NGAL urinaire
Examen biologique : Fonction rénale et urines. Le NGAL urinaire (lipocaline-2) est étudié comme biomarqueur d’atteinte épithéliale/tubulaire rénale et peut réagir plus tôt que la créatinine dans certaines situations cliniques. Son interprétation dépend du contexte clinique et de la méthode, notamment parce que l’inflammation et des sources non rénales peuvent contribuer au signal; les seuils ne sont pas standardisés universellement.
À quoi sert cet examen
Le NGAL (neutrophil gelatinase-associated lipocalin, aussi appelé lipocaline-2) est une protéine exprimée par l’épithélium néphronique lésé; sa mesure urinaire est étudiée comme marqueur de stress ou d’atteinte tubulaire, complémentaire des marqueurs fonctionnels tels que la créatinine [s4].
Dans certains contextes, le NGAL urinaire peut augmenter avant que la créatinine sérique ne reflète l’atteinte, mais les études rapportent des performances variables selon la population, l’essai et la définition de l’atteinte rénale aiguë [s2,s4].
Dans une cohorte prospective hétérogène d’adultes en soins intensifs, une mesure isolée de NGAL urinaire avait une capacité prédictive modérée et n’améliorait que peu la prédiction clinique conventionnelle; le résultat ne s’interprète donc pas isolément [s5].
Valeurs de référence
| Population et statistique rapportée [s1] | NGAL urinaire [s1] | Méthode et portée [s1,s4] |
|---|---|---|
| Population de référence de l’étude (n = 174) — 95e centile [s1] | 107 µg/L [s1] | Dosage sur Abbott ARCHITECT i1000sr; percentile propre à cette cohorte et à cette méthode, et non seuil universel [s1,s4]. |
| Sous-groupe de moins de 40 ans (n = 61) — 95e centile [s1] | 91 µg/L [s1] | Résultat de la même étude et du même dosage; ne constitue pas une plage universelle pour les adultes [s1]. |
Ces résultats sont des percentiles d’études et de méthodes particulières, pas une limite diagnostique universelle. L’intervalle ou le seuil validé par le laboratoire exécutant pour sa méthode et sa population fait foi [s1,s4,s7].
| Population et statistique [s8] | Valeur de NGAL urinaire [s8] | Portée et limite [s8] |
|---|---|---|
| Participants masculins de 3 mois à moins de 22 ans — 95e percentile [s8] | 50 ng/mL (IC à 90 % : 50–50 ng/mL) [s8] | Étude de référence américaine, dosage immunologique sur analyseur Roche cobas c501; valeurs ≤50 ng/mL étaient rapportées à 50 ng/mL, limite inférieure de mesure de l’essai [s8]. |
| Participantes féminines de 3 mois à moins de 22 ans — 95e percentile [s8] | 72 ng/mL (IC à 90 % : 57–89 ng/mL) [s8] | Percentile spécifique à la population et à la méthode de l’étude; ne doit pas être transposé comme intervalle pédiatrique universel [s8]. |
| Participants masculins de 3 mois à moins de 22 ans — 97,5e percentile [s8] | 50 ng/mL (IC à 90 % : 50–59 ng/mL) [s8] | L’essai ne quantifiait pas les résultats inférieurs à 50 ng/mL; la valeur de percentile est donc limitée par sa plage de mesure [s8]. |
| Participantes féminines de 3 mois à moins de 22 ans — 97,5e percentile [s8] | 96 ng/mL (IC à 90 % : 71–161 ng/mL) [s8] | Percentile spécifique à l’étude américaine et à la méthode employée, non interchangeable avec un seuil diagnostique d’atteinte rénale aiguë [s8]. |
Seuils de décision et gravité
| Contexte du seuil résumé dans la littérature [s7] | Valeur rapportée [s7] | Interprétation et limite [s3,s7] |
|---|---|---|
| Seuils d’études visant l’atteinte rénale aiguë chez l’adulte, synthèse de 52 études observationnelles et 13 040 personnes à risque [s7] | De ≥105 à ≥350 ng/mL selon les plateformes [s7] | Seuils spécifiques aux études et aux plateformes; la revue précise qu’il n’existe pas de seuil NGAL standardisé pour le diagnostic [s3,s7]. |
| NGAL urinaire associé à l’atteinte rénale aiguë sévère dans la synthèse [s7] | >580 ng/mL; spécificité 95 % et sensibilité 27 % [s7] | Estimation issue des études résumées, et non seuil universel ni diagnostic autonome [s3,s7]. |
Interprétation
Une concentration urinaire élevée peut accompagner une atteinte épithéliale/tubulaire rénale, mais elle n’est pas spécifique d’une atteinte rénale aiguë et ne suffit pas à établir un diagnostic [s3,s4].
