Osmolalité plasmatique
Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. L’osmolalité plasmatique mesure le nombre de particules osmotiquement actives par kilogramme d’eau et renseigne sur l’équilibre hydrique et hydroélectrolytique. Elle est mesurée par osmometrie ou estimée par une formule; la valeur mesurée sert notamment à classer une hyponatrémie et, comparée à l’osmolalité calculée, à calculer le gap osmolal. Elle aide au dépistage des solutés non mesurés et des intoxications, mais ne constitue pas seule un diagnostic étiologique.
À quoi sert cet examen
- **Indications** : **Appariees** : Sodium, glucose, urée/BUN, créatinine, ionogramme et trou anionique. [s1,s4] ; Osmolalité urinaire et sodium urinaire lorsque l’évaluation de l’ADH, d’une SIADH ou d’un diabète insipide est pertinente. [s1,s3,s4] ; Dosages spécifiques d’éthanol, méthanol, éthylène glycol ou autres toxiques lorsque l’intoxication est plausible; le gap ne les remplace pas. [s3,s4]
- **Principales** : Hyponatrémie ou hypernatrémie et évaluation d’un trouble de l’eau. [s1,s2,s3] ; Suspicion d’intoxication par éthanol, méthanol, éthylène glycol ou autre soluté non mesuré, avec calcul du gap osmolal. [s1,s3,s4] ; Polyurie, polydipsie ou bilan d’un diabète insipide, avec comparaison à l’osmolalité urinaire. [s2,s3,s4] ; Altération de la conscience, urgence diabétique, hyperosmolarité et suivi d’une osmothérapie par mannitol ou solution hypertonique. [s1,s2,s4]
- **Méthode** : **Calculée** : En unités SI, une formule courante est: osmolalité calculée (mOsm/kg) = 2 × sodium (mmol/L) + glucose (mmol/L) + urée (mmol/L). En unités conventionnelles: 2 × Na (mEq/L) + glucose (mg/dL)/18 + BUN (mg/dL)/2,8. [s1,s4]
- **Ethanol** : Lorsque l’éthanol est inclus en unités SI, une formule rapportée est: 2 × Na + glucose + urée + 1,25 × éthanol (tous en mmol/L); en unités conventionnelles, l’éthanol en mg/dL est divisé par 4,6. La formule et le moment des prélèvements doivent être documentés. [s4]
- **Gap** : Gap osmolal = osmolalité mesurée − osmolalité calculée. Les formules calculées varient et cette variabilité est une limite importante; une valeur supérieure à 10 mOsm/kg est souvent utilisée comme seuil de dépistage, tandis que certaines références décrivent la normale comme inférieure à 10. [s1,s3,s4]
- **Mesurée** : L’osmometrie mesure une propriété colligative; la méthode courante est l’abaissement du point de congélation. L’osmometrie à pression de vapeur est une alternative, mais elle est considérée comme non fiable en cas de suspicion d’alcool volatil car elle peut ne pas détecter ces solutés. [s1,s4]
- **Prélèvement** : **Conditions** : Prélever idéalement en même temps que sodium, glucose, urée, créatinine et, si pertinent, éthanol ou autres dosages toxicologiques afin que le calcul et le gap soient comparables; le prélèvement apparié sérum-urine est utile dans certains bilans de troubles de l’eau. [s1,s3,s4]
- **Échantillon** : Sang veineux; sérum ou plasma selon la validation du laboratoire. Une fiche de médecine de laboratoire décrit un tube sec ou séparateur de sérum; le service NHS consulté spécifie des tubes et volumes propres à son organisation. [s3,s4]
- **Transport** : Suivre les exigences pré-analytiques du laboratoire exécutant. Une source NHS indique un envoi du sang au laboratoire après prélèvement et le transport à température ambiante dans son propre circuit; cette consigne institutionnelle ne doit pas être transposée sans validation locale. [s3]
- **Préparation** : **Consignes** : Ne pas imposer de jeûne, d’arrêt médicamenteux ou d’épreuve de restriction hydrique sans instruction médicale et protocole validé. Signaler les perfusions hypertoniques, mannitol, diurétiques, alcool possible et traitements récents, car ils changent l’interprétation. [s2,s3,s4]
- **Patient** : Une fiche de laboratoire indique que le prélèvement peut être réalisé à jeun ou non et à tout moment, sans préparation spécifique; une source institutionnelle recommande néanmoins de suivre les instructions du prescripteur, qui peut demander de ne pas manger ou d’ajuster temporairement un médicament interférant, notamment un diurétique. [s2,s4]
