Myoglobine
Examen biologique : Lipides et risque cardiovasculaire. La myoglobine est dosable dans le sang ou les urines; les indications principales décrites sont la rhabdomyolyse et l’infarctus du myocarde. Elle augmente rapidement après une lésion musculaire, mais sa présence dans le muscle cardiaque et le muscle squelettique limite sa spécificité cardiaque; son interprétation dans l’infarctus doit être combinée à d’autres critères.
À quoi sert cet examen
Le dosage peut être réalisé dans le sang ou les urines; les indications principales rapportées sont la rhabdomyolyse et l’infarctus du myocarde. [s2]
La myoglobine est libérée rapidement après une lésion musculaire et fait partie des marqueurs précoces de l’infarctus du myocarde et de la rhabdomyolyse. [s1]
Dans une étude de 70 patients se présentant dans les quatre heures suivant le début de symptômes évoquant un infarctus, 36 avaient un infarctus certain ou possible selon les critères de l’OMS. Chez ces 36 patients, la myoglobine sérique était supérieure à 85 microgrammes/L chez 25 % à une heure et chez 89 % à quatre heures; elle atteignait son pic dans les 12 premières heures chez 83 %. [s6]
Dans l’analyse combinée de deux études portant sur 114 patients avec infarctus suspecté, une mesure unique à six heures du début des symptômes avait une sensibilité de 93 % et une spécificité de 89 % pour la myoglobine sérique. [s6]
Dans une étude de 25 patients avec infarctus aigu confirmé et 74 patients chez lesquels l’infarctus a été écarté, la myoglobine avait la meilleure sensibilité clinique des trois marqueurs étudiés entre 0 et 6 heures après le début de la douleur thoracique, à 50 %; entre 6 et 24 heures, la sensibilité de tous les marqueurs était supérieure à 93 %. La troponine I avait une spécificité clinique supérieure à celle de la myoglobine chez les patients sans infarctus. [s4]
La myoglobine est présente dans les muscles cardiaque et squelettique. Une lésion de l’un ou l’autre peut donc l’augmenter; les stratégies publiées pour limiter cette restriction associent la myoglobine à un marqueur musculaire squelettique ou à la troponine I, ou utilisent des prélèvements sériés. [s3]
Valeurs de référence
| Population ou condition | Valeur rapportée | Unité | Précision |
|---|---|---|---|
| Personnes en conditions normales [s1] | 0 à 0,003 [s1] | mg/dL [s1] | Niveau circulant décrit par la source; l’intervalle dépend de la méthode et du contexte du laboratoire. [s1] |
Seuils de décision et gravité
Dans la description physiopathologique de la source, lorsque la myoglobine sérique atteint plus de 0,5 à 1,5 mg/dL, la capacité de métabolisme, d’endocytose et de liaison aux protéines sériques est dépassée et la myoglobine est rapidement excrétée dans les urines; ce n’est pas présenté comme un seuil diagnostique universel. [s1]
Dans l’étude d’infarctus citée, le seuil analytique utilisé pour la myoglobine sérique était supérieur à 85 microgrammes/L; chez les patients avec infarctus certain ou possible, cette valeur était dépassée chez 25 % à une heure et 89 % à quatre heures après le début des symptômes. [s6]
Interprétation
Une augmentation sérique est compatible avec une lésion du muscle squelettique ou cardiaque, notamment une rhabdomyolyse ou une lésion myocardique; la myoglobine ne permet pas à elle seule d’identifier le siège de la lésion. [s1,s2]
Des élévations faussement attribuées à un infarctus ont été rapportées avec des troubles du muscle squelettique ou neuromusculaires, l’insuffisance rénale, une injection intramusculaire, un exercice intense et l’exposition à certaines toxines ou certains médicaments. [s3]
Facteurs qui faussent le résultat
La myoglobine sérique revient souvent à la normale dans les 24 heures suivant le début des symptômes de rhabdomyolyse, alors que la créatine kinase commence à augmenter environ 2 à 12 heures après le début des symptômes et reste élevée 7 à 10 jours; le moment du prélèvement influence donc fortement l’interprétation. [s1]
Dans une étude de 13 patients atteints de rhabdomyolyse dont la créatine kinase initiale dépassait 5000 IU/L, le temps moyen pour atteindre 50 % de la valeur initiale était de 12 heures pour la myoglobine et de 42 heures pour la créatine kinase. [s5]
Une étude n’a pas trouvé de différence significative entre plasma hépariné et sérum, tandis que les résultats du plasma EDTA étaient significativement plus bas que ceux du sérum; la compatibilité avec l’anticoagulant doit donc être vérifiée pour chaque méthode. [s1]
Les échantillons sont décrits comme stables une semaine à 4 °C et jusqu’à quatre semaines à −20 °C. [s1]
Les tubes avec gel séparateur peuvent augmenter ou diminuer le résultat; le facteur rhumatoïde peut interférer avec certains dosages et les anticorps humains anti-souris peuvent produire un résultat faussement positif dans certains immunodosages. La bilirubine n’a pas été montrée interférer avec ces résultats dans la source. [s1]
La myoglobine est éliminée presque exclusivement par filtration glomérulaire; une insuffisance rénale et les lésions musculaires concomitantes réduisent donc la spécificité de son interprétation comme marqueur cardiaque. [s1,s3]
Sources
- Anoosh Zafar Gondal; Lisa A. Foris; Muhammad Zubair; John R. Richards. Serum Myoglobin (2023)
- Trey Vanek; Arpan Kohli. Biochemistry, Myoglobin (2023)
- Mario Plebani; M. Zaninotto. Diagnostic strategies using myoglobin measurement in myocardial infarction (1998)
- A. H. Wu; Y. J. Feng; J. H. Contois; S. Pervaiz. Comparison of myoglobin, creatine kinase-MB, and cardiac troponin I for diagnosis of acute myocardial infarction (1996)
- Helena Lappalainen; Eero Tiula; Lasse Uotila; Matti Mänttäri. Elimination kinetics of myoglobin and creatine kinase in rhabdomyolysis: implications for follow-up (2002)
- J. M. McComb; E. A. McMaster; G. MacKenzie; A. A. Adgey. Myoglobin and creatine kinase in acute myocardial infarction (1984)