Métanéphrines urinaires
Examen biologique : Fonction rénale et urines. Le dosage des métanéphrines fractionnées urinaires contribue à l’exploration biochimique des phéochromocytomes et paragangliomes; les recommandations cliniques retiennent le dosage urinaire fractionné parmi les examens biochimiques initiaux. Les résultats et leurs intervalles dépendent notamment de la collecte, de la méthode et de la distinction entre formes libres et conjuguées; l’intervalle du laboratoire exécutant doit être privilégié.
À quoi sert cet examen
Les recommandations de l’Endocrine Society retiennent les métanéphrines urinaires fractionnées sur recueil de 24 heures parmi les examens biochimiques initiaux pour rechercher un excès lié aux phéochromocytomes ou paragangliomes; elles indiquent de mesurer la créatinine urinaire pour vérifier l’exhaustivité de la collecte [s1].
Une revue systématique rapporte, pour les métanéphrines fractionnées urinaires sur recueil de 24 heures, une sensibilité groupée de 93 % (IC à 95 % : 88–95 %) et une spécificité de 90 % (IC à 95 % : 84–93 %); ces estimations agrègent des méthodes et populations d’étude différentes [s2].
Dans une étude rétrospective utilisant la spectrométrie de masse en tandem sur urine de 24 heures, 506 patients ont été évalués, dont 102 avec une tumeur sécrétant des catécholamines; l’élévation d’au moins une fraction (normétanéphrine ou métanéphrine) avait une sensibilité de 97,1 % et une spécificité de 91,1 % dans cette cohorte, sans constituer des performances universelles [s6].
Valeurs de référence
| Population, recueil et méthode [s4] | Analyte urinaire [s4] | Intervalle de référence rapporté [s4] |
|---|---|---|
| Adultes sains de Shanghai, 18–76 ans, 81 participants des deux sexes; urine de 24 heures, dosage des formes libres par LC-MS/MS [s4] | Métanéphrine libre [s4] | 29,20–174,97 nmol/24 h [s4] |
| Adultes sains de Shanghai, 18–76 ans, 81 participants des deux sexes; urine de 24 heures, dosage des formes libres par LC-MS/MS [s4] | Normétanéphrine libre [s4] | 37,66–214,62 nmol/24 h [s4] |
Ces intervalles proviennent d’une étude de formes urinaires libres et ne sont pas interchangeables avec ceux d’un dosage des formes totales après déconjugaison; l’intervalle établi pour la méthode et la population du laboratoire exécutant fait foi [s1,s3,s4].
Interprétation
Une concentration au-dessus de l’intervalle propre au laboratoire constitue un résultat biochimique à interpréter dans le contexte clinique; elle ne suffit pas, à elle seule, à établir un diagnostic [s1,s2].
Une collecte de 24 heures incomplète ou une erreur de volume déclaré peut fausser l’excrétion calculée; un volume excessif peut entraîner une fausse élévation, tandis qu’un volume trop faible peut donner une valeur faussement basse [s5].
L’alimentation riche en catécholamines peut augmenter certaines formes déconjuguées: dans une étude croisée chez 26 adultes sains, l’excrétion urinaire de normétanéphrine déconjuguée a augmenté jusqu’à deux fois, tandis que les formes libres de normétanéphrine et de métanéphrine urinaire n’étaient pas affectées [s7].
Facteurs qui faussent le résultat
La complétude du recueil de 24 heures et la saisie exacte du volume urinaire influencent le calcul d’excrétion; les recommandations préconisent le dosage de la créatinine urinaire pour contrôler la collecte [s1,s5].
Les méthodes ne mesurent pas nécessairement la même fraction: les métanéphrines urinaires peuvent être analysées sous forme libre ou après déconjugaison des formes sulfatées; cette différence de préparation et de mesurande limite la comparaison directe des résultats [s3].
L’influence alimentaire dépend de l’analyte et de la méthode: les catécholamines alimentaires ont accru les formes déconjuguées de normétanéphrine urinaire dans l’étude rapportée, mais pas les formes libres de normétanéphrine ou de métanéphrine [s7].
Sources
- Jacques W. M. Lenders et al.. Pheochromocytoma and Paraganglioma: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2014)
- Roland Därr et al.. Accuracy of recommended sampling and assay methods for the determination of plasma free and urinary fractionated metanephrines in the diagnosis of pheochromocytoma and paraganglioma: A systematic review (2017)
- Jiyeon Ahn et al.. Urinary Free Metanephrines for Diagnosis of Pheochromocytoma and Paraganglioma (2021)
- Yan Song et al.. Development and validation of a simple, fast and sensitive liquid chromatography-tandem mass spectrometry method to establish reference intervals for 24-h urinary free normetanephrine, metanephrine and methoxytyramine (2024)
- Terry Shin et al.. False elevations in urinary metanephrines: under-recognised pitfall with 24-hour urinary volume collection (2021)
- C. G. Perry et al.. The diagnostic efficacy of urinary fractionated metanephrines measured by tandem mass spectrometry in detection of pheochromocytoma (2007)
- Wilhelmina H. A. de Jong et al.. Dietary influences on plasma and urinary metanephrines: implications for diagnosis of catecholamine-producing tumors (2009)