Métabolites urinaires des catécholamines
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage urinaire des métanéphrines fractionnées mesure surtout la métanéphrine et la normétanéphrine dans une collecte de 24 heures; ces métabolites sont produits de façon plus continue que les catécholamines elles-mêmes. Il est utilisé comme examen biochimique de première intention ou de confirmation dans l'exploration d'une sécrétion de catécholamines, notamment lorsqu'un phéochromocytome ou un paragangliome est envisagé. Les intervalles sont dépendants de la méthode, de l'âge, du sexe et du laboratoire; les valeurs ci-dessous sont des intervalles publiés par un catalogue de laboratoire et ne remplacent pas l'intervalle du laboratoire qui réalise l'analyse.
À quoi sert cet examen
Les métanéphrines urinaires fractionnées sont recommandées avec les métanéphrines plasmatiques libres parmi les tests biochimiques de première ligne lorsqu'une sécrétion de catécholamines est recherchée; elles sont également utilisées pour confirmer un résultat plasmatique positif selon le guide du laboratoire. [s1,s7]
La métanéphrine et la normétanéphrine sont des métabolites O-méthylés produits de manière relativement continue, ce qui explique leur intérêt par rapport à un dosage isolé des catécholamines, dont la sécrétion peut être épisodique. [s1,s3]
Le dosage peut être demandé dans l'évaluation biologique de symptômes compatibles, d'une masse surrénalienne fortuite ou d'un risque héréditaire connu; le résultat doit être interprété avec la probabilité clinique, la méthode et l'intervalle du laboratoire. [s1]
Les rapports métanéphrine/créatinine et normétanéphrine/créatinine dans une urine ponctuelle ont montré une performance diagnostique comparable à celle de certains résultats de 24 heures dans une étude, mais l'urine ponctuelle est une alternative étudiée et non un intervalle universel interchangeable. [s4]
Interprétation
Une augmentation de la métanéphrine ou de la normétanéphrine urinaires peut refléter une production accrue de métabolites de catécholamines; les métanéphrines fractionnées sont préférées aux catécholamines urinaires isolées dans l'exploration biochimique initiale. [s1,s3]
Un résultat élevé n'est pas spécifique à lui seul: la faible probabilité prétest dans une population non sélectionnée, le stress, le régime alimentaire, les médicaments et les interférences analytiques peuvent produire des résultats faussement positifs. [s1,s2,s3]
Une discordance entre une méthode HPLC avec détection électrochimique et la LC-MS/MS a été observée dans un cas de traitement par sulfasalazine; la réanalyse par LC-MS/MS a retrouvé des valeurs dans l'intervalle de référence. [s3,s7]
Facteurs qui faussent le résultat
La collecte doit être complète sur 24 heures; la créatinine urinaire peut être mesurée pour vérifier la complétude et le volume total doit être enregistré. [s1,s3]
La lumière, la température et le conservateur influencent la préservation de l'échantillon: une étude de cas a utilisé un récipient sombre avec acide chlorhydrique, un stockage à 4 °C et un pH inférieur à 3; le conservateur et les conditions exactes doivent suivre la procédure du laboratoire. [s3]
La caféine, le tabac, l'exercice intense et l'alimentation peuvent modifier la sécrétion ou la mesure; StatPearls recommande, pour ce test urinaire, d'éviter nourriture, caféine, tabac et exercice intense pendant 8 à 12 heures avant le recueil de l'échantillon. [s2]
Les antidépresseurs tricycliques, le labétalol et le sotalol peuvent augmenter les métanéphrines mesurées et rendre le résultat difficile à interpréter; les médicaments prescrits, produits en vente libre et compléments doivent être signalés et toute modification thérapeutique relève du prescripteur. [s2]
La sulfasalazine ou ses métabolites peut interférer avec certaines méthodes HPLC de métanéphrines urinaires; la LC-MS/MS est décrite comme moins exposée à certaines interférences analytiques, mais la méthode du laboratoire reste déterminante. [s3,s7]
L'âge et le sexe modifient les intervalles publiés, particulièrement pour la normétanéphrine; les valeurs pédiatriques et adultes ne sont donc pas interchangeables. [s6,s7]
Les urines ponctuelles rapportées à la créatinine et les urines de nuit ou du premier matin peuvent être utilisées dans des protocoles étudiés, mais leurs intervalles optimisés ne doivent pas être appliqués à une collecte de 24 heures. [s4,s5]
Sources
- Lenders J.W.M.; Duh Q.-Y.; Eisenhofer G.; et al.. Pheochromocytoma and Paraganglioma: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2014)
- Leslie S.W.; Rathi B.M.; Sharif S.; Rout P.. 24-Hour Urine Collection and Analysis (2024)
- Joyce C.M.; Melvin A.; O'Shea P.. Case report of a phantom pheochromocytoma (2020)
- Sbardella E.; Maunsell Z.; May C.; et al.. Random ‘spot’ urinary metanephrines compared with 24-h-urinary and plasma results in phaeochromocytomas and paragangliomas (2020)
- Peitzsch M.; Kaden D.; Pamporaki C.; et al.. Overnight/first-morning urine free metanephrines and methoxytyramine for diagnosis of pheochromocytoma and paraganglioma: is this an option? (2020)
- Griffin A.; O'Shea P.; FitzGerald R.; et al.. Establishment of a paediatric age-related reference interval for the measurement of urinary total fractionated metanephrines (2010)
- Boot C.. A Laboratory Medicine Perspective on the Investigation of Phaeochromocytoma and Paraganglioma (2023)