- **Définition** : Mesure de la concentration totale des solutés osmotiquement actifs dans le plasma ou le sérum, exprimée par kilogramme d’eau; l’osmolalité est techniquement distincte de l’osmolarité, qui est rapportée par volume. [s1,s4]
- **Distinction** : L’osmolalité mesurée est un résultat analytique; l’osmolalité calculée est une estimation issue du sodium, du glucose et de l’urée; le gap osmolal est leur différence. Ces trois notions ne doivent pas être confondues. [s1,s4]
- **Roles** : Caractériser l’état d’hydratation et les troubles de l’eau et du sodium. [s1,s2] ; Classer une hyponatrémie en hypotone, isotone apparente ou hypertonique et orienter les examens complémentaires. [s1,s3,s4] ; Comparer la valeur mesurée à une valeur calculée pour obtenir le gap osmolal et rechercher un osmole non mesuré. [s1,s3,s4]
Valeurs de référence
| Contexte | Intervalle | Limites | Methode | Population |
|---|---|---|---|---|
| Intervalles publiés | 275–295 | L’intervalle du laboratoire exécutant, avec sa méthode et sa population de référence, prévaut. [s2,s3] | Méthode analytique et population de validation non précisées sur ces pages; ne pas l’utiliser comme intervalle universel ni l’extrapoler à un autre analyseur. | Adultes; intervalle indiqué comme valeur normale générale par une source institutionnelle et un service de pathologie hospitalier. |
| Intervalles publiés | 285–295 | Cet intervalle plus étroit n’est pas interchangeable avec 275–295; l’interprétation doit suivre le compte rendu local. [s4] | Méthode et population de référence détaillée non précisées dans la fiche; la fiche décrit par ailleurs l’osmometrie, le plus souvent par abaissement du point de congélation. | Adultes et personnes âgées, selon une fiche de médecine de laboratoire. |
- **Règle** : Toujours rapporter l’unité, la nature mesurée ou calculée, la méthode si disponible et l’intervalle de référence du laboratoire exécutant. [s2,s3,s4]
- **Seuils** : Les intervalles de référence ci-dessus ne sont ni des seuils diagnostiques ni des cibles thérapeutiques. Des valeurs critiques proposées dans une fiche (inférieure à 265 ou supérieure à 320 mOsm/kg H2O) sont des seuils décisionnels dépendant du laboratoire et du contexte, pas des critères diagnostiques universels. [s4]
- **Distinction** : Il n’existe pas de cible thérapeutique pédiatrique universelle déduite de cet intervalle; les décisions d’osmothérapie relèvent du protocole spécialisé et du contexte clinique. [s4]
- **Intervalles publiés** : Intervalle : 275–290 mOsm/kg H2O ; Limites : Ce chiffre ne remplace pas l’intervalle pédiatrique validé localement; la source hospitalière consultée détaille le prélèvement pédiatrique mais ne donne pas de plage pédiatrique indépendante. [s3,s4] ; Méthode : Méthode analytique et sous-groupes pédiatriques non précisés dans la source. ; Population : Enfants, selon une fiche de médecine de laboratoire.
- **Neonatal** : Aucun intervalle néonatal spécifique n’a été établi à partir des sources consultées; utiliser celui validé par le laboratoire pour l’âge et la méthode concernés. [s3,s4]
Seuils de décision et gravité
- **Lecture du résultat** : **Cadre** : Interpréter avec l’état volémique, le sodium, le glucose, l’urée/BUN, la créatinine et, selon le cas, l’osmolalité urinaire. Une osmolalité sérique est un outil d’orientation et non une preuve isolée d’un diagnostic. [s1,s3,s4]
- **Hyponatremie** : Hyponatrémie avec osmolalité élevée: rechercher hyperglycémie ou autre osmole efficace. Hyponatrémie avec osmolalité basse: vraie hypo-osmolalité, notamment SIADH, pertes de sodium ou excès d’eau selon la volémie. Hyponatrémie avec osmolalité normale: envisager pseudohyponatrémie ou autres osmoles; contrôler le sodium par une méthode appropriée si indiqué. [s1,s3,s4]
- **Intoxication** : Un gap osmolal augmenté peut soutenir le dépistage d’un alcool toxique, mais n’est pas spécifique; le diagnostic doit intégrer le tableau clinique, le trou anionique, l’acidose et les dosages spécifiques lorsque disponibles. La chromatographie en phase gazeuse est le test définitif cité pour les alcools toxiques. [s4]
