Mercure urinaire
Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le mercure urinaire mesure le mercure total excrété dans l’urine et sert surtout à documenter une exposition récente ou répétée au mercure élémentaire ou à certains composés inorganiques. Il est particulièrement utile en biomonitoring professionnel; l’interprétation dépend de la forme chimique, du délai depuis l’exposition, de la dilution urinaire, de la méthode et du laboratoire.
À quoi sert cet examen
Le dosage du mercure total dans l’urine est un biomarqueur fiable de l’exposition dans les populations principalement exposées aux vapeurs de mercure élémentaire; l’urine est plus dynamique que les cheveux ou les ongles et reflète davantage l’histoire récente de l’exposition. [s1]
Le prélèvement urinaire est non invasif et le mercure urinaire ponctuel est couramment utilisé pour le biomonitoring, notamment en santé au travail. La méthode CDC décrit une quantification du mercure urinaire par ICP-DRC-MS. [s3]
Le mercure urinaire peut contribuer à documenter une exposition liée à des vapeurs élémentaires, à des amalgames dentaires, à des produits contenant du mercure ou à d’autres sources; il ne permet pas, seul, d’identifier la forme chimique ni la source. [s1,s2,s3]
Pour une exposition principalement alimentaire au méthylmercure, le sang total ou les cheveux sont généralement des biomarqueurs plus adaptés que l’urine; les différentes formes du mercure ont des toxicités et des profils de biomonitoring différents. [s1,s2]
Valeurs de référence
Le laboratoire réalisant l’analyse fait foi pour l’intervalle applicable à sa méthode, sa population et son unité. Les repères ci-dessous proviennent soit d’une étude de fond, soit d’un catalogue analytique; ils ne constituent pas un intervalle universel ni une valeur de référence propre au Congo. [s4,s5]
| Population ou contexte [s4,s5] | Valeur mesurée [s4,s5] | Interprétation et limites [s4,s5] |
|---|---|---|
| Données de fond issues d’une analyse groupée d’expositions à de faibles concentrations de vapeur élémentaire [s5] | Moyenne rapportée d’environ 4 µg/L; limite supérieure de fond rapportée d’environ 20 µg/L [s5] | Ces valeurs sont des repères de fond issus d’études avec prélèvements d’air et d’urine, pas un intervalle de référence individuel. [s5] |
Interprétation
Une valeur basse ou non détectée indique seulement qu’aucun mercure mesurable n’a été retrouvé au-dessus de la limite analytique dans l’échantillon; elle n’exclut pas une exposition antérieure, une exposition à une autre forme du mercure ou une variation liée au moment du prélèvement. [s1,s3]
Une concentration augmentée est compatible avec une exposition récente ou répétée au mercure élémentaire ou à certains composés inorganiques, notamment dans les contextes professionnels; elle doit être interprétée avec la forme probable du mercure, la durée de l’exposition et le délai entre exposition et prélèvement. [s1,s3]
Une concentration urinaire accrue peut aussi être influencée par le méthylmercure alimentaire, les amalgames dentaires ou d’autres sources; l’urine seule ne permet pas d’attribuer la source ni de poser un diagnostic de toxicité. [s1,s2,s3]
Facteurs qui faussent le résultat
La forme chimique et la voie d’exposition sont déterminantes: l’urine est un biomarqueur plus fiable pour les vapeurs de mercure élémentaire, tandis que le sang total ou les cheveux sont généralement plus informatifs pour une exposition prédominante au méthylmercure alimentaire. [s1,s2]
Le moment du prélèvement compte: le mercure urinaire et sanguin sont des mesures dynamiques, davantage influencées par l’histoire récente de l’exposition que le mercure des cheveux ou des ongles. [s1]
Dans un échantillon ponctuel, la dilution variable de l’urine peut modifier la concentration en µg/L; la créatinine est utilisée pour normaliser cette dilution, mais les résultats corrigés et non corrigés ne sont pas interchangeables. [s4]
Les amalgames dentaires, le poisson et les expositions professionnelles sont décrits par le CDC comme des sources principales d’exposition au mercure. [s3]
Pour la méthode CDC, l’absence de conservateur, une température de stockage élevée, un volume inférieur à 0,75 mL ou une contamination suspectée rendent l’échantillon inacceptable; le conservateur est ajouté pour prévenir la perte de mercure avant l’analyse. [s3]
Sources
- Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR). Addendum to the Toxicological Profile for Mercury (2022)
- World Health Organization. Exposure to mercury: a major public health concern, second edition (2021)
- Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Environmental Health, Division of Laboratory Sciences. Laboratory Procedure Manual: Mercury in Urine, NHANES 2009–2010, Method No. 3002.1 (2009)
- Wendy McKelvey; Nancy Jeffery; Nancy Clark; Daniel Kass; Patrick J. Parsons. Population-Based Inorganic Mercury Biomonitoring and the Identification of Skin Care Products as a Source of Exposure in New York City (2010)
- Joyce S. Tsuji; Pamela R. D. Williams; Melanie R. Edwards; Krishna P. Allamneni; Michael A. Kelsh; Dennis J. Paustenbach; Patrick J. Sheehan. Evaluation of mercury in urine as an indicator of exposure to low levels of mercury vapor (2003)