abbott [s2] |
| Femmes saines; Architect [s2] | 79–347 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Abbott [s2] |
| Hommes sains; AIA [s2] | 73–247 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Tosoh [s2] |
| Femmes saines; AIA [s2] | 83–383 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Tosoh [s2] |
| Hommes sains; Immulite [s2] | 78–263 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Siemens [s2] |
| Femmes saines; Immulite [s2] | 85–394 mUI/L [s2] | Dosage post-PEG sur plateforme Siemens [s2] |
Dans une étude chinoise utilisant l’immunodosage Elecsys Prolactin II après précipitation par PEG 6000, l’intervalle de référence à 95 % était de 3,5–18,4 ng/mL chez 120 femmes saines et de 2,5–13,8 ng/mL chez 120 hommes sains âgés de 18 à 60 ans [s4].
Ces intervalles publiés ne sont pas interchangeables: l’intervalle du laboratoire, établi pour la méthode, la plateforme, la population et le protocole PEG utilisés, prévaut sur les intervalles d’une autre méthode [s2,s4,s6].
Seuils de décision et gravité
La récupération post-PEG est calculée en divisant la prolactine monomérique post-PEG par la prolactine totale; dans l’étude chinoise, une récupération supérieure à 60 % était considérée comme négative pour la macroprolactine [s4].
Dans 20 échantillons dont la macroprolactine avait été caractérisée par GFC, un seuil de récupération de 60 % a détecté 70 % des échantillons et un seuil de 40 % en a détecté 80 %; ces résultats sont propres à cette étude et ne constituent pas un seuil universel [s4].
La récupération seule peut être trompeuse lorsqu’une macroprolactine coexiste avec une concentration élevée de prolactine monomérique; le résultat post-PEG doit être comparé à l’intervalle de référence post-PEG spécifique de la méthode [s4,s6].
Interprétation
Une prolactine totale augmentée peut refléter une réactivité d’immunodosage à la macroprolactine plutôt qu’une augmentation équivalente de la fraction monomérique; la séparation des formes est donc nécessaire pour décrire la fraction mesurée [s1,s4].
Facteurs qui faussent le résultat
La GFC sépare les formes monomérique, dimérique et macroprolactine, mais elle est décrite comme lourde et coûteuse; la précipitation au PEG est plus adaptée au dépistage courant, avec une confirmation par GFC lorsque le résultat est équivoque [s1,s3,s4].
La précipitation au PEG entraîne une coprécipitation d’une partie de la prolactine monomérique et son effet dépend de la concentration et du type de PEG; l’intervalle post-PEG doit donc être établi avec le protocole utilisé [s4,s6].
Dans une étude de méthode, l’augmentation des globulines sériques a diminué la récupération de prolactine après PEG et a produit des résultats faussement évocateurs de macroprolactine; la procédure doit être interprétée avec prudence en cas d’hyperglobulinémie [s5].
Les immunodosages commerciaux présentent une réactivité variable à la macroprolactine. Dans l’étude multicentre de référence, six plateformes avaient des intervalles post-PEG distincts, ce qui justifie de ne pas transposer un intervalle d’une plateforme à une autre [s2].
Dans l’étude chinoise de référence, le sérum était recueilli dans un tube avec gel, laissé à coaguler au moins 30 minutes, centrifugé à 3000 × g pendant 10 minutes dans les 2 heures, puis conservé à −30 °C avant analyse; ces conditions décrivent le protocole de cette étude et ne remplacent pas les instructions pré-analytiques du laboratoire [s4].
Sources
- Michael N. Fahie-Wilson; R. John; Andy Ellis. Macroprolactin; high molecular mass forms of circulating prolactin (2005)
- Luisa Beltran; Michael Fahie-Wilson; T. J. McKenna et al.. Serum Total Prolactin and Monomeric Prolactin Reference Intervals Determined by Precipitation with Polyethylene Glycol: Evaluation and Validation on Common ImmunoAssay Platforms (2008)
- Lucille Kavanagh; T. J. McKenna; Michael N. Fahie-Wilson et al.. Specificity and Clinical Utility of Methods for the Detection of Macroprolactin (2006)
- Yao Hu; Jiajin Ni; Buyue Zhang et al.. Establishment of reference intervals of monomeric prolactin to identify macroprolactinemia in Chinese patients with increased total prolactin (2021)
- Sweta Ram; Beverley Harris; Joseph J. R. Fernando et al.. False-positive polyethylene glycol precipitation tests for macroprolactin due to increased serum globulins (2008)
- Martin Overgaard et al.. Serum prolactin revisited: parametric reference intervals and cross platform evaluation of polyethylene glycol precipitation-based methods for discrimination between hyperprolactinemia and macroprolactinemia (2017)