- **Laboratoire** : Le résultat, l’intervalle de référence et les seuils d’alerte du laboratoire exécutant font foi, en particulier pour distinguer résultat mesuré et résultat calculé. [s2,s3]
- **Seuils** : Intervalle de référence, seuil diagnostique, seuil décisionnel et cible thérapeutique sont distincts. Aucun seuil diagnostique unique ni aucune cible thérapeutique universelle ne sont établis ici; les seuils critiques et les objectifs d’osmothérapie doivent suivre le laboratoire et le protocole clinique exécutants. [s3,s4]
Interprétation
- **Causes associees** : Hyponatrémie hypotone par excès relatif d’eau, polydipsie ou rétention hydrique. [s1,s4] ; Syndrome de sécrétion inappropriée d’ADH, insuffisance surrénalienne ou hypothyroïdie. [s1,s2,s4] ; Insuffisance cardiaque, cirrhose, syndrome néphrotique ou insuffisance rénale sévère peuvent s’accompagner d’une hypo-osmolalité dans le contexte approprié. [s1,s4]
- **Interprétation** : Une osmolalité basse soutient une hypo-osmolalité, mais n’identifie pas seule la cause; elle doit être rapprochée du sodium, de la glycémie, de la volémie clinique, de l’urée, de l’osmolalité urinaire et du contexte thérapeutique. [s1,s3,s4]
- **Causes associees** : Hypernatrémie, déshydratation ou perte d’eau libre. [s1,s2,s4] ; Hyperglycémie, urémie/azotémie, diabète insipide central ou néphrogénique. [s1,s2,s4] ; Mannitol ou autres solutés hypertoniques, et ingestion d’éthanol, méthanol, éthylène glycol ou alcool isopropylique. [s1,s3,s4]
- **Interprétation** : Une osmolalité élevée indique un excès de particules ou un déficit d’eau mais ne précise pas, à elle seule, la particule responsable; l’anamnèse, la glycémie, l’ionogramme, la fonction rénale et, si indiqué, le dosage des alcools sont nécessaires. [s4]
Facteurs qui faussent le résultat
- **Confondants cliniques** : Une hyperglycémie peut produire une hyponatrémie hypertonique par déplacement d’eau; une hyperlipidémie ou une hyperprotéinémie peut s’accompagner de pseudohyponatrémie avec osmolalité normale apparente selon la méthode de mesure du sodium. [s1,s3,s4]
- **Determinants** : Le sodium et ses anions associés sont les principaux déterminants de l’osmolalité plasmatique; le glucose et l’urée contribuent également. [s1,s4] ; L’éthanol, le méthanol, l’éthylène glycol, l’alcool isopropylique, le mannitol et d’autres solutés exogènes peuvent augmenter l’osmolalité et le gap osmolal. [s1,s3,s4] ; L’apport hydrique, les pertes d’eau, la vasopressine/ADH, la fonction rénale et les traitements osmotiques modifient le résultat ou son interprétation. [s1,s2,s4]
- **Limites** : **Analytiques** : Les intervalles publiés ne précisent pas tous l’analyseur, la température, la matrice ou la population de référence; une plage ne doit donc pas être généralisée entre méthodes. [s1,s2,s3,s4] ; Les formules calculées ne mesurent pas directement les osmoles et diffèrent selon les coefficients; elles peuvent être biaisées par des solutés non inclus, des valeurs analytiques discordantes ou un prélèvement non simultané. [s1,s4] ; L’osmometrie à pression de vapeur peut manquer des solutés volatils, et un gap normal n’exclut pas une intoxication à l’éthylène glycol. [s3,s4]
- **Biologiques** : L’urée contribue à l’osmolalité mesurée mais traverse relativement librement les membranes et participe moins à la tonicité efficace; l’osmolalité ne doit pas être assimilée automatiquement à la tonicité. [s1] ; Un résultat anormal est une association avec un état clinique, pas la preuve isolée d’une étiologie; déshydratation, hyperglycémie, insuffisance rénale, traitements osmotiques et toxiques peuvent se chevaucher. [s2,s4]
Sources
- Daniel K. Faria; Maria Elizabete Mendes; Nairo M. Sumita. The measurement of serum osmolality and its application to clinical practice and laboratory: literature review (2017)
- University of California San Francisco Health / A.D.A.M.. Osmolality blood test (2025)
- Gloucestershire Hospitals NHS Foundation Trust. Osmolality (2026)
- Nissa C. Blocher; Alyssa Kang; Sridevi Devaraj (éditeur en chef). Serum Osmolality: Reference Range, Interpretation, Collection and Panels (2025)