Des augmentations urinaires ont aussi été rapportées dans des contextes d’infection urinaire avec leucocyturie; une méta-analyse de personnes présentant des symptômes d’infection urinaire relevait une hétérogénéité importante des populations et des types d’essais [s1,s6].
Facteurs qui faussent le résultat
La leucocyturie et l’infection urinaire peuvent augmenter le NGAL urinaire; les sources non rénales et l’inflammation systémique peuvent également contribuer au résultat, ce qui limite sa spécificité pour une atteinte tubulaire [s1,s3,s4].
Les essais peuvent mesurer différentes formes moléculaires de NGAL issues de plusieurs tissus; l’impossibilité de distinguer systématiquement la fraction issue des tubules complique l’interprétation, notamment en contexte inflammatoire ou de comorbidités [s3].
La population étudiée, la méthode analytique et le contexte clinique modifient les valeurs et performances rapportées; les seuils d’études ne sont pas directement interchangeables [s2,s4,s5,s7].
Dans l’étude de référence pédiatrique utilisant un dosage sur Roche cobas c501, les résultats sous la limite analytique de 50 ng/mL ont été traités comme 50 ng/mL, ce qui limite l’estimation des percentiles bas [s8].
Sources
- M. Rachel Cullen ; Patrick T. Murray ; Maria C. Fitzgibbon. Establishment of a reference interval for urinary neutrophil gelatinase-associated lipocalin (2012)
- Mike Smertka ; Jerzy Chudek. Using NGAL as an early diagnostic test of acute kidney injury (2012)
- Johan Mårtensson ; Rinaldo Bellomo. The rise and fall of NGAL in acute kidney injury (2014)
- Eugenia Singer ; Lajos Markó ; Neal Paragas ; Jonathan Barasch ; Duska Dragun ; Dominik N. Müller ; Klemens Budde ; Kai M. Schmidt-Ott. Neutrophil gelatinase-associated lipocalin: pathophysiology and clinical applications (2013)
- Edward D. Siew ; Lorraine B. Ware ; Tebeb Gebretsadik ; Ayumi Shintani ; Karel G. M. Moons ; Nancy Wickersham ; Frederick Bossert ; T. Alp Ikizler. Urine Neutrophil Gelatinase-Associated Lipocalin Moderately Predicts Acute Kidney Injury in Critically Ill Adults (2009)
- Yin Zhang ; Chen Chen ; Mark Mitsnefes ; Bin Huang ; Prasad Devarajan. Evaluation of diagnostic accuracy of urine neutrophil gelatinase-associated lipocalin in patients with symptoms of urinary tract infections: a meta-analysis (2024)
- Sun Young Cho ; Mina Hur. New Issues With Neutrophil Gelatinase-associated Lipocalin in Acute Kidney Injury (2023)
- Tabari M. Baker ; Christopher A. Bird ; Dennis L. Broyles ; Ursula Klause. Determination of Urinary Neutrophil Gelatinase-Associated Lipocalin (uNGAL) Reference Intervals in Healthy Adult and Pediatric Individuals Using a Particle-Enhanced Turbidimetric Immunoassay (2025)